[IMG1]L’élimination prématurée des poulains de Robert Nouzaret a vite plongé les guinéens dans la torpeur avec les « soucis » qui se profilent déjà à l’horizon. Fini le rêve, l’oubli des problèmes de survie quotidienne pour les millions de compatriotes. Seulement, si la liesse populaire suscitée par la campagne du syli à la CAN a donné un temps de répits à la classe dirigeante, (heureuse pour une fois que le « peuple pense à autre chose »), ce n’était qu’un feu de paille. Déjà , les soucis quotidiens refont surface, à côté de la déception populaire suite à l’élimination de son équipe nationale.
Premier souci, le bras de fer entre la primature et la présidence, brièvement occulté par la CAN. Les guinéens le savent, rien ne va entre les deux "Lansana " qui trônent à la tête de l’exécutif guinéen. Dans cette lutte sans merci entre le Président Conté et le premier ministre Lansana Kouyaté, un jeu de dupe a pris place, avec pour base des documents juridiques qui légitiment le fauteuil et les pouvoirs de chacun .
D’une part, le Président Conté,fort de sa légitimité « d’élu du peuple » s’appuie sur une constitution largement à son avantage et profite de son pouvoir de signer les décrets, pour bloquer l’action gouvernementale de Lansana Kouyaté. Il apparait donc, aux yeux de nombreux observateurs, que même les fameux accords du 27 janvier 2007, sont à l’avantage du chef de l’Etat, puisqu’ils prévoient une délégation des pouvoirs présidentiels au premier ministre. Ce camouflet infligé habilement par le Président Conté aux syndicalistes souligne un constat amère du guinéen, mais aussi de tout observateur averti :le changement passe par le départ de Conté !
A la primature, les accords du 27 janvier 2007, considérés comme la « bible » de la légitimité du gouvernement Kouyaté, ne font plus l’unanimité. Comment expliquer au peuple en effet, l’intérêt de ces accords puisqu’ils prévoient que le dernier mot revient au Président Conté pour signer les décrets gouvernementaux ? Une question qui hante les partisans de Lansana Kouyaté, qui ne s’avouent pas vaincus pour autant. En effet, la menace d’une reprise de la grève le 31 mars prochain en cas de violation continue de ces accords, fait craindre le pire.
Les syndicalistes dénoncent entre autres, la main mise de la présidence sur la Banque centrale sans oublier la volonté du président et de son entourage de bloquer l’action du gouvernement de… "consensus » ! Dans le marigot politique guinéen, la menace d’une reprise de la grève est donc prise au sérieux. Même les chefs des institutions républicaines ont « conseillé » le Président Conté, d’éviter une nouvelle grève qui risquerait de l’éjecter de son fauteuil au palais de sékhoutouréya .La bataille entre les deux « Lansana » ne fait donc que commencer !
Second souci pour le guinéen, la survie dans une société où les prix des produits de première nécessité ont pris l’ascenseur et sont largement hors de portée de la bourse du guinéen moyen. A qui la faute ? Certains observateurs dénoncent les « vautours » de l’économie guinéenne : la classe dirigeante et surtout les commerçants, objets de vives critiques. Aux premiers, on les accuse de détournements de fonds et surtout de gaspillage des ressources à travers les « mamayas » qui pullulent à travers le pays. Aux seconds,on les accuse de « tuer le peuple à petit feu » en augmentant délibérément les prix sans aucun état d’âme ! Un sac de riz de 50kg? Il faut 150.000fg en moyenne pour l’acquérir. Quand on sait que le salaire d’un fonctionnaire frôle à peine les 300.000francs guinéens, c’est tout dire !
Aujourd’hui le système « D » comme débrouillardise fait fureur en Guinée et chacun cherche à sauver « sa peau » quite à tricher ou augmenter les petits boulots dans le secteur informel. Si les salaires sont statiques, en revanche, la moindre fluctuation des produits pétroliers sur le marché mondial sert de prétexte pour augmenter les prix sur le marché, sans oublier l’inflation qui avoisine les 20 % ! Autant dire que la débrouillardise à encore de beaux jours devant elle dans notre pays où se côtoient crise politique et crise..économique !
Dommage donc pour le syli national, mais merci quand même aux coéquipiers de Pascal Feindouno , qui ont réussi pendant les deux semaines durant leur campagne au Ghana, à faire « oublier » les soucis du quotidien aux populations guinéennes. Mais la réalité a vite dépassé le rêve du guinéen. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Conakry-Guinée
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 04-Feb-2008 à 15:46:05  Partager:   :  |