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Memorandum pour une sortie de crise: les précisions de Dansa Kourouma du CNT...

CONAKRY-Malgré les propositions de sortie de crise élaborées par les institutions républicaines, le climat de méfiance persiste entre le pouvoir et l'opposition.Pour le conseil national de transition, il s'agit plutôt de faire des compromis pour éviter une impasse politique en Guinée.Dansa Kourouma, troisième secrétaire exécutif du CNT apporte des précisions sur ce document qui crée la polémique au sein de la classe politique guinéenne.Il s'est confié à notre rédaction...
Africaguinee.com : Le document élaboré par le CNT pour une sortie de crise a suscité une vague de critiques notamment au sein du Collectif et l’ADP qui estiment qu’il y a eu des incursions au sein du CNT dans l’élaboration du document. Comment réagissez-vous face à ces accusations ?
Dr Dansa Kourouma : Bon, j’estime que c’est le droit de l’opposition de s’opposer, c’est le droit de l’opposition de critiquer, ça, on ne peut pas restreindre les droits que la constitution donne au partis politiques et notamment les partis de l’opposition ! Mais ce qui reste claire quand on doit s’opposer, il faut le faire sur des faits concrets et objectifs. Le CNT a fait un travail qu’on n’impose pas aux partis politiques. Nous avons voulu dans notre démarche très participative et inclusive avoir la préoccupation des différents acteurs sociopolitiques nationaux, pour aider le président de la République à prendre la bonne direction face à l’impasse politique qui dure. Je crois que c’est le rôle d’une institution sérieuse. Le rôle d’une institution sérieuse, ce n’est pas de s’opposer ou de critiquer. Le rôle c’est dans le cas des attributions qui sont dévolus à l’institution par les textes des lois du pays, ce de les exercer dans le respect des autres institutions. Le président de la République est une institution qui est la première du pays. Donc nous avons agi selon la feuille de route. C’est pourquoi quand je suis les acharnements sur les medias, je me demande si l’opposition a eu toutes informations avant d’organiser sa conférence de presse. Ce qui est très important, dans un monde de l’information, il faut avoir des sources fiables. Cette bonne source aura pour conséquence la crédibilité de ce vous dites. Donc j’ai l’impression que l’opposition n’avait pas toutes les données, avant de réagir. Mais ça se comprend dans un climat géopolitique, c’est la loi de l’anticipation, il faut tâter le terrain pour savoir si l’adversaire est bien arrêté ou pas. Je ne condamne pas du tout les propos de l’opposition, par contre je les accepte au nom de la démocratie et de l’Etat de droit. Donc, concrètement par rapport à ces différents niveaux d’informations, ce que je peux recommander maintenant là , c’est de demander à l’opposition dont le rôle est crucial dans l’évolution de la démocratie guinéenne, quand on sait ce qu’on a fait pendant les forces vives, et pendant les évènements de 2007, je crois que c’est une opposition qui a pleinement sa place dans le jeu politique. Mais il est important à un certain niveau de responsabilité ou de leadership avant de faire des déclarations, d’avoir toutes les informations, c’est ce qui crédibilise le message.
Africaguinee.com : Pourquoi selon vous, le CNT n’a pas travaillé seul pour l'élaboration de ce document ?
Dr Dansa Kourouma : Ok, le CNT fait les lois, l’une des missions fondamentale du CNT c’est l’élaboration des lois. Mais on est dans une crise politique, quand on dit de définir une crise politique, qu’est-ce qu’on peut dire, c’est une crise où il y a défaillance des institutions de la république. Quand la société civile a commencé des négociations pour une sortie de crise, le document qu’ils ont sorti a été critiqué par l’opposition, quand le CNT entre les deux tours a voulu sortir une proposition de loi pour restructurer la CENI qui était boiteuse, l’opposition a dit non vous ne pouvez pas restructurer la CENI sans les partis politiques. Alors ils nous demandent aujourd’hui d’être indépendants vis-à -vis de l’exécutif, mais on doit être aussi indépendant vis-à -vis des partis politiques ! Si on doit être réellement indépendant, nous devons l’être vis-à -vis de l’exécutif, mais aussi indépendant des partis politiques et prendre des décisions en âme et conscience selon le mandat qui nous a été dévolu par les textes en vigueur dans le pays. Alors ceci étant, nous avons voulu doter la Guinée, d’une CENI technique où il n’y a pas de partis politiques parce la crise au sein de la CENI est une crise de confiance. Il y a une friction au sein de l’institution, il y a une transhumance politique, c’est ce qui vide la CENI, et ce qui fait qu’elle ne présente pas une bonne image. Donc on avait pensé que pour régler cela, il faut qu’elle soit composée de personnes neutres et indépendantes des partis politiques. Quand la CENI est composée des partis politiques, on ne peut dire que cette CENI est indépendante, ce n’est pas possible.
