[IMG1]Une cérémonie d’exposition d’œuvres d’arts vient de se tenir à l’Institut Supérieur des Arts de Guinée. En marge des festivités de cette cérémonie qui a réunie plusieurs invités, M. Siba Fassou a bien voulu nous accorder cet entretien qui a touché plusieurs aspects...
Africaguinee.com : Quelles sont les principales raisons de cette exposition ?
Siba Fassou : Je voudrais avant de répondre à votre question vous remercier très infiniment pour cette opportunité que vous m’offrez en ce jour de fête ici à Dubréka pour m’exprimer dans les colonnes de votre site. Car, depuis que je suis directeur de cet institut c’est ma toute première fois de vous recevoir dans nos locaux.
Pour vous mettre à l'aise, je commencerais par vous dire que cela fait déjà 2 années que nous sommes en partenariat avec la communauté Saint George qui est implantée à Coyah. C’est cette congrégation religieuse qui a pris des attaches avec l’Ambassade d’Allemagne pour que celle – ci puisse s’intéresser aux différents travaux de nos étudiants. C’est ainsi donc que l’Allemagne à travers sa représentation diplomatique basée dans notre pays a mis la main à la poche en pour débloquer une enveloppe financière de 30 millions de nos francs pour soutenir nos étudiants peintres. Je précise que l’Allemagne a remis l’argent à la congrégation qui à son tour a transmis la somme à l’ISAG. Quand nous avons reçus l’enveloppe, nous avons organisé un test entre l’ensemble des étudiants des beaux arts et à l’issu de ce test, tous les tableaux ont été retenus. C’est après cela que l’Ambassade d’Allemagne à demander qu’une première exposition soit faite à sa résidence.
De là , nous avons décidé que exposition soit une exposition itinérante. Après donc l’Ambassade, c’est l’université Général Lansana Conté de Sonfonia qui a accueillis la même exposition. Après ce petit tour, nous avons jugé utile qu’il fallait tenir la même exposition dans l’enceinte de notre institut.
Voilà donc de manière très brève quelques raisons de cette exposition. Je voudrais aussi préciser que c’est avec fierté que nous organisons ces différentes expositions. Car c’est avec nous que nos étudiants ont appris à pratiquer l’art. La totalité des étudiants viennent sans un pré requis dans le domaine de l’art. L’exposition est une manière d’encourager ces jeunes. Il faut obligatoirement que le public découvre ce que font les étudiants dans le domaine de l’art dans pays. C’est pourquoi d’ailleurs l’un de mes souhaits les ardents aujourd’hui est de voir les tableaux de mes étudiants dans toutes salles d’attente et bureaux de nos ministres.
Au delà de ces expositions, est – ce que vous avez une politique d’accompagnement pour que ces jeunes dès après leur formation soient opérationnels dans la vie courante ?
Oui nous avons des mesures d’accompagnement. Vous savez pertinemment qu’il est très difficile de trouver un Institut Supérieur des Arts avec 4 départements des beaux arts. Nous avons ici le département de cinéma, des beaux arts, de musique et le département des arts dramatiques. J’avoue que chacun de ces départements constituent dans d’autres pays les facultés dans une université.
Nous nous avons pensé qu’en mettant tous ces départements ensemble, les étudiants au terme de leur étude peuvent se constituer en association pour pouvoir travailler. Quand vous prenez un réalisateur de cinéma, il n’aura pas besoin d’aller discuter avec quelqu'un d’autre pour le montage de son film puisque dans son association, il a déjà un camarade qui sait faire le montage et immédiatement le travail sera accéléré et bien fait. Et si le son, immédiatement ces camarades de son peuvent intervenir dans le travail et vous verrez qu’in aura un grand succès dans leur travail.
Ce sont ces initiatives là que nous pouvons montrées à nos étudiants comme base de leur réussite dans la vie. Il serait mensonger de dire à ces jeunes regardez dès que vous sortirez d’ici, vous serez ceci ou cela parce que dans le domaine des arts c’est d’abord la capacité réelle, la valeur intéressante et aussi le visu qui font qu’on peut te faire confiance dans le domaine de la création artistiques. Si nos jeunes se constituent en association, j’en suis persuadé qu’ils pourront travailler sans un seul appui du gouvernement.
Par ailleurs en prévision des états généraux de l’enseignement, nous voulons attirer l’attention de l’autorité sur la nécessité d’inscrire dans les programmes du secondaire l’enseignement artistique. Il est inconcevable de créer un institut supérieur des arts sans qu’à la base qu’il est une sorte d’initiation. Si nous arriverons à inscrire dans les programmes de l’enseignement secondaire l’enseignement artistique, çà veut dire quelque part qu’il faut un corps professoral et ce corps viendra de l’ISAG et c’est qui développera le domaine des arts et de la culture dans notre beau pays la Guinée.
Vos étudiants disent que certains professeurs ne sont pas à la hauteur. Qu’en dites-vous ?
Qu’on dise qu’il y a insuffisance de professeur, je suis d’accord mais qu’on ne doute pas de la qualité des professeurs et pourquoi ? Chaque étudiant a le droit de dire si un professeur n’est pas à la hauteur et à la limite l’ensemble des étudiants reçoit un cours si le cours n’est pas à la dimension attendue ils sont libres d’écrire et me déposer. Depuis que je suis là comme DG, je n’ai reçu qu’une seule lettre pour dénoncer un professeur et ce professeur après toutes nos investigations a été renvoyé d’ici. Chacun de nous a été étudiant par conséquent par conséquent, le dénigrement fait parti des comportements des étudiants dans les pays.
Quels les problèmes auxquels vous êtes confrontés ?
Nous avons 15 institutions d’enseignement supérieur en Guinée. Les problèmes de toutes ces institutions universitaires sont pareils et même identiques. Ils sont principalement de 2 ordres qui sont les problèmes d’infrastructures et un manque de professeur. A ce niveau je dirais que nos jeunes qui sortent de nos différentes universités rares sont ceux qui optent volontairement l’enseignement. Mais dans 4 années, le problème de professeur sera réglé à l’ISAG à moins que les jeunes qui seront envoyés à l’étranger pour la formation refusent de revenir au pays.
Merci pour votre disponibilité
C’est à moi de vous remercier.
Propos recueillis par Youssouf KEITA
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Conakry pour africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 21-Feb-2008 à 11:20:26  Partager:   :  |