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Mutations et réglements de compte à la RTG: Alpha Kabinet Doumbouya accuse...





CONAKRY-Treize journalistes ont été mutés récemment par le ministre de la communication Dirius Dialé Doré.Parmi eux, l'ancien directeur de la radiodiffusion télévision guinéenne, Alpha Kabinet Doumbouya.Dans cet entretien, il ne cache pas sa colère contre cette décision du ministre Doré qu'il accuse d'ignorer les travailleurs de son département...

Le département de la Communication vient de muter treize journalistes de la RTG dont vous. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

Alpha Kabinet Doumbouya :
C'est une note de service signé du ministre de la Communication , Dirus Dialé Doré, la note de service numéro 21 du 02 avril 2012. Au libellé c'est écrit ''note de service portant affectation des cadres''. Il s'agit de treize journalistes qui sont affectés à des différents postes. On n'est pas contre l'acte du ministre pour la réorganisation de la maison. Ce qui nous a surtout surpris, c'est que sur cette note de service, on a senti l'exclusion et une mauvaise orientation de certaines compétences parce que les postes qui sont affectés ne répondent pas au profil. Leur aptitude n'est pas possible dans les secteurs où on les a envoyés. J'en veux pour preuve, Yamoussa Sidibé qui est un grand présentateur, un grand animateur d'émission qu'on a envoyé à la Direction Nationale des Services de l'Information (DNSI) pendant qu'il est encore dans sa plénitude en journalisme. Ibrahim Ahmed Barry qui est aussi un grand présentateur du Journal Télévisé, Sam Mamadou qui est un grand animateur d'émission qui a fait ses preuves à travers le « Grand dossier », à travers le plateau de la transition. Toutes ces personnes ont été auparavant des directeurs de chaîne. Pour mon cas précis, on dit que je suis affecté à la RTG Boulbinet alors que depuis que j'étais aux affaires j'animais cette émission « Débats du jour » Cette émission est une manière de satisfaire le public qui a de l'admiration pour mon travail et une façon de dire à la nouvelle génération que la moutarde ne doit pas monter au nez quand on a une position administrative élevée. C'est le métier qui compte. Quand j'étais encore DG de la RTG , la RKS était abandonnée. A l'époque les deux Directions générales n'étaient pas encore constituées. Je prenais le temps de venir encourager le chef des programmes en créant l'émission « Conakry et ses merveilles. Le temps des banalités utiles » qui rappelle le souvenir de Conakry. C'était une émission interactive. Depuis 2000 quand j'ai été nommé Rédacteur en chef, je suis dans le cabinet. Peut-être l'esprit de cette note de service c'est de m'enlever de la structure du cabinet et me mettre dans le tas des journalistes qui viennent d'arriver alors que nous avons 25 ans de parcours dans ce métier. Donc, je ne vois pas l'intérêt de mon affectation pendant que je suis très actif dans le travail au poste où on m'a affecté.

Le changement des Directeurs à RTG est devenu presque quotidien, sans que la situation ne s'améliore. Certains parlent même de clanisme au sein de la structure où les confrères n'hésitent pas à se donner des coups bas. Est-ce qu'on peut en savoir plus ?

Le changement des Directeurs à la RTG n'est pas mal en soi. Peut-être que nous recherchons ou ceux qui décident sont à la recherche peut-être de la qualité, de la compétence, de l'aptitude qui répondent aux attentes des populations. Mais il se trouve que les réalités au niveau de ce département est qu'aucun Directeur général ou de chaîne ne peut avoir les mains libres. Dans les autres pays, il y a une certaine autonomie et à travers les vertus de la séparation des pouvoirs, je crois que la censure est moindre ailleurs qu'ici. C'est par excès, peut-être de zèle ou alors le trop plein, qu'on demande à ces directeurs ; ce qui fait qu'à chaque occasion on les change. C'est ma façon de voir les choses. Autre réalité, s'il y a des considérations qui passent par la tête des décideurs, puisqu'ils savent que leur signature peut inverser la tendance, ils cherchent les hommes de leur choix comme on a l'habitude de dire en Guinée, ''tel est pour moi, tel autre est contre moi''. Donc c'est au gré des humeurs que souvent les ministres qui arrivent choisissent leur équipe alors que ça ne devrait pas être comme ça. Dans les autres pays le Directeur général est nommé pour 4 ans sous la coupe du Conseil d'Administration. Ce qu'on peut lui reprocher c'est sa gestion. Mais sur la qualité du travail, il rend compte et on l'apprécie à la tâche car il y a des instances de régulation de l'information. Il ne peut pas se permettre de faire des dérapages ou de faire trop d'autocensure. Voilà les raisons qui font que les directeurs se succèdent. Mais normalement, un haut cadre qui a servi à ce niveau ne doit pas être abandonné dans la rue. Ce qui fait mal aujourd'hui c'est parce qu'après leurs fonctions, les cadres guinéens sont jetés dans la rue. C'est dommage.

