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Examens nationaux: " la tolérance zéro ne concerne pas que les élèves...", prévient le ministre Ibra

CONAKRY-A quelques heures du lancement des examens nationaux en Guinée, le ministre de l'enseingement pré-universitaire, Dr Ibrahima Kourouma vient de réaffirmer que toute personne impliquée dans les fraudes sera sanctionnée.Au micro de notre reporter à Conakry, M. Kourouma affiche ses ambitions à la tête de ce département.Il s'est confié à notre rédaction.Exclusif!
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. le ministre !
DR IBRAHIMA KOUROUMA : Bonjour M. Souaré !
AFRICAGUINEE.COM : Nous sommes pratiquement à quelques heures du début des examens nationaux. Peut-on savoir à quel niveau vous en êtes pour les préparatifs ?
DR IBRAHIMA KOUROUMA : Merci d’être venu me voir, je voudrais déjà vous rassurer qu’au niveau de l’avancement des choses, ça se passe très bien. Nous sommes pratiquement fin prêts pour ces examens. En ce qui concerne d’abord la liste des candidats à toutes les étapes, que ça soit le brevet, l’entrée en septième ou le bac, les listes des candidats sont déjà bouclés, corrigés, parce qu’il y a eu entre le service des examens et les différentes écoles, au moins quatre entretiens, pour corriger toutes les imperfections qui pouvaient exister à ce niveau. Mieux, cette année nous avons apporté une innovation au niveau des listes des candidats, aujourd’hui nous avons fait en sorte que l’état civil de chaque enfant soit respecté, c'est-à -dire que même si dans une salle de classe il y a plus de quatre personnes qui portent le nom Amadou Diallo, ces quatre personnes porteront le même nom, on ajoutera rien dessus, la seule différence ça sera au niveau des PV. Si vous déformez dès à l’élémentaire le nom de l’enfant, au secondaire aussi il peut aussi se retrouver dans la même situation, donc à chaque étape il va y avoir des modifications, donc s’il était amené à demander de l’emploi à l’étranger ou même ici, il va y avoir une différence entre son état civil et ce qui est écrit sur ses diplômes, donc cette année on a décidé de mettre fin à ça.
Nous avons aussi fait en sorte que les enfants soient identifiés, les problèmes de substitution ne vont plus exister, faire remplacer un candidat par un autre va disparaître en Guinée parce qu’on a photographié cette fois ci tous les élèves qui doivent affronter le bac et le brevet, les photos qui seront sur les PV seront les mêmes sur les cartes d’identité et sur la fiche de table. Ceux qui doivent affronter le baccalauréat, nous avons sécurisé tous les diplômes, nous allons avoir cette année des diplômes infalsifiables.
La deuxième chose que nous avons faite cette année pour que les examens se fassent dans de bonnes conditions, c’est que nous avons ciblé très tôt les différents centres d’examen. Nous avons donc eu le temps de voir s’ils respectent un certain nombre de normes.
La troisième chose aussi, c’est qu’on s’est arrangé cette année pour que chacune des directions préfectorales de l’éducation, que des dispositions soient prises pour que, et les surveillants et les candidats, et les correcteurs, soient dans de bonnes conditions. Par le passé, le matériel arrivait quelque fois même le jour de l’examen, cette année, vous avez déjà du le savoir, à trois semaines des examens, nous avons envoyé sur l’ensemble du territoire tout ce qu’il y a comme matériel pour que dernier centre soit en possession de son matériel.
AFRICAGUINEE.COM : Peut-on savoir pourquoi les candidats à l’entrée en septième année ne sont pas concernés par cette décision d’identification à travers la photographie ?
DR IBRAHIMA KOUROUMA : Notre souhait était que tout le monde soit photographié, malheureusement le nombre est très étendu.
Ensuite il se trouve que, quand nous avons pris la décision de photographier tout le monde, j’ai constaté après qu’il y avait des endroits où on n’a pas pu faire l’intégralité du travail. Donc pour éviter que ça ne serve d’éléments de revendications, j’ai demandé à ce qu’on écarte pour cette année les candidats à l’entrée en septième année. Mais je vous garantie que l’année prochaine, si tout se passe bien, tous seront concernés.
