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Etat du réseau routier : Quand des ‘’accusateurs’’ font fausse route…






CONAKRY- Il ne se passe (pratiquement) pas un jour sans que l’on entende dans les médias (notamment les radios publiques ou privées) ou sur n’importe quelle place publique, des citoyens déplorer le piteux état de nos routes, y compris celles de Conakry, la capitale, qui de plus en plus ressemble à un gigantesque gymkhana. Dans l’arrière-pays le spectacle n’est pas plus beau, le trafic est souvent interrompu à cause de l’affaissement de ponts qui ploient sous le poids de l’âge.

C’est dans un tel contexte que vient de se tenir la 18e session ordinaire du conseil d’administration (CA) du Fonds d’entretien routier (FER) à Conakry. A cette occasion, les administrateurs ont, après certification par le cabinet KPMG (Auditeurs Associes en Afrique), adopté les comptes de l’exercice clos le 31 décembre 2011. Ce qui est une preuve de bonne gestion de la part de la direction générale. Surtout que c’était la troisième fois consécutive qu’un audit externe venait confirmer la bonne tenue de la maison.

Un constat qui a dû néanmoins laisser plus d’un observateur perplexe. Pour une raison simple : dans l’entendement populaire, en dépit d’une appellation qui pourtant définit bien son rôle, c’est bien au seul FER qu’il faut imputer la dégradation de notre patrimoine routier. Pour le commun des Guinéens, ses responsables ne feraient pas leur travail puisqu’on ne voit pas le FER en train de colmater par ci une route, réhabiliter ou en construire d’autres par là. Des tâches qui relevant plutôt d’autres structures. Cette méprise donne une idée de l’ampleur de la méconnaissance par le grand public, et même chez certains médias, de la répartition des tâches en ce qui concerne l’entretien routier en Guinée. D’ailleurs, quand une route, a cause de certains facteurs ( usure normale due au trafic, non respect des charges autorisées a l’essieux, intempéries…..), est dégradée au-delà d’un certain seuil, toute action d’entretien ne sera ni visible ni rentable, donc pur gaspillage.

Dans la foulée des indépendances, à l’instar de nombreux autres pays africains, la Guinée a connu de grands investissements dans le domaine des infrastructures routières. Confrontés à des contraintes toujours accrues pour leur entretien, les gouvernements successifs ont réfléchi à mettre en place un Fonds dont les financements, par le biais de taxes et autres redevances, seraient à même de combler les besoins en la matière. Mais très vite, cet organe qui n’était en fait qu’une ligne du budget national affectée au ministère des TP, montrera ses limites.

En Guinée, comme dans d’autres pays, avec le soutien des partenaires au développement, on passera ainsi à ce qu’on appelle le Fonds d’entretien routier de 2e génération. Contrairement à celui qui l’a précédé où c’est l’Etat guinéen qui finançait l’entretien des routes sur le budget national (au titre des infrastructures publiques), ce Fonds dit de 2ème génération créé en 2000 est un organe de financement et non une simple structure de prestation de services d’entretien routier. Après que les maîtres d’ouvrage aient lancé les appels d’offres, sélectionné les sociétés devant faire les travaux, le FER vise les contrats pour garantir le financement, avant de vérifier puis payer les factures en fin d’étape. En outre, il s’en démarque par certaines caractéristiques, dont les moindres ne sont pas l’existence d’un organe de contrôle et de surveillance (le CA dont les membres viennent du public et du privé) ; le fondement juridique qui lui garantit une autonomie administrative et financière ; des recettes provenant essentiellement des redevances d’usage de la route directement versées dans son compte bancaire ; des audits financiers et techniques réguliers, etc.

Cependant, peut-on dire qu’avec la mue qui a consisté à passer de la 1ère à la 2ème génération du FER tout va pour le mieux dans le meilleur des patrimoines routiers possibles ? Non évidemment, et l’hideux visage qu’offre le réseau national l’atteste amplement.

En ce qui concerne le FER, si l’on peut se féliciter des performances que représentent, par exemple, l’instauration d’une gestion rigoureuse, un accroissement des ressources, une réduction drastiques des charges de fonctionnement, etc., il souffre cruellement, entre autres, de la faiblesse des investissements routiers et de la généralisation de la surcharge des poids lourds.

Egalement, puisqu’il ne saurait évoluer en vase clos, il reste tributaire de certaines situations, comme le vieillissement des routes et ponts souvent à un stade qui ne relève plus de l’entretien, la faiblesse dans l’exécution des travaux par certaines entreprises, le manque de diversification des ressources. Sur ce dernier point, le FER ne compte que sur la redevance d’entretien routier et parfois sur des subventions de l’Etat toujours revues à la baisse. Alors que d’après les textes en vigueur, en plus de ces ressources, il devrait mobiliser également des amendes et recettes issues d’opérations de péage et de pesage, ainsi que des redevances tirées de l’utilisation des bacs …

Pourtant les besoins sont énormes. Pour s’en convaincre, quelques données: il faut au moins 360 milliards de nos francs pour l’entretien du réseau routier (routes nationales, préfectorales, communautaires voiries urbaines, ponts et bacs etc.). Encore faut-il préciser qu’il ne s’agit là que des tronçons encore entretenables. Alors que les recettes attendues de la seule redevance d’entretien routier ne dépassent guère les 160 milliards, tandis que du côté de la subvention de l’Etat, ce sont 2 milliards qui sont attendus.

Il va de soi que la réussite du FER ne saurait être dissociée des activités des autres acteurs du système d’entretien routier : le ministère de tutelle à travers la direction nationale de l’entretien routier et les autres maîtres d’ouvrage (le ministère de l’Agriculture pour les pistes rurales), les PME, etc.

Autant dire que toute stratégie visant à trouver une solution durable devrait concerner tous les acteurs. En attendant nous pouvons toujours, en faisant contre mauvaise fortune bon cœur, goûter aux délices de ce gymkhana … imposé !

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  Rubrique: A vous la parole  date: 25-Sep-2012 à 21:19:32  Partager:   :

 

 
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