
BISSAU-Le général Antonio Injai, chef d’état-major général des forces armées de Guinée-Bissau, a lancé "un vibrant appel aux chefs militaires afin qu’ils se soumettent aux autorités civiles" dans un discours prononcé vendredi à Bissau à l’occasion du 27e anniversaire du bataillon des para-commandos.
Il a par ailleurs exhorté que la Guinée-Bissau, tout comme son armée, à tisser de très bonnes relations avec les pays voisins et les organisations régionales, telle que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui a envoyé un contingent à Bissau, après le coup d’Etat du 12 avril.
Depuis la guerre de libération nationale contre le Portugal en 1963, la branche armée du PAIGC s’est toujours ingérée dans les affaires politiques.
Après l’indépendance, l’armée constituée par les anciens combattants, a continué de jouer un rôle central dans la vie politique. Elle était devenue au fils des ans un facteur d’instabilité.
Ainsi, les militaires ont été à l’origine des sept coups d’Etat enregistrés en Guinée-Bissau (1980, 1998, 2000, 2003, 2009, 2011 et 2012). Ce qui fait dire au politologue bissau-guinéen Fernando Delfin da Silva que les militaires constituent un boulet que traîne les populations bissau-guinéennes depuis l’indépendance en 1974.
Selon lui, "parler de réforme dans le secteur de sécurité et de défense aux chefs militaires équivaudrait à parler de corde dans la maison d’un pendu".
"La mise en oeuvre de cette réforme ne sera jamais la solution au problème qui affecte l’armée bissau-guinéenne plus que jamais divisée en plusieurs factions", a-t-il déploré.
Les grands partis politiques de Bissau, le PAIGC, 67 députés au parlement, tout comme le Parti de la Rénovation Sociale (PRS), 28 députés, ont une branche armée.
XINHUA |
  Rubrique: News Afrique  date: 21-Jul-2012 à 14:28:41  Partager:   :  |