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Violences à N'zérékoré et Siguiri: les révélations de Jean-Marie Doré...





CONAKRY-Après les violences à N'Zérékoré et Siguiri où plusieurs personnes ont été tuées ces derniers jours, l'ancien premier ministre de la transition, Jean-Marie Doré vient de réagir!Il n'hésite pas à indexer les responsables mis en cause dans ces évènements.Jean-Marie Doré s'est confié à notre rédaction.Entretien exclusif!

AFRICAGUINEE.COM : Le Week-end dernier, des violences ont été enregistrées à Zogota où on a déploré au moins cinq morts. Quelle est votre réaction face à cette situation ?

JEAN MARIE DORE :
Toutes les violences qui se déroulent dans le contexte de notre pays, surtout aujourd’hui, sont condamnables. On ne peut pas accepter que les gens se battent à coups de canon ou à coups de couteau. Mais de quoi s’agit-il ?

Il s’est révélé que le site de Zogota situé au tour de la montagne était très riche. Donc, Vale en association avec BSGR a bénéficié du permis de recherche et d’exploitation du minerai de fer de Zogota. Sur le site, il y avait des gens qui avaient des cultures de riz, de café ou autres. Donc, il fallait les déguerpir. Mais les déguerpir contre le paiement d’une indemnité qu’on appel là-bas indemnité superficielle. Le tout a fait l’objet d’un chèque libellé en bonne et dû forme par Vale et remis à l’autorité administrative pour être distribué aux populations. Les populations disent qu’elles n’ont jamais reçues cet argent. Elles ont envoyé successivement deux délégations chez le préfet pour avoir leur argent. Les populations prétendent que le préfet les a refoulées avec menace de les emprisonner s’ils revenaient. Donc, les paysans disaient dans l’énervement ‘’ ou c’est l’indemnité, ou c’est leur terre’’. Donc naturellement, ils ne pouvaient pas avoir leur terre parce que c’est une convention qui a fait l’objet entre Vale et l’Etat guinéen. A ceci s’ajoute le problème de l’emploi. A égalité de compétence, il faut privilégier les recrutements locaux, la main d’œuvre locale. Mais les jeunes de la région articulent que quand ils vont déposer leurs dossiers pour une demande d’emploi, le chef du personnel en complicité avec les agents de l’administration, demandent trois millions à quatre millions aux demandeurs d’emploi. Donc, il y a eu des moments où la main d’œuvre non autochtone est devenue manifestement plus nombreuse que la main d’œuvre locale. Ceci a été interprété par les populations comme une violation de leur droit. Ils étaient en colère. Il faut reconnaître qu’ils avaient raison. Mais les moyens auxquels ils ont recouru pour se faire justice n’étaient pas correctes, ils sont partis s’attaquer aux installations de la société, qui, objectivement est innocente, parce qu’elle a payé. Mais vous savez que les paysans ne sont pas des gens de grand niveau, ils peuvent aller au-delà des apparences. Donc ils sont allés s’attaquer aux installations de VALE qu’ils ont saccagé complètement. Cela est condamnable. On ne peut pas tolérer que des citoyens se lèvent pour aller s’attaquer quelque soit leur raison, ils ne doivent pas s’attaquer aux biens d’autrui. Mais à cet acte que tout bon sens condamne, est venu s’ajouter un autre acte incompréhensible. Si des citoyens ont commis des violations graves de la loi, telle que l’atteinte à la propriété, il faut les convoquer dans les formes, conformément à la procédure, devant la gendarmerie. Donc, on ne recourt pas à la procédure légale, à minuit 30’, on envoi un commando dans plusieurs camions qui commence à tirer sur les villageois. Cela aussi est condamnable. Ils ont tués cinq personnes dont le président de district qu’on a égorgé. Ce n’est pas bien, ce n’est pas conforme à la loi. Autant il faut condamner l’agression contre les biens de Vale, qui s’estime à plusieurs dizaines de millions de dollars américains, certains parlent de plus de cent millions, mais je ne pense pas qu’on puisse établir un équilibre entre ces destructions condamnables et la liquidation physique de cinq citoyens guinéens. Que ces citoyens soient habitants de Zogota, Lélouma ou de Boffa ou Mandiana, ce sont des guinéens, leur vie est sacrée. Donc l’autorité qui a commandité ça a violé la loi, tout aussi que ceux qui ont saccagé les biens de Vale. Voilà la question qui se pose là-bas. Alors il y a des interprétations plus ou moins orientées du côté de l’administration ou du côté des villageois. Je pense ce n’est pas bien, cela ne doit pas se renouveler. Il ne faut pas que les conflits sociaux amènent les forces de défense qui sont chargées de défendre le pays contre l’ennemi extérieur à faire certaines choses. Les infractions à la loi pénale qui sont commises à Zogota font l’objet de poursuite judiciaire. On ne doit pas envoyer des commandos et de nuit, parce que la loi dit qu’en matière pénale, la convocation, c’est dans une période déterminée du jour. On ne va pas chez les citoyens la nuit avec des fusils pour tuer. Il faut quand même reconnaître qu’en réaction, les habitants se sont défendus. Ce qui fait qu’il y a des gendarmes blessés. Mais le fait vacant est là, il est incontournable, c’est la liquidation physique des paysans dont les droits ont été violés par des agents véreux de l’administration.



