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Sébastien Djéjé, ministre ivoirien de la réconciliation nationale:"Il faut que les guinéens se sente


[IMG1]Lors de sa visite officielle à Genève, nous avons rencontré le ministre ivoirien de la réconciliation nationale, M.Sébastien Dano Djéjé.Dans cet entretien exclusif, il nous livre ses sentiments sur la situation des guinéens en Côte d'ivoire, les accords de paix de Ougadougou, mais aussi son pronostic pour le match Guinée-Côte d'Ivoire en quarts de finales....

Bonjour Monsieur le Ministre, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Peut savoir les raisons de votre visite à Genève ?

Je suis à Genève pour plusieurs raisons. D’abord pour répondre à l’invitation de l’organisation mondiale pour la paix dirigée par Monsieur Carlos Péralta. Ensuite,je suis ici pour parler avec nos compatriotes ivoiriens, leur expliquer que tout va bien aujourd’hui dans le pays et lever leurs craintes, leurs doutes.

Lors de votre conférence tenue, jeudi dernier au centre oeuconomique de Genève, vous avez affirmé que la réconciliation nationale ivoirienne doit tenir compte de la dimension sous régionale de votre pays. Quel message adressez vous aux populations étrangères, en particulier aux guinéens vivant en Côte d’Ivoire ?

Oh en direction des étrangers, je vais dire les choses suivantes. D’abord le guinéen, le malien, le Burkinabé, bref tous ceux qui nous entourent, venant des pays voisins sont pour nous des frères. Ce ne sont même pas des étrangers. Mais comme il faut les désigner par un nom, c’est pour ça qu’on parle d’étrangers sinon ce sont des frères qui habitent de l'autre côté de la ligne tracée par le colonisateur. Donc comme tel, je pense qu’ils sont chez eux en Côte d’Ivoire. Et ils seront chez eux tant qu’ils seront en paix avec nous et tant qu’on sera en paix avec eux.Ca veut dire tout simplement que nous avons un minimum de comportement à avoir les uns vis-à-vis des autres pour mener notre vie moderne, notre vie traditionnelle.

Dans nos sociétés traditionnelles, il y a des manières de vivre qui font que les communautés vivent toujours en paix. Ce sont ces manières de vivre là que nous devons rechercher aujourd’hui. Parce que la crise ayant passée par là, c’est quelque peu difficile de voir nos communautés vivent aujourd'hui comme avant. Et c’est cette harmonie là que nous recherchons aujourd’hui. Donc les guinéens, et nous même sont des peuples forestiers, nous avons des cultures en commun, nous avons beaucoup de choses en commun. Et je souhaite que cette façon de vivre là continue le plus longtemps possible, mais qu’aucun ne soit effrayé aujourd’hui.

C’est vrai que la Côte d’Ivoire a connu une crise, mais est-ce qu’il existe une nation qui n’ai pas connu de crise ? Nous devons donc prendre cela comme base pour rebondir et corriger éventuellement nos erreurs. Il faut que les guinéens se sentent chez eux en Côte d’Ivoire pourvu que dans notre pays, ils soient en mesure de séparer la mauvaise graine de la bonne graine et qu’ils se fassent eux même une opinion par rapport à ceux que les autres disent, ce qu’ils vivent en Côte d’Ivoire. Je sais que beaucoup de guinéens qui vivent dans notre pays, disent du bien sur la Côte d’Ivoire et sur les ivoiriens. C’est ça qu’on retient et qu’on doit perpétuer.

Le problème de l’ivoirité est au centre de la crise ivoirienne. Avez vous des solutions par rapport à ce problème, à la veille des élections présidentielles dans votre pays ?

En fait beaucoup de personnes, y compris les journalistes africains parlent d’ivoirité. Nous en Côte d’Ivoire, quand on parle d’ivoirité, on ne sait pas à quoi ça ressemble. Les gens mélangent beaucoup de choses et ils assimilent l’ivoirité à des problèmes d’identification, des problèmes d’exclusion. Beaucoup pensent que la crise ivoirienne est due à l’ivoirité. Mais ça dépend du contenu qu’ils donnent à l’ivoirité.

