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Crise politique et violences en Guinée: Ce qu'en pense le ministre d'Etat Papa Koly Kourouma...

CONAKRY-Le pouvoir d'Alpha Condé va-t-il céder sur la question de Way Marks? Que faire pour éviter un enlisement des violences dans le pays?Cette semaine, la Guinée devrait recevoir une bonne nouvelle de Washington.Pour le ministre d'Etat chargé de l'énergie et de l'environnement,si la Guinée obtient un allègement de sa dette auprès du FMI le 26 septembre, cet allègement a une autre signification pour le gouvernement.Dans cet entretien qu'il a accordé à notre rédaction, El-hadj Papa Koly Kourouma aborde aussi la crise politique dans son pays et dévoile ses ambitions à la tête de son département, sans oublier son avenir politique.Exclusif!
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. le ministre !
ELHADJ PAPA KOLY KOUROUMA : Bonjour M. Souaré !
AFRICAGUINEE.COM : Dans une interview que vous nous aviez récemment accordée, vous aviez demandé une recomposition paritaire de la CENI. Aujourd’hui c’est une chose faite ; peut-on savoir quels sont vos sentiments ?
C’est un sentiment de double satisfaction qui m’anime. J’avais pensé qu’il était nécessaire de faire une recomposition de la CENI pour répondre à la réalité politique du moment. Le paysage politique ayant changé de couleur, il fallait donc adapter la CENI à ce paysage qui veut une CENI composée de 10 représentants de l’opposition, 10 représentants de la mouvance, 3 représentants de la société civile et 2 représentants de l’administration. Hier c’est le PUP (parti de l’unité et du progrès, ancien parti au pouvoir, Ndlr) qui était mouvance, aujourd’hui c’est le RPG (Rassemblement du Peuple de Guinée, Ndlr) qui représente la mouvance. Ceux qui étaient hier dans la mouvance sont aujourd’hui dans l’opposition, donc on ne pouvait pas garder la CENI dans sa composition ancienne. C’est pourquoi nous avons pensé dans toute objectivité que la recomposition de la CENI était nécessaire et voilà que c’est chose faite, c’est là ma première satisfaction.
La seconde est que le président de la république vient de mettre fin à un débat que s’était taillé une place politique qui n’était pas la sienne.
AFRICAGUINEE.COM : Peut-on savoir si cette prise de position ne vous avait pas créé des ennuis dans la mesure où la position officielle du gouvernement était pour le maintien du statu quo ?
Non ! Cela ne pouvait pas nous créer des ennuis. Au niveau du gouvernement, ce sont des discussions objectives qu’on y mène. Chacun est libre de dire ce qui lui parait approprié. Je pense qu’on doit avoir sa conviction et moi ma conviction c’était que la CENI ne répondait plus au paysage politique, donc il fallait une recomposition. C’est en toute objectivité que nous l’avions dit. La preuve est là ! C’était un passage nécessaire et je me disais que les gens (les leaders de l’opposition, Ndlr) allaient s’accrocher là dessus, donc il fallait le faire depuis, pour faire une économie du temps qu’on a perdu inutilement. Il faut noter que les dispositions des gens qui voulaient le maintien du statuquo étaient de bonne foi dans la mesure où ils pensaient qu’il était louable de capitaliser l’expertise de l’ancienne équipe pour aller vite aux élections législatives. Mais, moi connaissant bien les manœuvres de toute opposition, j’étais certain qu’il fallait déplacer Kakoulima (montangne située à Dubréka, Ndlr)pour leur faire avaler ça.
AFRICAGUINEE.COM : Que pensez-vous de cette autre revendication de l’opposition qui exige le départ de l’opérateur Sud Africain « Way Marks » ?