AFRICAGUINEE.COM : Selon vous, qu’est-ce qu’il faut faire aujourd’hui pour que la paix revienne dans cette localité ?

JEAN MARIE DORE :
Je crois qu’on parle beaucoup de respect de l’autorité de l’Etat. Personne ne peut contester la nécessité que l’autorité de l’Etat soit respectée. Mais les gens ont souvent tendance à interpréter l’autorité de l’Etat avec la brutalité qu’il faut accepter de la part de l’Etat. Non ! Quand l’Etat respecte les lois et ses actes, je crois dans cette sphère, le citoyen ne peut pas faire moins que l’Etat. Il doit respecter l’autorité de l’Etat, mais à condition que l’autorité reste sur le terrain de la légalité. Il faut que quand le policier siffle et tend le bras, les taxis-maîtres doivent s’arrêter. Quand il vous dit de passer, vous passer. Mais si le policier abandonne la circulation dans le chaos pour courir derrière un chauffeur de taxi qui a refusé de lui donner 5 francs. Vous comprenez qu’on ne peut pas respecter l’autorité de l’Etat ! Parce que le symbole de la République, c’est le policier. Si vous ne respecter pas le policier qui est chargé d’appliquer la loi, alors vous ne pouvez pas respecter le président de la cour suprême, le parlement et le président de la République ! Or toutes ces institutions, sont chargées de la marche de l’Etat dans le cadre des lois qui réglementent les droits et devoirs des uns et des autres. L’Etat qui assure les droits et devoirs légaux doit être imité en cela. Et si vous refusez de marcher comme l’Etat qui respecte ses propres actes, alors, refusez l’Etat. Mais si l’Etat viole l’acte, c’est difficile de faire la leçon aux paysans. Ce sont des problèmes récurrents qu’on n’arrive pas à résoudre d’une façon à faire exemple à bon escient. C’est très important.

AFRICAGUINEE.COM : Ce mardi encore, on a enregistré des émeutes à Siguiri où les populations se sont attaquées au domicile du Préfet et le siège des commandos rangers. Il y aurait eu un mort et des dégâts matériels importants…

JEAN MARIE DORE :
Je viens de l’apprendre à l’instant. Tout cela, montre l’étendue du chemin que la Guinée doit parcourir pour arriver à fonder un Etat de droit. Je suis juriste et politologue, ce n’est pas facile de gérer l’Etat. Mais si vous vous exercer, cet immense navire qu’il faut faire avancer en fonction des flots d’une certaine manière ou d’une autre, je suis sûre que tous les citoyens vont se sentir en sécurité. Parce qu’aujourd’hui les gens refusent de se confier à la police, à la gendarmerie. Mais ce n’est pas normal. Il faut que le citoyen ait confiance en sa police, sa gendarmerie et son armée.

AFRICAGUINEE.COM : Mais pour le cas spécifique de Siguiri, d’après des sources concordantes, c’est parce que les gendarmes auraient refusé d’intervenir à un vol qui s’opérait au marché que les populations se sont révoltées, estimant qu’ils étaient complices ?

JEAN MARIE DORE :
J’ai un principe. Je ne peux pas parler d’une chose sans avoir un minimum d’informations. J’ai appris qu’il y a eu des incidents, mais je ne sais pas les mobiles des uns et des autres. Je ne peux pas faire de commentaires. Je regrette qu’il ait eu cet incident. On m’a même dit qu’il y a eu un mort. Donc c’est tout ce que je sais, mais je suis en train de m’informer. J’ai écris à mes gens de là-bas, ils vont me faire un rapport circonstancier dans la mesure de leur connaissance des faits. Pas de spéculations. "Il semble que, n’est pas une information". Je ne suis pas là pour alimenter la rumeur. Ce que j’ai dit sur Zogota, c’est à partir de témoignages concordants, les sources concordent sur les points. Je ne fais pas de commentaires. Je vous ai cité les faits et j’ai déduis que le gouvernement a été mal servi par des agents sur le terrain. Parce que quand un agent de l’Etat retient à son profit de l’argent destiné à des populations qu’on a déguerpi, vous comprendrez que ce fonctionnaire ne fait pas les intérêts du chef de l’Etat. Et je suis d’accord avec le président de la République qu’il faut faire une enquête. Ça veut dire qu’il faut partir à la source jusqu’au niveau où le fleuve de l’information se jette dans la mer. Mais si on prend seulement les faits de la réaction des villageois, on ne trouvera pas la vérité. Pourquoi les villageois se sont levés comme ça ? Il ne faut pas voir seulement les destructions. Pourquoi on en est arrivé là ? Les faits sociaux ont toujours une origine et je crois que si on veut régler le problème au fond, il faut aller aux origines pour voir ce qui a provoqué la colère des citoyens. Si les citoyens sont allés s’attaquer aux biens de la société pour régler ce contentieux, il faut les punir, mais pas en tirant sur eux à bout portant, en les égorgeant à 1heure du matin!


Propos recueillis par

Boubacar 1 Diallo

En collaboration avec SOUARE Mamadou Hassimiou

Pour AFRICAGUINEE.COM

  Rubrique: Interview  date: 09-Aug-2012 à 04:11:56  Partager:   :

 

 
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