AFRICAGUINEE.COM : M. Kourouma, chaque année de nombreux cas de fraude sont signalés dans différents centres d’examen. Dites nous s’il y a des mesures concrètes qui ont été prises pour lutter contre ce problème…
DR IBRAHIMA KOUROUMA : La première disposition particulière, c’est d’abord au niveau mental. L’année dernière, c’est vrai qu’il y a eu quelques irrégularités, mais aujourd’hui sur le plan mental d’abord, tous les élèves pensent qu’il faudrait qu’ils méritent leurs admissions. La deuxième chose, cette année j’ai participé à tous les états généraux de l’éducation, il y avait non seulement les chargés des examens, mais aussi les parents d’élèves et les syndicats. Au cours de ces états généraux, nous avons pris langue pour que chacun de nous soit conscient de ce qui se passe, je l’ai dis, aujourd’hui encore je le répète, la tolérance zéro ce n’est pas seulement pour les élèves, c’est aussi à commencer par le ministre jusqu’au dernier travailleur du département. Quiconque sera mêlé dans une affaire de fraude va devoir répondre. J’avais donc fais passé ce message, tout le monde s’était engagé, je pense que sur le plan moral, c’est déjà un acquis.
Deuxième chose, vous savez, par le passé, c’est beaucoup de personnes qui se retrouvaient pour faire le choix des sujets.
Cette fois-ci, tout a changé, il n’ y a qu’une seule personne qui est responsable, c’est le chargé des examens nationaux seulement qui connait les sujets, donc c’est le seul qui est habilité à le dispatcher sur l’ensemble du territoire national, même le ministre n’a pas le droit de regard sur un sujet quelconque.
AFRICAGUINEE.COM : L’une des causes des fraudes lors des différents examens nationaux, c’est bien sûre le mauvais traitement des surveillants et autres encadreurs. Est-ce que cette année des dispositions ont été prises pour corriger cet état de fait ?
DR IBRAHIMA KOUROUMA : Cette année, les choses vont changer en ce qui va concerner la prime, le président de la république et le gouvernement nous ont vraiment facilité les choses. Ils ont autorisé l’augmentation de la prime de tous les surveillants et des gens du secrétariat.
L’année passée, il y a eu un acte de la part des correcteurs qui n’était pas juste, ils étaient payés à 33.000 GNF par jour, nous avons donné une prime pour 21 jours alors que la correction s’est faite en moins de 10 jours, donc ils n’avaient pas raison de crier.
AFRICAGUINEE.COM. Si malgré toutes les dispositions prises par votre département, des cas de fraudes étaient signalés, est-ce que la « tolérance zéro » serait appliquée ?
Dr Ibrahima Kourouma : Oui ! Quiconque sera pris dans une situation de tentative de fraude, que ça soit un surveillant, un élève ou quelqu’un au niveau du secrétariat, il va être sanctionné, ensuite à notre niveau on va se battre pour demander à la fonction publique de radier le coupable qui sera également poursuivi en justice.
AFRICAGUINEE.COM : L’année dernière on a enregistré un taux d’échec très élevé, selon-vous cela était dû à quoi ?
DR IBRAHIMA KOUROUMA : Quand on a eu les résultats des examens de l’année passé, beaucoup de personnes ont crié en disant que c’était des résultats catastrophiques. J’ai eu même des discussions avec plusieurs personnes, je leur ai expliqué que ce n’est pas l’aspect catastrophique des résultats qu’il fallait voir, mais plutôt il s’agit de voir ces es résultats sous forme de diagnostic. On venait de donner le vrai visage de l’école guinéenne, les gens devaient donc se poser la question de savoir quelle est la part de responsabilité de chacun, parents d’élèves, enseignants, élèves et responsables, parce que si les résultats ont été de la sorte, ce n’est pas forcément la faute des enfants.
C’est vrai que par moment les enfants sont toujours dans une situation de laisser aller parce qu’ils savaient qu’il y avait un repêchage, donc si l’élève sait que jusqu’à 7 de moyenne on peut le repêcher pour avoir le bac, je ne vois pas pourquoi il fournirait des efforts, ça c’était la part des élèves et des responsables au niveau de l’éducation. A côté de cela il y avait aussi la part des parents d’élèves qui ont complètement délaissé les enfants. Donc le diagnostic il fallait le poser pour que chacun tire sa part de responsabilité.
Cette année, la première des choses que nous avons faite, c’est d’abord de revoir les méthodes d’évaluation, faire en sorte que les élèves et les professeurs soient tous assidus en classe. Nous avons fait en sorte qu’au niveau de l’élémentaire, que les compositions trimestrielles disparaissent au profit de celles mensuelles, au niveau du secondaire, nous avons fait en sorte que les compositions disparaissent complètement pour que nous ayons des moyennes trimestrielles et que dans chacune des matières, l’élève devra être évalué deux fois par mois. Donc finalement l’élève se retrouvait en moyenne avec 25 interrogations par mois, donc il est obligé d’apprendre.
