
CONAKRY-Dans moins de 48 heures, la capitale guinéenne devrait abriter un mini-sommet des chefs d'Etat de la CEDEAO consacré à la crise en Guinée Bissau.Mais le président Alpha Condé a décidé d'annuler cette réunion de haut niveau.
Officiellement, le chef de l'Etat guinéen désigné récemment par ses pairs comme médiateur dans la crise bissau-guinéenne, a peu apprécié la position affichée par les nouveaux maîtres de Bissau.
"Suite à la grave décision prise par la junte de nommer un président de la République, de mettre en place un Conseil national de transition et de prévoir une transition de deux ans, le médiateur, le président Alpha Condé, a décidé de s'en remettre à la réunion d'Abidjan du 26 avril", a déclaré le chef de la diplomatie guinéenne Edouard Niankoye Lamah.
Au Palais Sékhoutouréyah, le mystère sur un éventuel maintien du président Alpha Condé dans son rôle de médiateur pour Bissau, sera donc décidé jeudi prochain à Abidjan, lors d'un mini sommet des chefs d'Etat de la CEDEAO:
"La Présidence de la République de Guinée porte à l’attention particulière de ses invités de marque, que suite aux décisions prises par la junte en Guinée Bissau et totalement contraires au contenu de la rencontre avec la délégation de la CEDEAO la veille, le Médiateur en accord avec Monsieur le Président en exercice de la CEDEAO, a décidé d’annuler la rencontre du 23 avril à Conakry au profit du sommet extraordinaire des Chefs d’Etat convoqué à Abidjan le jeudi 26 avril 2012 où toutes les questions pour assurer une bonne médiation seront abordées", précise un communiqué de la présidence guinéenne.
En termes diplomatiques, Conakry reste à l'écoute de la CEDEAO sans pour autant s'enliser dans les affaires politiques de son voisin de Bissau.
Jeudi, la junte bissau-guinéenne et "les partis politiques" ont annoncé dans un communiqué conjoint la nomination du nouveau président de transition, Manuel Serifo Nhamadjo, un dissident de l'ex-parti au pouvoir éliminé lors de la présidentielle du 18 mars.
Quand au sort du président intérimaire Raimundo Pereira et le Premier ministre Carlos Gomes Junior, ils sont toujours détenus par la junte.
Quand au candidat Kumba Yala qui avait refusé la médiation du président Alpha Condé, il a officiellement "condamné" le coup de force survenu à Bissau, le 12 avril.
A Conakry, l'évolution de situation à Bissau est donc surveillée de très près...
Mamadou Camara
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 21-Apr-2012 à 18:15:58  Partager:   :  |