Africaguinee.com : Pourtant dans le mémorandum, les propositions que vous avez faites, c’est le contraire !
Dr Dansa Kourouma : Je pense qu’il faut bien informer l’opinion publique. C’est une proposition de démarche de sortie de crise. Les autres institutions peuvent se réunir pour faire des propositions, parce que l’opposition parle de consensus, c’est au nom du consensus que le CNT a fait ce travail, sinon on n’avait pas besoin de le faire. On allait s’enfermer au CNT et faire notre proposition de lois, envoyer au PRG pour promulguer. Mais aujourd’hui, on a estimé que vu ce qui a caractérisé le premier et le second tour des élections présidentielles, c’était le consensus, il fallait réunir les acteurs autour d’un certains nombres de positions. Et le document n’est pas une loi, c’est une proposition pour la sortie de crise. Pour que cette proposition s’applique au peuple de Guinée, il faudrait bien qu’elle soit votée par le CNT, après cela , elle doit être promulguée par le président de la République. C’est ça le chemin des lois. C’est pourquoi j’ai rappelé sur les radios que l’initiative des lois provient concurremment du PRG et des députés à l’assemblée nationale.
Africaguinee.com : L’un des problèmes majeurs de cette crise, c’est le manque de confiance qui s’est installé entre les acteurs politiques. Quand le document a été produit, pourquoi ne l’avoir pas transmis à l’opposition, comme vous l’avez fait avec le président de la République ?
Dansa Kourouma : Le document n’était pas destiné à la classe politique. La classe politique n’a pas l’initiative des lois, elle ne peut pas prendre des décrets, elle ne peut pas prendre des ordonnances encore moins voter des lois, pour être clair, le document était destiné à ceux qui peuvent prendre des décisions pour sortir de la crise. Mais nous avons pris en compte l’opposition et l’opinion des différents courants politiques avant d’élaborer le document. C’est pourquoi il y a trois propositions. Toute la classe politique n’est pas unanime à une seule forme de sortie de crise, c’est pourquoi en plus de la société civile, il faut équilibrer l’information et l’espace politique, si tel n’est pas le cas, un courant va bouffer l’autre, et cela risquera d’amener le pays dans un sens. C’est pourquoi, devant la force des partis politiques il faut une opinion nationale qui est capable de discerner tout ce que les politiques demandent et savoir est-ce que c’est dans l’intérêt de la nation. Toute proposition de sortie de crise, ce sur quoi on s’est entendu lors de la concertation doit respecter deux faits essentiels. Premier fait, aider la Guinée à sortir de l’impasse politique pour la tenue des élections législatives apaisées d’ici décembre 2012, le deuxième est que la solution retenue doit être accepté par la majeur partie de l’opinion nationale.
Africaguinee.com : Justement parlant de ces recommandations, l’opposition estime que quand le président de la république a été informé, il avait voulu qu’on les enlève du document. Quand est-il réellement ?
Dr Dansa Kourouma : Ce que je peux vous dire, moi mon travail s’est arrêté au niveau de la présentation du rapport de la commission de synthèse qui s’est passé dans la salle des actes devant tous les acteurs non politique. Le rapport a été présenté amandé et validé, il fallait le soumettre à la signature des institutions républicaines, ce n’est pas un document du CNT seulement il appartient aussi aux autres institutions, c’est ce qui est important. Nous ne sommes pas au stade des propositions du CNT, la proposition du CNT se fait sous forme de loi. Nous ne faisons pas de décret, nous ne signons pas d’accord politique, nous votons des lois, mais nous avons voulu faire une démarche consensuelle pour permettre d’alimenter la loi, parce que la loi c’est le véhicule, le contenu de la loi, c’est les passagers. Donc elle est un moyen de procéder à une réforme sociale politique ou économique. Mais à l’intérieur de la loi, il y a les différentes modalités et préoccupations sur la base d’une analyse conceptuelle. Nous avons voulu aider le CNT à avoir les éléments pour alimenter cette loi éventuellement. Mais on peut sortir de crise sans loi, c’est possible. Quand l’ensemble des acteurs s’accordent sur quelque chose, comme on l’a fait à Ouagadougou, on peut sortir de la crise. Mais ça peut être aussi une décision de la République. On est dans un processus si on ne prend pas la responsabilité de dire la vérité, c’est difficile de sortir de cette crise. Le président de la République peut prendre la décision de restructurer la CENI, il y a deux manières, soit le CNT l’habilite à le faire, ou le parlement vote une loi, et il la promulgue. Donc quelque soit les cas de figure est-ce qu’on peut écarter le président de ce processus? Même si on ne l’aime pas, il est le PRG. Demain il y aura un Cellou Dalein Diallo, un Sidya, un Lansana Kouyaté ou bien vous-même à la tête de ce pays, donc il ne faudrait pas qu’on affaiblisse l’exécutif à cause des positions politiciennes. Le président est le dernier recours dans le processus de sortie de crise.
