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Sénégal: des jeunes élèves guinéens réduits à la mendicité à Dakar





DAKAR-« Chaque matin je viens mendier avec ma mère et mes frères dans les rues de mariste. Ma mère menace de m’abandonner si je lui ramène pas d’argent.»Ce récit d’un jeune élève guinéen qui étudie le Coran à Dakar (appelé talibé en Oulof, Ndlr) n’est pas un cas isolé. Beaucoup de Guinéens viennent au Sénégal en pensant y vivre mieux. Parmi cette classe sociale composée d’immigrés analphabètes, certains décident de se lancer dans la mendicité pour survivre et éduquer leurs enfants.

Des conditions de vie précaires

On les voit assis sur les trottoirs des lieux publics ou devant les mosquées en attendant qu’un passant surgisse et les donne quelques pièces .Pendant que d’autres partent mendier avec leurs enfants, Certains parents confient les siens dans les daaras (écoles coraniques) pour apprendre le coran avec l’espoir qu’ils leurs reviennent un jour. Une fois dans les daaras (Endroits éloignés des centres urbains où les enfants viennent apprendre le coran), ces enfants se transforment en mendiants car ils sont nombreux et les maitres ne subviennent pas toujours à leurs besoins. Ils les envoient donc quémander en contrepartie, ils leur assurent le logement, la nourriture et l’enseignement. Les parents ne revendiquent pas par peur de se retrouver avec un membre de plus à nourrir. Pour plusieurs d’entre eux envoyer les enfants aux daaras est une façon d’économiser pour s’occuper des autres enfants.

De six heures du matin à une tardive de la nuit, les enfants talibés errent dans les rues de Dakar en quête de nourriture et d’argent. La moyenne d’âge de ces enfants est de quatre à cinq ans au maximum. Ils sont pieds nus, vêtus de haillons et ont chacun un pot à la main.
Ils se dirigent vers le centre ville, les zones touristiques, les lieux de culte en se faufilant souvent au milieu des embouteillages.

Des chiffres alarmants

Selon l’Unicef, il y aurait 100.000 enfants vivant et travaillant dans les rues de Dakar, dont la majorité serait des talibés. D’après Human Rights Watch il y aurait 50.000 talibés soumis à l’esclavage des daaras au Sénégal. 95% des enfants ne seraient pas des sénégalais d’après une étude menée par plusieurs organisations en 2007.

Ces enfants viennent souvent des pays voisins à savoir le Mali, la Guinée, La Gambie et la Guinée Bissau. Ils viennent dans l’espoir d’apprendre le coran auprès des Karamoko. Les daaras sont généralement situés hors des centres urbains, mais de nos jours il y en a qui existent dans les grandes villes comme à Dakar. Le problème qui se pose est dû au fait que ces enfants ne mendient plus pour contribuer à leur dépense, certains maitres karamoko profitent de ces enfants pour les exploiter à leurs propres profits en s’enrichissant sur leurs dos. Et on se demande à quel moment ils ont le temps d’apprendre.

Certains de ces maitres brutalisent les enfants dans les daaras et c’est dans ce cas que beaucoup s’échappent et tombent souvent dans la délinquance.

Plusieurs organisations locales et internationales œuvrent pour la lutte contre la mendicité et la traite des enfants .Les ONG comme Unicef, Aide et action Sénégal ,Amnesty Sénégal, Tostan, Human Rigths Watch et tant d’autres interviennent sur le territoire sénégalais et dans la sous région en vue d’éradiquer ce fléau.

Une journée avec le talibé Seydou

"Seydou à quinze ans, vit dans le daara depuis sept ans. Récemment, l’un de ses frères cadet est venu aussi vivre au daara .Seydou se réveille habituellement à six heures du matin et passe une heure à apprendre le coran. Ensuite, armé d’une boite de conserve vide, il va de maison en maison, demandant à manger pour son petit déjeuner .Il rentre au daara à neuf heures. C’est le début des cours .A treize heures, il se rend dans les maisons voisines, où il demande à manger pour son déjeuner, puis il rentre au daara où il dispose d’environ une heure pour se reposer et manger. Les cours reprennent à quinze heures. Tous les jours autour de dix sept heures, il va en compagnie d’autres talibés chercher de l’eau pour le daara. Il passe ensuite trois heures à étudier le coran. Puis sort mendier son diner aux alentours de vingt heures. Il dort dans une petite cabane avec un toit de chaume avec sept autres enfants.

Seydou dit que s’il ne mendie pas, il n’a rien à manger et s’il ne rapporte pas suffisamment d’argent à deux ou trois reprises, le maitre coranique le bat. Ses parents lui manquent ; il aimerait mieux être avec eux à la maison qu’au daara. Il dit aimer apprendre le coran, mais aimerait bien aussi apprendre un peu le français pour pouvoir lire les panneaux indicateurs. »

Source: D’après une étude menée par la plateforme d’ONG pour la protection et la promotion des droits humains (PPPDH).


Une enquête de Fatoumata Binta Diallo
Depuis Dakar
Pour Africaguinee.com

  Rubrique: Diaspora Guinéenne  date: 02-May-2012 à 14:43:52  Partager:   :

 

 
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