|
|
| Detail de la News |
Elections, CENI et remaniement ministériel: Jean-Marie Doré parle...

CONAKRY-Que faire pour sortir la Guinée d'une transition politique qui dure depuis 2008?Fidèle à son habitude, l'ancien premier ministre Jean-Marie Doré ne mâche pas ses mots pour dire ce qu'il pense!Avec son franc parler, Jean-Marie Doré aborde plusieurs sujets d'actualité notamment le remaniement minstériel, la représentation de l'opposition au sein de la CENI, et le choix porté sur N'zérékoré pour abriter les festivités du 55ème anniversaire de l'indépendance de la Guinée, le 2 octobre prochain.Voici une interview exclusive que leader de l'Union pour le progrès de la Guinée (UPG) a accordée à notre rédaction...
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. Doré !
JEAN MARIE DORE : Bonjour !
AFRICAGUINEE.COM :Peut-on savoir s’il y a eu, une suite par rapport au courrier que vous aviez adressez au président de la République et au CNT pour demander la participation du centre à la future CENI ?
Dans l’état actuel de la loi qui a été adoptée, il y a la mouvance et il y a l’opposition. Or nous sommes des partis constitués, donc nous avons le devoir de participer en tant que citoyen à ces consultations. Il faut qu’on nous fasse une place pour que nous participions, c’est pourquoi, nous refusons catégoriquement d’aller demander à M. Saloum Cissé du RPG de nous donner des places ou à M. Cellou (UFDG), ou M. Kouyaté (PEDN) de nous donner des places. Ce serait de la provocation ! Il faut qu’on modifie la loi pour qu’elle soit conforme au code électoral. C'est-à -dire que tous les courants politiques soient reconnus et aller aux élections comme telle. Et donc on a écrit au gouvernement, et je suis juriste, je reconnais qu’on ne peut pas faire voter une loi comme ça. Il faut que les techniciens qui entourent le président planchent sur le projet, et que le projet conçu par le président soit soumis au conseil des ministres, et que le conseil des ministres l’adopte et qu’on transmette pour adoption soit en procédure ordinaire, soit en procédure urgente et que le CNT (Conseil national de la transition, Ndlr) l’examine et l’adopte. En ce moment-là nous aurons une place sur l’échiquier électoral.
AFRICAGUINEE.COM :Et si tel n’est pas le cas, qu’allez-vous faire ?
Je ne suis pas un type pessimiste. Je ne vois pas pourquoi ce ne sera pas le cas. Pourquoi vous envisagez toujours le pire ? il ne faut pas jouer les cassandres, il faut toujours être optimiste. Nous sommes dans une République qui fonctionne selon des institutions préétablies, avec des lois préétablies. Je ne vois pas pourquoi une loi qui comporte des imperfections et qui viole le droit des gens ne serait pas amendée dans le sens de respecter le droit des gens. Même la constitution n’a pas occulté les droits des gens. Le droit des gens est supérieur, c’est né avec notre âme. Si vous me retirer mon droit, c’est comme si vous me tuer, vous commettez un crime contre ma liberté. Donc si nous devons participer à ces élections, nous remplissons les conditions. En ce qui concerne mon parti, vous ne trouverez aucune préfecture de la Guinée, de Koubia à Yomou, de Mandiana à Boké en passant par Koundara, jusqu’à Beyla, vous trouverez mon parti, et pas seulement des structures, mais des militants. Alors je ne vois pas comment un tel parti peut être occulté. En ce moment là , on aura lutté longuement en Guinée pour rien. On n’aura pas lutté pour la démocratie. Si on a lutté pour la démocratie, il faut être à son service et se soumettre à ces exigences et à ces rigueurs.
AFRICAGUINEE.COM : Récemment, on a entendu certaines formations politiques membres du club des républicains (CDR) se réclamer de l’opposition. Peut-on considérer cela comme une fissure au sein de votre alliance ?
