
CONAKRY-La justice guinéenne s'apprête à ouvrir le procès des auteurs présumés de l'attaque du 19 juillet 2011 contre la résidence du président Alpha Condé.Un procès qui attise les passions au niveau de la classe politique guinéenne.Mais l'avocat général près de la Cour d'appel de Conakry, Me William Fernandez se dit confiant quand au bon déroulement de ce procès.Il s'est confié à notre rédaction...
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour Maître Fernandez !
Me Williams Fernandez: Bonjour M. SOUARE!
AFRICAGUINEE.COM : Quelques temps après le début de la procédure judiciaire sur le dossier de l’attaque du domicile du président Alpha Condé, peut-on savoir à quel niveau vous en êtes actuellement ?
Le dossier se trouve au niveau de la chambre d’accusation. On est entrain de travailler d'arrache pied pour que dans un proche avenir, on puisse commencer. Vous savez la chambre d’accusation, c’est le deuxième degré de la juridiction d’instruction ; les juges d’instruction ont fini leur travail, c’est à la chambre d’accusation de passer en revue tous les actes posés par le juge d’instruction. C’est un véritable débat entre avocats de la défense, de la partie civile et le ministère public. Nous avons au moins 47 personnes inscrites dans le dossier en plus des fugitifs.
AFRICAGUINEE.COM : Quelles sont les conditions de détention de tous ces accusés ?
Les conditions de détention, vous pouvez vous-même aller le constater, ce n’est pas un tabou, la porte ne vous est pas fermée, nous estimons que les conditions sont bonnes et nous veillons à cela.
AFRICAGUINEE.COM : Quelles sont les garanties que vous avez et qui peuvent justifier une bonne détention des accusés ?
Est-ce que vous avez reçues des plaintes ? Vous parlez d’amélioration des conditions, vous ne savez pas comment ils sont détenus, ils sont dans de bonnes conditions là bas(…) Le ministre de la justice, l’avocat général, le procureur général, les juges d’instructions et moi-même, tout le monde a travaillé pour que les conditions de détention soient des conditions humainement acceptables et je pense que c’est le cas.
AFRICAGUINEE.COM : Récemment des accusés avaient été libérés pour un « non lieu » ; quand est-il de certains hauts gradés de l’armée tel que le Général Nouhou Thiam ?
Ceux qui n’ont pas été libérés, c’est parce que les juges d’instruction ont estimé qu’il y avait des charges contre eux. La chambre d’accusation va examiner de nouveau ce dossier ; c’est elle en définitive qui va se déterminer sur les charges retenues contre les uns et les autres et qui seront renvoyés devant la cour d’assises pour être traités.
AFRICAGUINEE.COM : L’un des accusés dans ce dossier est le vice président de l’UFDG, M. Bah Oury qui vit en exil à Paris. Peut-on savoir, quelle va être la nature des charges qui pourraient être retenues contre lui ?
Il y a une procédure qui est en cours, si sa responsabilité est retenue au niveau de la chambre d’accusation, le moment venu on condamnera par contumace.
AFRICAGUINEE.COM : Quelle va être la durée éventuelle du procès des auteurs présumés de l’attaque du 19 juillet ?
Ça je ne saurais vous le dire avec exactitude. Vous serez là au procès pour suivre, je vous dis qu’il y a plus de 40 dossiers, si la chambre d’accusation décide de renvoyer toutes ces personnes devant la cour d’assises, voyez-vous, tout le travail que ça va faire pour la cour. Donc je ne peux pas me prononcer sur la durée éventuelle du procès, ce qui est sûre c’est que dans les tous prochains jours le procès va se dérouler.
AFRICAGUINEE.COM : Dernière question, quelle garantie vous avez sur l’indépendance de cette justice qui a aujourd’hui en charge ce dossier ?
Garantie, impartialité, moi je vous dis, je suis procureur, depuis que je traite ce dossier, je n’ai aucune interférence de qui que ça soit. Déjà moi qui suis soumis à l’autorité, si je n’ai pas d’interférence, ce ne sont pas les juges qui vont avoir des pressions à quelque niveau que ça soi. Donc, je pense qu’il y a suffisamment de garantie sur l’impartialité dans le traitement de ce dossier.
AFRICAGUINEE.COM : Un mot pour terminer ?
Mon dernier mot serait de demander de la patience et de laisser la justice faire tranquillement son travail.
ENTRETIEN TELEPHONIQUE REALISE PAR SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 62 65 75 74/ 64 95 36 33
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  Rubrique: Interview  date: 02-May-2012 à 11:25:16  Partager:   :  |