En toute honnêteté, si hier j’étais pour la recomposition de la CENI, aujourd’hui je pense que le problème de départ de Way Marks est un faux débat. C’est un faux débat dans la mesure où cette société n’est qu’une société de prestation de solutions informatiques aux questions électorales, donc un outil de travail de la CENI. Certes, le matériel comporte certaines imperfections mais vous n’êtes pas sans savoir qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite. Donc la résolution de ces problèmes est une question opérationnelle. Or, la réclamation de l’opposition est une question politique. Il n’y a aucune cohérence entre ces deux questions. C’est pourquoi, à un moment donné j’ai même envie de dire que c’est du dilatoire.
AFRICAGUINEE.COM : L’opposition menace de continuer ses manifestations jusqu’à satisfaction complète de ses revendications. Nous avons suivis ces derniers jours ces manifestations qui ont été par endroit émaillés d’incidents…
Moi je pense que ce n’est pas dans la rue qu’on peut discuter du départ de Way Marks. On ne peut pas vouloir d’une chose et de son contraire. L’opposition avait insisté pour qu’il y ait une nouvelle composition de la CENI dans le cadre d’une recomposition paritaire, ce qui est fait. La question liée à Way Marks doit se discuter à ce niveau, ce n’est pas dans la rue. La rue n’est pas l’endroit approprié pour discuter de ça. Maintenant que la CENI est recomposée, l’opposition va avoir ses représentants, avec les autres membres de l’institution ils discuteront de l’opportunité du maintien de Way Marks ou pas. S’ils ont des arguments pertinents qui nécessitent le départ de Way Marks, ça sera fait. Mais si c’est le contraire ça ne sera pas fait. L’autre aspect que les gens doivent savoir, c’est que la CENI est une institution indépendante, on l’a clamé haut et fort, et cette indépendance on l’a voulu vis-à -vis de l’administration. Donc on ne peut pas exiger de l’administration le départ de Way Marks. Je pense qu’il faut qu’on replace les choses dans leur contexte. S’il est vrai que la CENI est indépendante, et puisqu’elle est indépendante, ce n’est pas à l’administration de demander le départ de Way Marks, c’est au sein de la CENI que ça va se discuter.
AFRICAGUINEE.COM : Que pensez-vous des affrontements survenus ces derniers jours à Conakry entre des jeunes issus deux plus grandes communautés du pays à savoir les peulhs et les malinkés ?
Moi je refuse cette connotation, que ça soit entre communautés. Au sein de l’opposition guinéenne, il y a toutes les communautés, et je pense que c’est le cas aussi du niveau du grand marché de Madina où les violences ont trouvé leur genèse. Mais on ne peut pas cataloguer les ethnies et dire que c’est entre les malinkés et les peulhs qu’il y a eu ces affrontements. Il y a bien des militants peulhs qui sont dans la mouvance, et il y a des militants malinkés qui sont du côté de l’opposition. Il faut juste noter qu’il y a eu une erreur. Il y a eu un dérapage dans le déroulement de la marche dans la mesure où on n’a pas respecté l’itinéraire. Ça c’est un manquement grave. C’est vrai que nous sommes encore jeunes en matière de démocratie. On est dans la phase d’apprentissage encore mais il faut qu’on apprenne à respecter les choses les plus élémentaires. On a crié sur tous les toits ici pour dire que le gouvernement s’oppose aux marches. Aujourd’hui les marches ont été autorisées, mais eux ils refusent de respecter les principes de cette marche. Vous comprendrez alors qu’on est en mesure de se poser un certain nombre de questions. Est-ce que c’est bien ce que l’opposition veut ? Parce que si c’est réellement ce que l’opposition voulait, on a dit qu’ils devaient marcher du côté droit (sur l’autoroute Fidel Castro, Ndlr), ils devaient s’imposer cette discipline. Au moment où le gouvernement est entrain de faire des violences sur soi même pour essayer de libéraliser ces marches, parce qu’il faut se dire la vérité, ce n’était pas libre, parce que tout simplement le gouvernement estime que les manifestants en général sont immatures, ils manquent de formation citoyenne de la part de leurs partis politiques. Or, il est de règle que chaque parti dispose au moins d’une école de formation en droits et devoirs civiques. Je suis très surpris qu’à la veille d’une marche aussi importante que veut l’opposition, qu’il n’y ait pas de meetings d’information et de sensibilisation à l’endroit des militants, non seulement pour le respect de l’itinéraire, mais aussi pour des questions de sécurité à observer par exemple. Maintenant que les manifestations sont autorisées, de l’autre côté aussi, il faudrait qu’ils (les leaders de l’opposition, Ndlr) fassent des efforts pour éduquer leurs militants afin qu’ils respectent les règles et principes de la marche.