Mais pourquoi ? Un parti a le droit d’avoir des affinités de se situer au CDR (Club des républicains, alliance du centre, Ndlr), mais les décidions du CDR s’imposent à tout le monde. Mais cela n’empêche pas que M. tartempion ait une forte sympathie pour le RPG (Rassemblement du Peuple de Guinée, parti au pouvoir, Ndlr) ou pour le PEDN ou pour l’UFD, mais les décisions que nous prenons au CDR sont les décisions du centre, elles s’appliquent et s’imposent à tous les partis. Tout parti qui refuse d’appliquer une décision importante du CDR s’exclu du CDR de lui-même.
AFRICAGUINEE.COM : Parlant toujours du processus électoral le président de la République n’exclu pas d’organiser les élections avec ou sans l’opposition. En tant que leader politique, quel est votre appréciation sur cette autre menace du Chef de l’Etat ?

Il me semble que c’est un lapsus peut être de la part du président. Mais on ne peut pas organiser des élections générales en Guinée avec seulement la mouvance. Ce serait nié la constitution, ce serait nié son esprit, ni son corps, et sa chair. Les élections générales sont inclusives. Qu’il s’agisse de l’élection du président de la République, ou l’élection des députés, des communes et des CRD (Communautés rurales de développement, Ndlr). Ce sont des élections qui s’organisent le même jour et comprennent comme participants tous les partis politiques agréés. Je ne peux pas imaginer qu’on puisse organiser des élections en Guinée en laissant de côté des partis qui ont fait la preuve de leur importante assise dans le pays. Ce serait des élections nulles dans leur esprit dans leur organisation, dans leur conception. Donc il faut qu’on se patiente, parce que la construction d’une nation, ce n’est pas seulement l’œuvre de l’esprit, mais c’est aussi l’aptitude à adopter une vitesse qui convienne à chaque groupement. C’est ça. Il y en a qui veulent aller trop vite, ils risquent de laisser la majorité derrière. Il y en a qui veulent aller au pas des lois, ils risquent de retarder les énergies. Donc il n’y aura d’élections en Guinée crédibles, compatibles avec nos lois, avec nos institutions que si ce sont des élections inclusives. Et c’est pour cela qu’au centre nous cherchons le moyen d’amener à obtenir un consensus des acteurs aussi bien sur la façon d’organiser que sur la date. Et les différentes modalités. Afin que le minimum de respect de la volonté des citoyens qui auront fait le choix de leur parti et de leur candidat. Dévier un vote est un crime. En rajouter est un crime, en soustraire est un crime. Je suis convaincu que le président de la République qui a longuement lutter dans sa vie, nous avons fait une partie du chemin ensemble depuis le 3 avril 1992, nos partis ont été reconnus. Je crois qu’il est préoccupé que la démocratie s’encre dans notre pays, sinon toute cette lutte qu’on a menée ne servirait de rien.
AFRICAGUINEE.COM : L’autre revendication de l’opposition, c’est le départ de Way-mark. Mais pour l’instant le gouvernement reste intransigeant sur cette question. Croyez-vous à l’obtention d’un consensus entre le gouvernement et l’opposition ?
Je le crois parce que ce n’est pas une question d’un gouvernement ou d’un parti politique, c’est un problème national. Surtout le corps des citoyens et des institutions politiques avancent des arguments, des faits authentiques ont prouvé que Way-mark n’est pas crédible. C’est dans l’intérêt du gouvernement de changer d’opérateur. Avant c’était des soupçons, maintenant il y a des faits avérés que Way-mark ne participe à ces élections que pour faire gagner le gouvernement ! Il y a beaucoup de choses comme ça. Pour la crédibilité des élections, je souhaite que mon compagnon de lutte veille à ce que les élections ne soient pas entachées d’irrégularités qui risquent de faire tâche d’huile dans l’évolution de notre pays vers son destin démocratique et républicain.