Personnellement, en tant qu’intellectuel, le contenu que je donne à l’ivoirité est que c’est la manière de vivre ivoirienne, c’est la culture ivoirienne en quelque sorte. Evidemment, cela a été dénaturé pour des raisons politiques. Mais il faut que les gens retiennent que la Côte d’Ivoire aujourd’hui, ce qui nous est arrivé dans ce pays ne peut pas se résumer à l’ivoirité.Ca n’a pas de sens. Ce qui est arrivé à la Côte d’Ivoire, c’est qu’à un moment donné, des personnalités politiques se sont senties exclues.

Aujourd’hui, on parle même d’identification pour dire que cette crise aujourd’hui est liée au manque d’identité. Tout simplement, parce que ces gens estiment qu’ils n’avaient pas de pièces d’identité. Aujourd’hui nous pensons que sur la base des accords de Ouagadougou, ce problème là est réglé. Le gouvernement ivoirien a fait des audiences foraines pour donner des identités ou des jugements supplétifs aux citoyens. Et que ces citoyens vont à leur tour établir leur certificat national d’identité. Je pense que le problème devrait être réglé. Donc si le débat sur l’ivoirité était le problème, la solution est maintenant trouvée. Il faut donc abandonner cette vision identitaire que les gens utilisent pour empoisonner l’atmosphère ivoirienne.

C’est vrai qu’il y a des problèmes politiques en Côte d’Ivoire, mais des problèmes politiques , il y en a partout !Mais il ne faudrait pas qu’on s’appuie sur des communautés, sur des religions, sur des tribus, pour faire la politique. Cela n’est pas bon pour l’Afrique. Parce que notre continent est miné par les tribus. L’Afrique est minée par des communautés et il suffit donc qu’on s’appuie dessus pour créer beaucoup de désordre. On voit actuellement ce qui se passe au Kenya où il y a eu des élections et semblent ils se sont mal passées et vous entendez partout dans les médias qu’il y a des massacres inter communautaires, des conflits ethniques. Ce n’est pas bon pour l’Afrique. Donc tout ce qui concerne l’identité, l’ethnie, je souhaite que les ivoiriens mettent ça de côté et qu’ils parlent des vrais problèmes liés au développement, de démocratie dans notre pays. C’est vrai que la démocratie nous vient de l’extérieure mais comme elle est universelle et que les ivoiriens ou africains sont allés aussi à l’école, ils sont en mesure d’accepter la démocratie universelle à leur environnement.

Les africains doivent œuvrer aujourd’hui pour que la démocratie soit une réalité sur le continent tout comme le développement. Les débats religieux, ethniques ou identitaires nous ramènent en arrière, ce sont des débats inutiles.

Après la signature des accords de Ouagadougou, peut on parler d’un retour à une paix durable en Côte d’Ivoire ?

Oui pour la simple raison que depuis le 4 mars 2007, date de la signature des accords de Ouagadougou sur l’initiative du Président de la République ivoirienne, avec l’acceptation du secrétaire général des forces nouvelles, l’actuel premier ministre M.Guillaume Soro ainsi que l’appui du Président Compaoré, ont peut dire que la Côte d’Ivoire est engagée dans un processus de sortie de crise pour une paix durable.

Pourquoi ?Parce que pendant quatre ou cinq années, on nous a imposé des solutions de paix, mais ça n’a pas marché car c’était des solutions imposées de l’extérieur qui prenaient pas en compte de notre environnement, du contexte même et du moment. Donc nous avons décelé tout cela, et aujourd’hui il est question qu’on applique ce que les ivoiriens ont demandé . C’est donc toute la population ivoirienne qui s'est engagée dans le processus et je suis sûr que ça réussira. C’est d’ailleurs déjà entrain de réussir car toute la population veut que la paix soit une réalité. Donc nous sommes engagé pour l’avènement d’une paix durable.

Aujourd’hui, un de vos pays voisins, la Guinée traverse une période difficile. Quelles sont vos relations avec le gouvernement guinéen ?

