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Interview: Lansana Kouyaté parle...

CONAKRY-De retour en Guinée, Lansana Kouyaté reste prudent face au bras de fer entre le pouvoir et l'opposition.S'il espère que le président Condé devienne le "président de tous les Guinéens", le leader du parti de l'espoir pour le développement national (PEDN)est attendu pour la marche de l'opposition prévue prochainement à Conakry.Dans cet entretien qu'il nous a accordé, Lansana Kouyaté aborde aussi la crise malienne, qui préoccupe la Guinée à l'image de la CEDEAO qui prépare une intervention militaire pour "libérer" le Nord du Mali occupé par les islamistes.Exclusif!
Africaguinee.com : l’opposition avait annoncé qu’elle allait dévoiler un chronogramme de sa prochaine manifestation dès le retour au pays du président de la République. Aujourd’hui, le PRG est là , va-t-elle organiser la marche pacifique qu’elle a projetée avant ou après le mois de Ramadan qui pointe déjà à l’horizon?
Lansana Kouyaté : Je ne saurai vous le dire, parce que j’aurai violé la décision que nous avons prise de consulter d’abord les deux autres leaders là dessus (Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré Ndlr).
Africaguinee.com : Le président de la République a affirmé lors de son séjour parisien que l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) viendra très prochainement appuyer la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) pour lui faire des propositions concrètes. Ceci, avant qu'il ne se prononce sur la date des élections. Quelle est votre réaction sur cette affirmation ?
Lansana Kouyaté :Lorsque la CENI sera recomposée tel que nous le souhaitons, et qu’elle répondra à son nom réel de CENI, il lui appartiendra, après consultation avec tout le monde de proposer une date.
Africaguinee.com : L’ADP et le Collectif avaient annoncé qu’ils veulent retirer leurs représentants à la CENI et au CNT. Où en êtes-vous ?
Lansana Kouyaté :Vous l’avez appris, quand on agira vous le saurez.
Africaguinee.com : Le chef de l’Etat a déclaré dans une interview qu’il a accordée à un média étranger, qu’il n’est pas obligé de dialoguer avec un parti politique. Or les deux blocs de l’opposition organisent des manifestions pour obtenir du pouvoir un dialogue franc pouvant déboucher à l’organisation des élections législatives dans un climat apaisé. Qu’en dites-vous ?
Lansana Kouyaté :
Non, nous ne voulons pas marcher seulement pour obtenir un dialogue! Il y a toute une myriade de sujets pour lesquels nous voulons marcher. Le Chef de l’Etat s’il pense qu’il ne doit pas dialoguer et que cela appartient aux partis politiques, qu’il est au dessus de la mêlée, alors nous le souhaitons, que cela soit proprement. Qu’il soit le président de tous les Guinéens.
Africaguinee.com. Quelles appréciations faites-vous de la décision du président de la République d’envoyer un contingent militaire au nord du Mali ? Et, éventuellement quelles solutions préconisez-vous dans cette crise en tant que diplomate ?
Lansana Kouyaté : Ecoutez, c’est un sujet sur lequel je peux passer beaucoup de temps. Mais au total, la crise malienne dans une certaine dimension, remonte depuis les années ‘’60’’. C’est en 1962 précisément. A l’époque, les Touaregs avaient du moins, leur autonomie, leur indépendance. Le Mouvement de Libération de l’Azawad (MLNA) est aujourd’hui presque absorbé ou chassé par une autre force beaucoup plus équipée qui est Ansar Dine branche de l’AQMI (Al-Qaeda au Sahara occidental). Malheureusement, les mécanismes de préventions n’ont pas marché comme il faut. Je veux parler des mécanismes de prévention de la CEDEAO. Si ces mécanismes avaient marché, on n’en serait pas au point où les 2/3 du territoire malien soient occupés. Mais le déploiement de force est beaucoup plus délicat qu’on le croit. On envoi jamais de forces sans avoir conçu cela avec les états majors. C’est ce qu’on appelle les concepts d’opérations. Avant d’entrer, il faut savoir comment s’en sortir. Ces opérations, c’est comme le décollage et de l’atterrissage pour un avion. Ce sont les deux moments les plus difficiles. Les accidents les plus graves arrivent pendant ces deux moments. Donc les pays n’envoient de troupes que quand ils savent comment s’en sortir. Les Anglo-Saxons appellent cela ‘’Exit Game’’. Donc, quand le concept d’opération est clair, et le plus clair au Mali, ce serait le plus facile. Si on disait aujourd’hui au pays, venez et mettez la zone tampon entre le nord et le sud, c’est facile, on sait de quoi on parle. Mais si on dit allez, libérez le nord, c’est plus compliqué. Il est certain que nous avons maintenant à faire, aux fondamentalistes qui ne croient pas au dialogue. Ils sont fermés au dialogue.
Mais si l’action militaire est nécessaire, cette action, ne peut se faire qu’avec d’abord l’unité des maliens retrouvée au sud. Parce que soyez rassurés que l’armée n’est pas aussi unie qu’on le croit. Après la tentative de coup d’Etat, il y a eu beaucoup de dissension dans la classe politique. La CEDEAO a donné un ultimatum à toutes les forces vives maliennes de former un gouvernement d’union nationale d’ici au 31 juillet. Si tout cela était réalisé, dans ces conditions, l’opération militaire au nord peut être facile. Il ne faut jamais se hasarder à aller dans une opération militaire quand les habitants eux-mêmes ne sont pas déterminés à soutenir l’action militaire. Il y a des questions logistiques qui se posent, des questions de moyens financiers. Pour déployer 1000 hommes, en réalité il faut que 1000 autres hommes les accompagnent. Parce que le temps de déballer les affaires, vous êtes vulnérables. Il faut que d’autres vous surveillent. Pour retirer les 1000 hommes, il faut que 1000 autres hommes vous surveillent, parce qu’au moment où vous emballés vos affaires militaires, vous êtes aussi vulnérables. C’est pourquoi l’entrée et la sortie sont toujours difficiles. Je suis pour l’action militaire, mais à condition qu’au sud, qu’il y ait d’abord une unité véritable à propos du nord. Que tout ce qui est remarqué comme dissension et au sein des militaires, où le capitaine Sanogo a son équipe, le président ATT qui, jusqu’à son départ certains militaires le soutenaient ; il faut que tout ce monde, reviennent ensemble. Et qu’il ait une union sacrée pour la libération du nord du Mali.
Propos recueillis par Boubacar 1 Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 13-Jul-2012 à 13:47:43  Partager:   :  |
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