AFRICAGUINEE.COM:Pourtant la mouvance présidentielle estime que les défaillances de Way-mark peuvent être corrigées…
Non ! Il y en a qui sont de nature, parmi les observations faites , en vingt points par l’OIF (Organisation internationale de la francophonie, Ndlr), il y a trois que Way-mark ne peut pas remplir quelque soit les consortiums de son corps squelettique. Il y a d’abord que ces machines ne sont pas adaptées au type du travail qu’on lui demande, et puis il y a une autre faiblesse profonde, c’est qu’il n’y a pas de contrat. On ne connait pas les bases juridiques de l’invention Way-mark. C’est pourquoi, je souhaiterais le plus vivement possible que le gouvernement fasse beaucoup plus d’imagination pour que ce problème-là soit réglé le plus vite possible afin qu’en janvier ou en février ou en mars 2013 plus tard on organise les élections. C’est une question de loi, je ne dis pas ça par goût. Parce qu’il faut que le président de la république convoque le corps des citoyens aux urnes 70 jours avant la date du scrutin. Le 22 décembre devrait être au plus tard la date la plus proche pour organiser les élections, mais, avant ça il faut que la révision soit terminée et qu’on ait affiché la première mouture du fichier et que les partis politiques et les citoyens lisent, ce qui n’ont pas leurs noms, demandent à ce qu’on porte leurs noms et que la liste corrigée soit reprise dans la machine et définitivement affichée. Mais est ce qu’on peut faire tout cela dans les délais indiqués ? Non ! Donc il y a des gens qui parlent de manière à gêner le gouvernement, moi je ne parle pas pour gêner le gouvernement, mais pour que la loi soit appliquée. Je suis un homme du centre, j’ai horreur des extrêmes, parce que les extrêmes s’essoufflent vite. Le centre reste vivant et porteur de vie.
AFRICAGUINEE.COM :La semaine dernière le président Alpha Condé a procédé au premier remaniement de son gouvernement. Quelle est votre appréciation sur cette nouvelle équipe gouvernementale ?
Politiquement rien. Mais techniquement je pense qu’on a commencé à subjuguer à partir du moment où les Généraux partent, et qu’est ce cela va apporter de plus ou de moins. Il y a longtemps que cette mesure aurait dû être apportée, parce qu’il y a des gens qui n’ont pas leur place dans ce gouvernement. Un gouvernement c’est sérieux, c’est l’exécutif .la responsabilité du gouvernement est énorme dans une république et même dans une monarchie. Et si c’est composé d’éléments composites, faibles, manquant de vision, et de sens d’anticipation, ce n’est pas bien. Parce qu’il y a des ministres qui ne connaissent même pas sémantiquement la signification des termes de référence des sujets qu’on leur donne. Alors le président a bien fait, mais il l’a fait trop tard parce que si la marche d’un gouvernement achoppe sur des hommes, il faut les enlever tout de suite parce que plus longtemps ils restent, plus longtemps ils produisent des obstacles à l’avancée. Donc politiquement ce n’est pas un évènement, mais techniquement cela a permis de corriger une des insuffisances qui entachaient gravement la crédibilité du gouvernement.
AFRICAGUINEE.COM :Quelle lecture faites-vous du départ des généraux dans ce gouvernement ?
