
CONAKRY-La démission de Loucény Camara de la présidence de la commission électorale nationale indépendante (CENI), intervenue mercredi soir, l’organe chargé d’organiser les élections et les referendums en Guinée, est un « non-événement », ont estimé des acteurs de la société civile guinéenne, dont il est membre.
« Cette démission est un non- événement. Pour moi, c’est le médecin après la mort », a confié à APA, Alhassane Camara du bureau du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG).
Il pense que le président de la CENI aurait dû quitter la barque très tôt.
« Au moment où nous lui avons demandé de démissionner, il ne l’a pas fait. Il attend maintenant que la situation pourrisse pour démissionner », a-t-il fait remarquer au bout du fil.
La société civile guinéenne avait récemment demandé à son représentant de la CENI de jeter l’éponge pour, dit-elle, donner une chance à la paix et à la quiétude.
Mais ce dernier avait publiquement rétorqué dans toutes les langues nationales à l’époque qu’il ne démissionnera pas et que le mot « démission » n’existe pas dans son vocabulaire.
Le juriste Mohamed Camara estime que cette démission était ‘’logique et prévisible’’.
La classe politique guinéenne de son coté reste « prudente » et « réservée » au lendemain de l’annonce de la démission de Loucény Camara de la présidence de la CENI.
Pour les alliés de la mouvance présidentielle, la démission de Loucény Camara prouve combien celui-ci a le souci majeur de faire avancer la démocratie en Guinée.
« Ce départ est une avancée majeure dans l’évolution du processus électoral vers la tenue des futures législatives libres, transparentes, crédibles et apaisées », a confié à APA un des alliés.
En revanche, à l’Union des Forces Républicaines (UFR), parti d’opposition dirigé par l’ancien Premier ministre Sidya Touré, on se dit surpris d’apprendre que le démissionnaire assure l’intérim.
« Normalement quand on démissionne on s’en va et on laisse quelqu’un d’autre en assumer l’intérim », assure t-on.
L’Union des Forces du Changement (UFC), parti d’opposition dirigé par l’ancien ministre Aboubacar Sylla, soutient que le départ de Louncény Camara est une avancée, ‘’mais cela devrait permettre l’ouverture d’un dialogue franc’’, a-t-il prévenu.
Dans la même foulée, à l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), parti du principal opposant Cellou Dalein Diallo, on pense que cette décision aurait été prise plutôt que prévu.
« Cela aurait évité les marches qui ont coûté la vie à des paisibles citoyens et causé des blessures et des emprisonnements », dit-on.
Quant au leader du Congrès Africain pour la démocratie et le Renouveau (CADRE), il dit avoir pris acte de la démission de Louceny Camara mais demande à ses pairs de rester vigilants.
« Nous regrettons que cette sage décision soit prise après que des Guinéens aient été touchés dans leur dignité », a-t-il déclaré.
APA |
  Rubrique: Politique  date: 06-Sep-2012 à 22:24:18  Partager:   :  |