Africaguinee.com : Vous venez d’affirmer que le document a été validé en plénière; pourtant des voix discordantes affirment que cela n’a pas été le cas. Le jour où ce document devait être validé, les portes de la salle du palais du peuple étaient fermées. Comment expliquez-vous cette contradiction ?
Dr Dansa Kourouma : Non quand je dis en plénière, ce n’est pas en plénière du CNT, c’est pourquoi je voudrais bien que vous compreniez que le document n’est pas la propriété du CNT. Il est la propriété de toutes les institutions, c’est pourquoi les chefs des différentes institutions devaient signer le document. Le CNT a fait une proposition, les religieux ont fait une proposition, la société civile, le patronat, les syndicats ont fait leur proposition, les partis politiques etc. donc il fallait que notre démarche puisse intégrer l’avis de toutes les composantes sociaux politiques.
Africaguinee.com : Selon nos informations, il y a une friction au sein du CNT, notamment un groupe qui veut sortir une déclaration pour se désolidariser du document de sortie de crise. Votre réaction?
Dansa Kourouma : Je ne peux pas officialiser l’information parce que je n’ai pas été saisi de cette rumeur là . Mais ce sont des choses qu’on peut prendre au sérieux et qu’on peut examiner avec beaucoup d’attention. Vous savez le CNT a toujours fait l’objet de beaucoup de frictions puisque c’est une institution qui est composée des représentants des partis politiques, et d’autres entités sociales et économiques du pays. Donc quand les intérêts politiques se chevauchent, c’est important qu’il ait des répercussions sur le CNT. Quand il y a des conflits entre la mouvance et l’opposition cela va de soi que les conseillers des deux parties s’affrontent. Mais moi je ne vais pas rentrer dans ce débat parce que je suis de la société civile. Je n’ai aucun intérêt politique à défendre. Et je suis dans cette logique. Je ne vais pas rentrer dans un débat qui a des récupérations ethniques ou régionalistes. Je suis un citoyen qui défend les droits civiques. Mais ce sont les droits des partis politiques de l’opposition de critiquer et de s’opposer à un document. C’est le moyen le plus sûre qu’on mette à leur disposition. Mais la question que je me pose aujourd’hui est de savoir est-ce qu’on veut aller aux élections ? Si on veut y aller on doit obtenir le consensus, et pour l’obtenir on fait des compromis, c’est ça la réalité. En conclusion, c’est d’aider à ce que le peuple puisse comprendre, c’est très capitale, si nous passons à côté de l’information, c’est le peuple qui est affaibli qu’on manipule. Tous les pays qui ont connu le printemps arabe ont fini d’élire leur assemblée nationale. Il faudrait alors qu’à un certain moment on regarde l’intérêt du peuple en face. Mais aussi que la classe politique rehausse le niveau du discours politique. Il ne faut pas stigmatiser les personnes, j’ai lu dans certains journaux ou des noms sont cités. Mais la commission de synthèse a été mise en place par l’ensemble des institutions pour aider à faire la synthèse des différentes propositions. C’était une commission ad hoc qui a été dissoute dès que les propositions ont été présentées devant l’ensemble des acteurs, elle a été dissoute. Si on doit poser des questions, posons-les aux institutions qui ont délégué des personnes dans le cadre des réflexions, ne faut pas stigmatiser les personnes. Puisque quand vous voyez les noms qu’on a cité et celui qui a cité les noms, il suffit seulement d’être un esprit malin pour pouvoir faire des triangulations. Mais j’estime que c’est une erreur parce que l’opposition n’avait pas toutes les informations sur le travail des commissions et c’est parce que l’opposition n’a pas eu le document officiellement et parce qu’elle n’a été associée à la conclusion finale du document. Et si on rentrait dans ça on n’allait pas trouver un document de consensus parce que chaque camp politique allait se cramponner su sa position. La seule chose qui s’applique à ça c’est le président de la République doit les rencontrer pour leur faire les propositions que le CNT a fait. Ils doivent discuter entre eux pour tomber d’accord sur le moindre mal. Aujourd’hui toutes les décisions qu’on prendra sur la CENI auront des conséquences sur le processus électoral soit en termes de retard, en termes de calendrier, mais aussi en termes de fiabilité. Donc plus on prend des décisions sereines, plus l’impact sur le processus électoral sera positif. Mais si chacun tire la couverture de son côté, on aura du mal à organiser des élections acceptables. Il faudrait que chacun lâche du lest pour permettre à la guinée de sortir de cette situation.
Propos recueillis par Diallo Boubacar 1.
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 25-Aug-2012 à 12:57:24  Partager:   :  |
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