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Violences à Zogota: Faya Millimono hausse le ton...

CONAKRY-L'opposant Faya Millimono qui préside "le comité de crise sur les massacres de Zogota" vient de hausser le ton face au régime d'Alpha Condé.S'il réclame la destitution de cinq ministres , ce comité de crise n'exclut pas de saisir la justice internationale pour punir les coupables de ces "crimes".Au micro de notre reporter à Conakry, Faya Millimono lève un coin du voile sur ces évènements tragiques où cinq villagois de Zogota ont été tués après une série de manifestation contre la compagnie minière brésilienne, Vale...
AFRICAGUINEE.COM: Bonjour M. Millimono!
FAYA MILLIMONO: Bonjour M. Souaré!
AFRICAGUINEE.COM: Votre comité vient de demander la destitution de cinq membres du gouvernement du président Alpha Condé. Pensez-vous que votre appel sera entendu ?
FAYA MILLIMONO: Merci encore une fois de cette opportunité que vous m’offrez. Oui nous venons de réclamer la destitution de cinq ministres du gouvernement du président Alpha Condé. Il y a eu un carnage à Zogota, dans la préfecture de N’zérékoré, si nous avons connu dans cette région, une manifestation de colère de la part des populations, c’est parce qu’il y a eu d’abord l’échec du gouvernement, l’échec de pouvoir simplement écouter les citoyens du pays. Vous savez que toutes les zones minières du pays font l’objet d’émeutes, on en a connu à Kiniero, à Lola, Siguiri, à Fria. Aujourd’hui c’est un drame, mais ce qui est le dénominateur commun de ces émeutes, c’est lorsque les conditions les plus simples sont bafouées. Comment une société minière peut s’installer dans une localité, pendant que les terres qu’exploitaient les pauvres gens sont utilisées par cette société, et que même les plantons ou les gardiens qui sont recrutés viennent amenés d’ailleurs? Voilà ce qui est à l’origine de la colère des populations dans ces zones minières, et parfois, ce que ces sociétés minières donnent pour compenser les souffrances des populations, les autorités locales en font une propriété privée. Ça aboutit inmanquablement à des protestations, à des colères de la population. Les populations de Zogota sont venues rencontrer les autorités de N’zérékoré, qui les ont même pas reçues. Le préfet a même demandé à ce que les gens quittent son bureau. C’est ce qui a amené ces populations à s’attaquer aux installations de « Vale ». On a envoyé cinq ministres, au lieu de rencontrer ces populations, les écouter et essayer de trouver un terrain d’entente, c’est de N’zérékoré qu’ils ont décidé une expédition punitive. C’est au-delà de minuit qu’on est allé avec des camions remplis de militaires, pour assassiner froidement les gens. Ce n’est pas comme s’il y avait une protestation, comme ce que nous avons connu à Siguiri, où dans le feu de l’action, il y a eu une balle qui a atteint un citoyen. A Zogota, les gens dormaient profondément, on a prémédité, planifié leur exécution sommaire. Voila la raison pour laquelle on a demandé qu’on destitue les cinq ministres du gouvernement qui ont fait le déplacement à N’zérékoré, qu’on les mette en examen et qu’on destitue également le gouverneur et le préfet de N'zérkoré; de même pour le sous-préfet, ainsi que toute la hiérarchie des corps de défense dont les hommes ont pris part à ces massacres. C’est seulement à cette condition que nous pouvons avoir une enquête indépendante pour faire jaillir la vérité.
AFRICAGUINEE.COM:Le président Alpha Condé a promis que des enquêtes seront ouvertes et que la justice sera dite dans ce dossier. Votre réaction ?
FAYA MILLIMONO: Il faut dire une chose: un gouvernement qui a osé préméditer et exécuter ses citoyens, on ne peut faire confiance à ce gouvernement.
AFRICAGUINEE.COM: Qu’est-ce que votre comité envisage alors de faire ?
FAYA MILLIMONO: Déjà , nous avons constitué un collège d’avocats, il y a ceux qui sont sur le terrain et qui sont entrain de collecter des informations, des témoignages. Il faut que le dossier judiciaire soit préparé, il faut, comme les cas passés, que la justice soit dite dans notre pays, sinon ce pays risque de glisser dans la violence.
AFRICAGUINEE.COM: On remarque que votre comité est composé de plusieurs leaders originaires de la région forestière. Ce problème est il spécifique à la forêt?
FAYA MILLIMONO:Pas du tout ! Parmi les membres de ce comité il ya des peulhs, des soussous, des malinkés, c’est simplement des humains qui ont été tués. Personnellement je suis originaire de la région forestière, mais je n’interviens pas dans ce dossier à cause de ça! J’ai dénoncé et j’ai combattu ce qui s’est passé dans d’autres parties de la république de Guinée. Je le fais parce que je crois à certaines valeurs, je crois à certains principes qu’on ne doit jamais bafoués dans un pays.
AFRICAGUINEE.COM: Y a t-il lieu de faire des campagnes de sensibilisation des populations autochtones sur leurs droits avec l'arrivée des investisseurs étrangers?
FAYA MILLIMONO: Bien entendu, ces populations sont sensibilisées. Je viens de vous dire qu’il n’ y a pas eu un acte de vandalisme spontanément créé, il y a eu un problème constaté, et dont les populations sont entrain de souffrir, elles ne se sont pas aussitôt attaquées aux installations de « Vale », elles sont allées voir les autorités locales pour demander réparation, le respect des conventions ; mais elles n’ont pas eu une oreille pour les écouter, elles ont d’ailleurs eu un manque de respect à leur égard. Quand un préfet leur demande de quitter son bureau, ça veut dire qu’il n’ ya pas de moyen de recours, et comprenez bien qu’en Guinée, nos paysans vivent des terres. Si pour une exploitation minière on doit leur enlever leurs terres, il doit y a avoir une pièce de rechange, si cela n’est pas fait, on ne ferait qu’alimenter les tensions. On doit apprendre à gérer ces problèmes, pas seulement en ayant les armes et prêt à tuer.
AFRICAGUINEE.COM: Est-ce qu’aujourd’hui vous avez un message à lancer à l’endroit des populations locales ?
FAYA MILLIMONO: D’abord, nous adressons nos condoléances à toutes les familles éplorées et nous souhaitons que l’âme de ceux ou celles qui ont été tués reposent en paix. Nous demandons à chacun de rester calme, la justice sera dite, nous resterons fermes. Parce que si la justice n’est pas dite en Guinée, elle le sera devant des tribunaux internationaux. On ne peut pas ne pas punir ces genres d’actes. C’est sauvage, c’est odieux, et c’est inacceptable.
ENTRETIEN REALISE PAR SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 62 65 75 74/ 64 95 36 33
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  Rubrique: Politique  date: 10-Aug-2012 à 13:56:14  Partager:   :  |
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