Sur une radio de la place, vous avez pointé un doigt accusateur sur le cabinet du ministère de la Communication qui serait derrière ces mutations. De quoi ce cabinet vous reprocherait-il ?

Pas un doigt accusateur, mais je dénonce parce que je trouve que cette note de service marque un certain dysfonctionnement dans la gestion des ressources humaines.


Et d'ailleurs, nous sommes tous unanimes que le ministre qui est là ne connaît pas les travailleurs. Son cabinet doit pouvoir lui déposer un document propre qui peut avoir des effets positifs sur la qualité du travail. Je reviens encore sur certaines personnes, si on les dégage de la présentation à la Télévision , dans un environnement concurrentiel où vous voyez des chaînes comme Africable, Canal2 du Cameroun, la RTS , TF1, des grandes chaînes africaines qui sont en train de parfaire l'écran et chez nous, on dégage ceux qui peuvent nous permettre de tenir la concurrence, je crois que c'est dommage. C'est ce que nous récusons dans cette note de service. Sinon, dans la gouvernance, le chef hiérarchique sait ce qu'il fait et ce qu'il veut. Mais il ne faudrait pas qu'on entraine le ministre de la Communication qui a un rôle politique sur un terrain qui peut mettre des taches d'huiles sur la qualité du travail.

Quelles seront les conséquences liées au départ de toutes ces personnes connues par leurs compétences au niveau de la RTG ?

Sinon que nous serons derniers dans la course. Le monde repose aujourd'hui sur la communication et dans tous les pays vous avez remarqué sur les chaînes à grande obédience, c'est les vieux qui font la qualité du travail, qui constituent l'ossature de la chaîne. Ce n'est pas les jeunes. Ils doivent assurer la relève, prendre l'exemple sur les anciens. Mais ici plus on vieillit, plus on est out, alors qu'on a des expériences qu'on peut passer à la nouvelle génération. Si on dégage aujourd'hui ceux qui ont fait une vingtaine d'années d'expérience et qui sont aptes, on les écarte de l'essentiel du travail, cela peut produire des conséquences négatives sur la qualité du travail. Dans le monde concurrentiel, il ne faut pas oublier aussi qu'entre le secteur public et le secteur privé, il y a toujours une certaine concurrence. Même la façon d'aborder les sujets, une grande émission qui aborde la politique, ce n'est pas un jeune qui n'a pas assez d'expériences qui pourra réussir. Le journaliste qui a assez mis du temps à voir les régimes passés, à subir, accepter et apprécier pourra mieux rendre que le nouveau qui a encore le stress du micro ou du plateau.

Il y a quelques mois, des présentateurs vedettes du JT ont été évincés de leurs postes. Certains même sont soupçonnés d'être proches de l'opposition. Est-ce qu'on peut dire aujourd'hui qu'à la RTG les responsables sont choisis par rapport à leur obédience politique ?

Quand cela se produisait, moi, je n'étais plus aux affaires. Comme la note de service l'atteste d'ailleurs, je suis affecté à la RTG Boulbinet et j'ai arrêté d'aller à la RTG Koloma. Et à Koloma que cela s'est passé avec les nouvelles autorités. J'ai appris comme n'importe quel citoyen et j'ai suivi ces personnes sur des chaînes privées. Ceux là mêmes n'ont pas donné les raisons. Donc je ne peux pas faire assez de commentaires là dessus. C'est regrettable quand même si c'est le cas.