Pour revenir à la question des violences survenues ces derniers jours, d’un côté, il faut appeler les militants de l’opposition à respecter les principes des manifestations, de l’autre côté aussi, il faut qu’on appelle les gens au calme et à la retenue. Il faut qu’on sache aujourd’hui que nous avons tous intérêt à ce qu’il y ait la paix dans la cité afin que nous puissions travailler en toute quiétude. Je pense qu’il faut de la retenue et éviter qu’il y ait des affrontements qui ne vont pas dans le sens de la volonté du gouvernement actuel.
AFRICAGUINEE.COM : Aux dires du président Alpha Condé, les élections législatives devront se tenir avant la fin de cette année. Au niveau de votre parti GRUP (Génération pour la Réconciliation, l’Union et la Prospérité), comment se prépare ce rendez-vous électoral ?
Les préparatifs vont bon train. L’implantation est déjà terminée. Je puisse déjà vous garantir que si demain on nous demande d’aller aux élections on ira. Un travail en profondeur a été abattu par nos structures qui sont tout à fait fonctionnelles et nous couvrons entièrement le pays. Je vous assure que nous réservons une surprise agréable au lendemain de ces élections car nous allons considérablement améliorer notre score au premier tour de l’élection présidentielle (plus de 5% des suffrages exprimés, Ndlr).
Un travail sérieux a été fait ces derniers temps. C’est le lieu d’ailleurs de féliciter et encourager notre CENA (Comité exécutif national, Ndlr), nos CERE (comités exécutifs régionaux, Ndlr), nos CECO (Comité exécutifs communaux, Nldr), nos CESE (Comités exécutifs de sections, Ndlr), nos CEDI (Comité exécutifs de district, Ndlr) et nos CEBA (Comités exécutifs de base, Ndlr).
Il faut quand même noter que notre parti est un parti de la mouvance qui attend les directives du parti « locomotive » qui est le RPG-Arc-en-ciel.
On va donc voir s’il va s’agir d’une liste commune, est-ce qu’il faut aller avec une liste simple et se retrouver après à l’assemblée. Tout ça ce sont des questions de stratégies qui se décideront au sein de la mouvance.
AFRICAGUINEE.COM : Seriez-vous prêts à être au perchoir de la future assemblée nationale ?
Vous savez moi je suis traditionnaliste. Je suis esclave de mon destin même si quelque part il faut le forger. Pour être à la tête de l’assemblée nationale il faut d’abord bénéficier de la confiance des électeurs puisque ce sont eux qui décident d’abord. Ensuite il faut largement bénéficier de la confiance des députés issus du même bord politique que vous. Assumez, oui ! Si cela m’est confié. Si aujourd’hui on pense que je suis à la hauteur et je pense qu’il m’appartiendra de démontrer que je suis à la hauteur d’être à la tête de l’assemblée nationale par les performances que j’afficherais avec mon parti et avec la mouvance. C’est à ce niveau que ça se décide. De l’autre côté, il faut aussi se dire que moi je n’avance pas dans le hasard. Avant de m’accrocher à une chose, je cherche à cerner les contours qu’il y a autour de la question. Une fois ces contours cernés, je me lance dans la bataille avec conviction et certitude d’avoir fait le bon choix. En ce moment, rien ne m’arrête, je fonce.
