
CONAKRY-Cellou Dalein Diallo de l'Union des forces démocratiques de guinée (UFDG)a promis une nouvelle stratégie de l'opposition pour faire face à la violence du régime d'Alpha Condé.Il s'est confié à notre rédaction...
Je commence par exprimer ma déception face à l’acharnement contre ma personne et mon domicile. Tôt le matin, un nombre important de gendarmes et de policiers s’est présenté devant mon portail. J’ai aussitôt demandé à ce qu’on les laisse sur place. Mais quelques instants après, ils ont fait incursion dans mon domicile pour pulvériser toute la maison de gaz lacrymogène, l’intérieur de la cour, les chambres, les toilettes et la cuisine. Ils nous ont pulvérisés au point que je ne pouvais pas voir mon épouse à deux mètres. Toutes les quinze minutes, ils pulvérisaient encore.
Tout mon secteur, toute ma zone, ainsi que mes voisins ont été inondés de fumée. Ils ont subi cette forme de répression au gaz, qui m’était destiné. Mais ce sont des instructions reçues de haut lieu pour tenter de m’intimider. Je ne sais pas pourquoi le gouvernement est allé jusque-là , en donnant des instructions de violer le domicile d’un leader.
Ils nous ont pulvérisés de gaz toute la matinée. Finalement, quand Sidya a été informé, il est venu à la maison vers 10 heures 30. Des bébés et des enfants de jeune âge étaient là . Un d’entre eux est d’ailleurs tombé en syncope. Mais nos médecins ont réussi à le réanimer. Chacun d’entre nous a pu se protéger comme il peut. Et après, nous avons forcé la situation pour tenter de sortir de là et partir dans des conditions difficiles. Mais j’ai été heureux et soulagé, quand en remontant l’axe Hamdallaye- Bambéto, nous avons vu des jeunes résister devant un contingent massif de forces de l’ordre. Ils ont subi des coups de matraque et de gaz lacrymogènes.
Tout le long de la marche, nous n’avons pas été épargnés. Au contraire, nous avons été arrosés de gaz lacrymogènes, nos agents de maintien d’ordre arrêtés et bastonnés. Le cortège souvent cassé par endroits. Malgré tout, nous avons réussi, Sidya et moi, à regagner chez Lansana Kouyaté, alors que la marche proprement dite n’a pas commencé. Une fois à Matoto, nous avons décidé de rejoindre les militants dans la rue.
Malheureusement, à notre sortie, tout le quartier est complètement assiégé par des gendarmes, qui n’ont pas hésité à nous arroser de gaz lacrymogènes, à nous lancer des cailloux et à nous tirer de balles réelles. Finalement, nous avons rebroussé chemin. Maintenant, nous sommes en train d’élaborer une nouvelle stratégie pour faire face à cette violence inouïe et irresponsable du nouveau gouvernement qui a donné des instructions aux forces de l’ordre de réprimer cette manifestation qui a lieu conformément au droit que la constitution donne aux partis et aux citoyens.
Après mon départ, ils ont arrêté des gens, enlevé trois pick-up et arrêté des jeunes gens qui sont chez moi. Actuellement, ils sont détenus à l’escadron numéro 3 de la gendarmerie de Matam. Nous avons enregistré des blessés comme Mr Bobo, par exemple, celui-ci a une fracture. Il subit des soins à l’hôpital national Donka parce qu’il a été bastonné. Ceux qui ne sont pas blessés, eux sont transférés à la gendarmerie.
La campagne d’intimidation a commencé dimanche à 11 heures avec l’arrestation de deux jeunes responsables de mon parti. Tout leur crime c’est d’avoir demandé aux autres jeunes de sortir lundi. Jusqu’à minuit, ils n’ont eu droit à aucune visite, ni à aucun repas. Neuf autres personnes ont été également arrêtées et sont à la gendarmerie.
Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 28-Aug-2012 à 10:08:17  Partager:   :  |