L'un des problèmes majeurs à la RTG serait le manque d'équité. On affirme même que cette maison vit sous la tutelle de la présidence de la République. Etant ancien Directeur de la RTG , pourquoi refuserait-on l'accès de toutes les sensibilités de ce pays à ce media de façon équitable, notamment les partis de l'opposition?

Je vous renvois aux textes de loi. La liberté de la presse est prononcée en Guinée. Depuis la libéralisation des ondes, je crois qu'il n'y a pas d'entrave. Il y a eu des ministres comme Hervé Bangoura. Quand il devenait ministre de l'Information, les gens avaient peur parce qu'ils disaient que c'est un policier. Le ministre Zaïnoul Abidine Sanoussy, voilà des ministres qui ont révolutionné le travail à la RTG. Si nous parlons aujourd'hui d'ABD (Paix à son âme), c'est grâce aux bonnes initiatives du ministre Sanoussy qui a donné un poids à la Section culturelle de la RTG. C'est en ce moment que les Jeannot, les Louis Auguste Le roi, les Issa Condé ont donné une couleur à la RTG. Les élèves chômaient pour suivre les émissions culturelles. Si on parle aujourd'hui du courage de Yacine, d'Almamy Laye Soumah (Paix à son âme), Abdourahmane Diallo ''DZ'' (Paix à son âme), de Ben Daouda Sylla et bien d'autres de notre génération, des grands reporters comme Abdoulaye Djibril Diallo qui venait de commencer, si on parle du courage et de la qualité du travail de ces journalistes, on ne pourra mettre cette émergence qu'au compte de Hervé. Chaque cabinet qui vient a sa philosophie. C'est la peur qui fait que souvent on ferme la porte des médias publics sinon la loi autorise les partis politiques à accéder aux médias publics. Quand j'étais DG, j'ai initié des émissions comme « Le plateau de la transition », « Face au peuple », « Face au public », c'est des émissions qui ont tenu et qui ont retenu l'attention des gens. Mais le ministre Aboubacar Sylla a été mal conseillé par ses collaborateurs. D'ailleurs c'est à ce niveau que je ne partage pas souvent les avis avec le cabinet et finalement ces émissions ont été fermées parce que tout simplement on a voulu changer le décor.

Si la RTG n'a pas des moyens pour faire un bon décor, on choisit le cadre de Mouna ou le Cercle de réflexion ''CRAN'' qui peuvent supporter les frais de production pour chaque émission soit un million par programmation. Pourquoi les en empêcher ? Au département, ils ont accusé le CRAN de s'enrichir sur le dos de la RTG à travers le PNUD. Il y a eu même des personnes qui ont été soupçonnées d'avoir l'ambition d'être ministre et il fallait empêcher la diffusion de ces émissions. Le secrétaire général a dit ''niet'' et le ministre a suivi. Voilà comment ces émissions ont disparu et aujourd'hui l'écran ne produit pas si ce n'est que des clips ou quelques rares journalistes qui ont encore le courage de mettre la main à la poche pour produire des émissions.

Votre mot de la fin...

Je demanderai à la corporation de se donner la main. Il ne sert à rien de jeter l'anathème sur les gens. Ce que nous disons est sans passion. Nous voulons le succès des médias guinéens. Qu'on arrête de dire médias d'Etat, c'est des medias de service public. Il faut que les autorités respectent l'esprit des textes de loi. La libéralisation des ondes est un fait et le CNC est l'instance de régulation, il veille sur tous les médias. Et la meilleure manière d'aider le pouvoir est d'accepter le débat. Il ne faut pas donner toute l'opportunité à une seule partie et exclure l'autre.

Propos recueillis Alpha Assia Baldé
Source:Aujourdhui-en-guinee

  Rubrique: Interview  date: 11-Apr-2012 à 16:04:28  Partager:   :

 

 
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