Au niveau des professeurs aussi, nous avons compris qu’il fallait revoir leur situation. En Guinée tu peux trouver un professeur qui n’a que 2 à 4 heures de cours par semaine, il pouvait donc se retrouver dans plusieurs écoles, et généralement il préfère enseigner dans une école privée où il est mieux payé que de venir donner les cours au public. Nous avons fait en sorte que tous les enseignants se retrouvent au moins avec 18h de cours parce que c’est ce que la loi prévoit. Cette année nous avons eu au mois 94% de fréquentation des professeurs dans les salles de classe.
Moi je ne raisonne pas en terme de pourcentage, je ne cherche pas à savoir si cette année on aura plus d’admis que l’année dernière. Ce que je cherche, c’est qu’on se rende compte que l’école guinéenne a commencé à naître, je suis le ministre qui a envie de créer une nouvelle école, je suis celui qui a envie que les parents d’élèves aient de nouveau confiance à l’école, que les élèves à leur tour comprenne qu’il y aura plus de traitement de faveur, que ce sont les meilleurs qui passeront en classe supérieure.
AFRICAGUINEE.COM : M. le ministre, beaucoup parmi nos compatriotes pensent qu’avant leur publication, les résultats des différents examens nationaux sont d’abord présentés au président de la république et que c’est ce dernier qui aurait toujours le dernier mot sur le pourcentage des admis. Quelle est votre réaction ?
DR IBRAHIMA KOUROUMA : D’abord je voudrais vous dire que le président de la république, le Pr Alpha Condé, ne voit jamais les résultats. L’année dernière, il n’a pas vu les résultats, je ne vois d’ailleurs pas pourquoi il demanderait à les voir. Ce que le président demande, c’est que chacun de nous soit honnête, et moi je n’ai aucun problème par rapport à ça.
AFRICAGUINEE.COM : Pourtant certains observateurs pensent qu’il va sûrement y avoir des traitements de faveur cette année pour faire passer un grand nombre de candidats à cause des élections législatives qui doivent se tenir très bientôt …
DR IBRAHIMA KOUROUMA : Je voudrais vous rassurer que jusqu’au moment où je vous parle, je n’ai jamais parlé du problème des examens avec le président de la république. J’ai juste fait une communication sur les différentes dates des examens, j’ai demandé à ce que le conseil des ministres entérine ces dates, chose qui a été faite.
AFRICAGUINEE.COM : Pensez-vous que les examens nationaux pourront se tenir dans de bonnes conditions avec toutes ces menaces de manifestation de la part de l’opposition guinéenne ?
DR IBRAHIMA KOUROUMA : Je pense que les guinéens sont suffisamment responsables, je crois qu’aujourd’hui tout le monde est conscient qu’aujourd’hui l’école guinéenne a changé. Le souhait de tout parent d’élève aujourd’hui, c’est que son enfant avance, ce n’est donc pas en période d’examens, qu’une situation politique ou autre va perturber ces évaluations. Chaque fois qu’on m’a parlé de ça, j’ai dis que les guinéens font la politique c’est vrai, mais ils veulent que leurs enfants étudient et dans de bonnes conditions.
AFRICAGUINEE.COM : Est-ce que vous avez un dernier mot ou un appel à lancer ?
DR IBRAHIMA KOUROUMA : Je voudrais lancer un appel d’abord aux élèves. Je voudrais leur dire que nous avons traversé avec eux une année, c’est vrai qu’elle a été dur parce que de nouvelles méthodes ont été introduites, mais c’est pour que leur niveau s’améliore, ce que nous faisons, c’est un concours, ce n’est point pour éliminer qui que ça soit, c’est juste pour évaluer.
Je voudrais aussi lancer un appel aux surveillants, correcteurs et autres encadreurs. Ce que nous sommes entrain de faire, c’est pour le devenir de ce pays, je leur demande donc d’être honnête et de travailler dans la plus grande sérénité, même s’ils sont dans le dernier village de la Guinée, ils doivent se mettre à l’évidence qu’ils sont entrain de former et d’évaluer les futures cadres de cette nation, c’est de ceux là que va dépendre le développement de notre pays.
Aux parents d’élèves aussi, je voudrais leurs demander de nous accompagner et de nous épauler dans la formation de nos enfants.
INTERVIEW REALISEE PAR SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 62 65 75 74/ 64 95 36 33
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  Rubrique: Interview  date: 06-Jun-2012 à 17:29:30  Partager:   :  |
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