AFRICAGUINEE.COM : Certains observateurs pensent que vous êtes actuellement en perte de vitesse à cause de certaines promesses électorales que vous n’auriez pas respectées. On parle par exemple du non retour au pays de votre ami, l’ancien président Capitaine Moussa Dadis Camara. Quelle est votre réaction ?

En perte de vitesse par rapport à quelle référence? Quelle était la vitesse affichée et quelle est celle d’aujourd’hui ? Je pense que quand on doit faire des déclarations, il faut avoir des éléments de repère. A mon niveau, je pense qu’on est en accélération par rapport à la première vitesse qu’on avait affichée. Je viens de vous dire plus haut qu’on va considérablement améliorer le score qu’on avait obtenu pendant l’élection présidentielle. Le niveau que nous affichons aujourd’hui est nettement supérieur à celui qu’on avait au départ.
Le non retour de Dadis est une autre question. Je ne pense pas que son non retour soit lié à une question électorale. Vous avez suivi récemment le professeur Alpha Condé à Ouagadougou qui a dit que Dadis pourra rentrer au pays quand il manifestera le désir de rentrer. A ce que je sache, aujourd’hui, le président Dadis n’a pas manifesté le désir de son retour. Si c’était fait, tout le monde serait aujourd’hui informé. Vous avez suivi le président Dadis lui-même, la réponse qu’il a donnée face à cette question liée à son retour. Comment voulez-vous que les gens soient plus royalistes que le roi ?
AFRICAGUINEE.COM : Dans une de ses récentes sorties médiatiques, le capitaine Dadis Camara avait dénoncé certaines déclarations de leaders politiques qui, selon lui, utilisent son nom pour des questions électorales. Il avait aussi déclaré que son seul porte-parole était désormais un journaliste originaire de la région forestière. Est-ce qu’on peut dire qu’il y a division entre vous ?
Pas du tout ! Au contraire, je n’ai jamais été son porte-parole. Il faut qu’on fasse un distinguo entre les choses. Je suis le petit-frère de Dadis. Je l’ai dis, je le dis et je le dirais demain. C’est mon grand frère, on ne peut pas dire autrement. Je pense qu’il faut aller à la genèse des choses. Le nom de Dadis était devenu un fonds de commerce pour certains politiciens. Pour eux, il faut utiliser son nom pour aller coopter les populations en disant que « moi je peux faire ceci ou cela pour Dadis ou c’est Dadis qui m’envoie vous dire que… », dès fois avec même des enregistrements sonores, ce que moi-même je fustige. N’importe qui l’utilisait à tort et à travers. Donc, pour une question d’harmonie, il a estimé qu’il lui fallait un porte-parole. S’il veut qu’on passe à gauche, que ça soit ce journaliste qui dise que Dadis a demandé à ce qu’on passe à gauche, si c’est à droite, que ça soit lui encore qui le dise. Je pense que c’est ce qu’il faut parce que sinon, n’importe qui utilisera son nom pour en faire un fonds de commerce. Moi c’est plutôt un sentiment de satisfaction que j’affiche par rapport à cette prise de position et je pense que ça été une décision responsable de sa part.
AFRICAGUINEE.COM : Des violences étaient survenues récemment dans la localité de Zogota où plusieurs personnes avaient été tuées début août 2012. Quel est votre commentaire sur ces douloureux évènements ?
Je pense que je me suis déjà prononcé sur cette question! J’avais fustigé les saccages mais j’avais condamné fortement les tueries. Nous avons appelé les populations à la retenue en attendant que la justice ne fasse son travail. C’est ça notre position ! Nous sommes à cette position et nous y demeurons.
AFRICAGUINEE.COM : Question économique maintenant, M. Kourouma, la Guinée devrait atteindre normalement dans les prochains jours le point d’achèvement de l’initiative PPTE. En tant que membre du gouvernement quels sont vos sentiments ?