Je me suis placé au point de vue institutionnel et la marche vers la sortie de la transition. Normalement le départ du gouvernement que je dirigeais aurait dû se faire simultanément avec le départ du CNT (Conseil national de la transition, Ndlr) pour qu’il n’y ait pas chevauchement. Parce qu’aujourd’hui le gouvernement peut se replier derrière les insuffisances du CNT pour justifier pourquoi il n’avance pas plus vite. Le fait qu’on ait gardé le CNT alors qu’à l’époque je l’ai combattu, les gens qui parlent du CNT n’ont pas vu loin. Je prétends que j’ai l’esprit de prévision, parce qu’on ne vient pas s’asseoir dans un fauteuil gouvernemental si on ne peut pas savoir ce qui peut se passer dans notre pays par exemple avec l’accumulation des jeunes gens qui sortent des universités qui ne travaillent pas. Ils ont l’air des troupeaux de moutons comme ça, mais un jour ils vont se rendre compte qu’ils sont des citoyens qu’on met dans la poubelle, et ça va imploser. Donc il faut maintenant chercher les parades à un évènement comme ça dont le gouvernement doit avoir les contours. L’homme de la rue on ne peut lui demander ça. Mais le gouvernement devrait avoir l’outillage d’envisager ce que peut devenir la société guinéenne avec une masse de gens pensants, parce que ce ne sont pas des paysans. . Le paysan se fâche quand il fait trois ans sans pleuvoir, mais l’intellectuel veut savoir pourquoi il y a pas taxi ou pourquoi il y a le taxi il n’y a pas l’argent.
AFRICAGUINEE.COM :Il ya certains observateurs qui estiment que le Chef de l’Etat a marchandé le départ des généraux au sein du gouvernement. Qu’en dites-vous ?
Je n’aime pas les devinettes. Vous savez chaque gouvernement se débrouille avec ses problèmes. Donc s’il a marchandé, il ne serait pas le premier, ni le dernier à marchander le départ des gens quand même qui constituent une catégorie spéciale de la nation. Que ce soit le gouvernement de Doré, de Alpha Condé ou de Cellou, ou de Kouyaté , quand vous êtes devant certains problèmes, vous êtes obligés de négocier. C’est une qualité ! Ce n’est pas un défaut ! Parce que moi j’ai eu des problèmes avec l’armée, les officiers étaient talonnés par la troupe pour l’augmentation. Ils sont allés chez Konaté ( ancien président de la transition, Ndlr), ils ne sont pas entendus, ils sont venus me voir je les ai laissé parler toute la journée puis à force de les entendre parler, on a trouvé la solution, je les ai pas brusqué, mais j’ai demandé à chacun de parler. Alors il faut toujours négocier, dès que vous êtes au gouvernement il faut être un bon négociateur. Moi je crois que le président de la république actuelle gagnerait à négocier, à dialoguer avec la classe politique actuelle. L’attitude à dialoguer est une attitude de force. Ce n’est pas de la faiblesse. Quand vous prenez le temps d’écouter, tous ceux qui se tiennent debout vont être des bons bipèdes pour aller et venir. Vous vous enrichissez de leurs préoccupations de leurs tentatives de solution. Et les solutions finissent par facilement arriver, mais si vous refusez catégoriquement le dialogue, sur un point vous en créez dix. Ce qui était caché monte à la surface.
AFRICAGUINEE.COM :Aujourd’hui, si vous étiez é la place du président de la république, quelles allaient être vos priorités ?
Je ne suis pas à la place du président.
AFRICAGUINEE.COM : Un mot sur le choix porté par le chef de l’Etat de la ville de Nzérékoré pour abriter la célébration du 55ème anniversaire de l’indépendance de notre pays...
Le président de la république a décidé de faire le tour, je pense que l’année prochaine sera à Nzérékoré, il l’a affirmé. Je souhaite que l’année suivante que ce sera à Kankan, à Labé ou Mamou ou Faranah ou Kindia ! C’est normal, parce que c’est une occasion d’aider la ville à régler un certain nombre de problèmes d’infrastructures urgentes, trop saillants. Donc je pense comme on a commencé, il faut continuer pour que chaque région puisse bénéficier des facilités induites par l’organisation de la fête nationale qui est la fête de tous les guinéens.
INTERVIEW REALISEE PAR Boubacar 1 Diallo
En collaboration avec SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour AFRICAGUINEE.COM
|
  Rubrique: Interview  date: 12-Oct-2012 à 16:05:34  Partager:   :  |
|
|
|
|