Ce sont des sentiments de satisfaction dans la mesure où notre équipe vient de faire preuve d’une bonne gouvernance dans la gestion de la chose publique sous la houlette de son excellence Monsieur le président de la république. Les performances à travers la réduction du taux d’inflation, la stabilisation de la monnaie, les efforts dans la mobilisation des recettes fiscales et non fiscales de l’Etat.
Mais il reste quand même de gros efforts à faire après l’obtention du PPTE parce que les gens n’’ont pas compris. On pense qu’après l’atteinte du point d’achèvement ce sont des millions d’argent qu’on va embrasser et que ça sera à distribuer aux populations un peu partout. La discipline que le président de la république a imposée au gouvernement dans la gestion des finances publiques avant l’atteinte du point d’achèvement PPTE doit demeurer.
L’allègement de la dette issue du point d’achèvement PPTE doit servir à investir dans les domaines prioritaires de l’Etat. Si hier, on prenait cet argent inscrit dans le budget annuel du gouvernement pour le remboursement de la dette, maintenant ce sont ces fonds qui viendront grossir le budget d’investissement. Aujourd’hui les populations ont besoin d’énergie, de l’eau potable, d’infrastructures routières, et c’est cet argent là qu’on va prendre dans les proportions données. S’il y a un allègement de 2 milliards, on ne prend pas les 2 milliards pour dire tenez cet argent et commencez à travailler avec. Non ! On doit savoir combien on devait rembourser par an comme dette puisque les dettes sont étendues sur plusieurs années. Ça ne sert à rien d’avoir le PPTE et aller encore s’endetter de plus.
AFRICAGUINEE.COM : Est-ce que le secteur de l’énergie fera partie des priorités du gouvernement après l’obtention du PPTE ?
Tout de suite je vous dis oui dans la mesure où il n’est plus à démonter que dans toutes les économies modernes, que l’énergie est le moteur de croissance. Cela signifie qu’il faut s’investir dans l’énergie, il faut augmenter les capacités de production. Il faut être en mesure de répondre à la demande. Vous n’êtes pas sans savoir qu’une volonté résolument affichée du gouvernement a été démontrée à travers le forum économique pour l’émergence de la Guinée. Qui parle d’émergence parle de beaucoup d’investissements et cela dans divers domaines. Tous ces investissements feront appel à de grandes puissances d’énergie. Il ya de méga projets miniers qui s’annoncent mais ils ne se font pas sans l’énergie. Actuellement nous sommes entrain d’élaborer notre politique et l’adapter à ces gros investisseurs qui vont venir et qui vont certainement demander une grande quantité d’énergie. Comment absorber cette demande d’énergie, comment avoir une production excédentaire, c’est à cela que nous sommes entrain de nous attelé présentement. Nous pensons qu’aujourd’hui tous les agrégats sont là pour mener à bien cette politique. Quand je vous parle de Kaleta, quand je vous parle des études sur Souapeti qui sont entrain d’être amorcées ; tout ça réuni aujourd’hui, nous amène à dire qu’à très court terme on sera en deçà de la demande.
Nous pensons aussi qu’à très court terme, il faut assainir le climat d’investissement dans le domaine énergétique. Il faut avoir des décrets d’application de la loi BOT (Bull Operated Transfert, Ndlr) dans le domaine énergétique pour pouvoir encourager les producteurs indépendants. Désormais nous allons voir, toutes les entreprises qui voudront s’installer en république de Guinée, à côté du plan de gestion environnementale et sociale, nous allons demander qu’on nous donne le plan énergétique, qu’on connaisse leurs besoins, qu’on puisse voir avec les producteurs indépendants, que cette énergie là soit produite au moment où l’usine sera prête mais pas en retard. Au même moment où, eux ils vont finir la construction de l’usine, au même moment le producteur indépendant aurait installé les capacités nécessaires pour pouvoir fournir l’énergie. Ça veut dire qu’il faut partir sur la base de promesse d’achat d’énergie avec le producteur indépendant. Toutes ces questions sont aujourd’hui entrain d’être réglées au niveau de la politique énergétique, ce qui nécessite la mise en place d’une institution de régulation pour pouvoir réglementer tout ces aspects. Il faut également dire qu’avec le potentiel hydroélectrique que nous avons, nous sommes entrain de développer une expertise nationale pour qu’à notre niveau, nous ayons des cadres très compétents, pour qu’ils soient eux-mêmes en mesure de nous faire des études et voir même la réalisation des micros barrages dans un premier temps.
AFRICAGUINEE.COM : Peut-on savoir quelle est la politique que vous avez eu à mener pour que l’énergie solaire soit aujourd’hui une réalité dans notre pays à travers l’électrification de plusieurs villes de l’intérieur du pays ?

Vous savez le professeur Alpha Condé a présenté un projet de société à la Guinée. Dans ce projet, l’amélioration de la desserte à Conakry et l’électrification des villes de l’intérieur du pays étaient en bonne place. Quand nous sommes arrivés, on a d’abord fait l’état des lieux. Après cet état des lieux un constat a été fait, et des actions ont été définies et mises dans un plan. C’est ce qui est entrain d’être réalisée aujourd’hui. Nous nous sommes rendus compte qu’on ne parlait de l’énergie qu’au niveau de Conakry seulement et de certaines villes environnantes, donc le système interconnecté. Or, dans la programmation qui a été faite, qu’à très court terme, il fallait améliorer la desserte, à moyen terme, il faut juguler le déficit, à long terme avoir une production excédentaire. C’est cette politique que nous sommes entrain de mettre en œuvre. La première phase est terminée, les actions ont été identifiées, maintenant on est à la phase opérationnelle. La phase opérationnelle veut dire qu’il fallait penser à l’électrification des artères publiques dans toute la république de Guinée. Des gens qui n’ont jamais vus des lampadaires ont aujourd’hui le courant. Je pense que ça c’est un projet déjà réussi. On va continuer au-delà des préfectures. Le président a donné des instructions pour que nous inscrivions ça dans le budget de 2013 pour aller en profondeur, jusque dans les sous-préfectures. Il faut que je vous dise aussi que toutes les préfectures qui n’avaient pas de centrales thermiques sont aujourd’hui dotées de groupes. Ils sont arrivés et on est dans la phase de transports de ces groupes, pour procéder aux installations.
C’est de la même manière aussi qu’on est entrain de chercher des entreprises, en passant par un appel d’offres, pour la construction du réseau de distribution qui va permettre à ces centrales là de produire et de distribuer l’énergie aux populations.
AFRICAGUINEE.COM : Avez-vous un dernier mot M. le ministre ?
Mon dernier mot serait de vous dire merci de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer à travers votre site. C’est aussi l’occasion de remercier Monsieur le président de la république pour cette décision courageuse qu’il vient de prendre dans le cadre de la recomposition de la CENI. On se rend compte aujourd’hui que ce n’était pas ça seulement la question, c’était une nécessité. Maintenant que c’est fait, je pense que le président de la république lui-même vient d’afficher sa volonté manifeste pour que les élections législatives se tiennent avant la fin de l’année 2012. C’est une prise de hauteur. Je demanderais à toute l’opposition d’accepter cette main tendue pour que ces élections là soient une réalité.
Nous voulons prier Monsieur le président de la république de s’impliquer fortement dans la création d’un espace de dialogue entre les acteurs politiques afin de trouver une solution globale à l’ensemble des questions.
INTERVIEW REALISEE PAR SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 62 65 75 74/ 64 95 36 33
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  Rubrique: Interview  date: 24-Sep-2012 à 09:36:27  Partager:   :  |
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