Les relations qu’on a avec le gouvernement guinéen sont les mêmes qu’on a avec les autres pays du monde et en particulier tous les pays voisins. Tous ces pays comptent pour nous. La Côte d’Ivoire ne peut pas se développer toute seule. Et la Côte d’Ivoire doit compter sur l’apport des autres communautés. C’est pour ca que nos rapports avec la Guinée sont très bons. D’autant plus que l’actuel premier ministre Lansana Kouyaté était à Abidjan.

Avec le Président Conté nos rapports sont aussi bons tout comme le Premier ministre qui est un enfant d’Abidjan, et ce dans l’intérêt de nos populations respectives. L’exemple est valable pour tous les pays voisins. Nos dirigeants se connaissent, nos intellectuels aussi, donc entre nos pays, il ne devrait pays y avoir de problèmes. Si on a fait les même écoles, on a jouer ensemble dans la vie de tous les jours et qu’on arrivent aujourd’hui à la tête de nos différents pays, nos rapports ne peuvent être qu’être rapprochés, fraternels et amicaux. Donc avec la Guinée tout se passe bien et je souhaite que cela dure le plus longtemps possible.

En tant qu’acteur clé de la réconciliation nationale ivoirienne, quelles solutions préconisez vous pour une sortie de crise en Guinée ?

Euh je n’ai pas de solutions à préconiser pour la Guinée. Je ne peux que prier pour la Guinée. Parce que la Guinée est dirigée par de personnes sages, donc je ne peux que prier pour la Guinée arrive à trouver les solutions à ses problèmes. Parce que tous les pays du monde ont des problèmes, mais il nous appartient de trouver les nôtres. La Côte d’Ivoire a traversé une crise et la Guinée a prié pour notre pays.

Aujourd’hui, si la Guinée a une crise, ce que je ne crois pas pour l’instant, parce qu’il y a eu des crises à un moment donné mais aujourd’hui tout semble se passer bien. Donc ce que je peux souhaiter, c’est que Dieu continue d’inspirer les dirigeants et le peuple de Guinée pour que nos deux pays soient en paix et qu’on avance vers le développement.

Actuellement c’est la Coupe d’Afrique des Nations et le syli national de Guinée va rencontrer les éléphants de Côte d’ivoire en quarts de finales .Quels sont vos pronostics pour le match Guinée-Côte d’Ivoire ?

Ah mais, cher ami, on va gagner contre la Guinée (rires).Entre la Guinée et la Côte d'Ivoire,ce sera un match fraternel mais mon pronostic est tout trouvé car nous sommes la meilleure équipe aujourd’hui sur le continent. Vous avez vu nos matchs contre le Bénin et le Nigeria au premier tour. Si on trouve d’autres frères sur notre route, on leur dit qu’on continue car nous on veut continuer hein !(rires).

En tout cas on va jouer fraternellement, parce que la Guinée aussi est un pays de grands footballeurs de grands artistes. Nous avons connu la Guinée comme une grande nation de football, mais je souhaite qu’on gagne ou disons que le meilleur gagne !

Votre dernier mot pour les lecteurs d’Africaguinee.com ?

Le mot de la fin serait de dire que la Côte d’Ivoire a traversé une période très difficile. On n’avait jamais imaginé que notre pays tomberait dans une telle situation. Cela veut dire qu’aucun pays au monde n’est à l’abri de ce que nous avons connu. Donc il appartient aux africains d’en avoir suffisamment conscience pour que dès que les crises commencent à naître, on cherche à les régler tout de suite. Pour ne pas que cela en pire comme ça été le cas en Côte d’Ivoire.

Aujourd’hui Dieu merci, la Côte d’Ivoire est prise en exemple sur la base du contact que le Président Gbagbo a pris avec son actuel premier ministre Guillaume Soro pour parvenir à un accord, qui est devenu un modèle dans notre pays. Ce principe qui consiste à dire qu’il est possible de régler nos problèmes entre nous même, entre frères, entre africains, doit est partagé par toute l’Afrique. Il n’y a qu’à ce prix pour espérer construire nos nations d’abord, et un continent par la suite.

Si nous sommes capables de régler nos problèmes, personne ne viendra nous embrouiller dans la marche vers le développement. Donc c’est cet exemple que les africains doivent partager. L’appel que je lance est que l’Afrique n’est pas perdue, l’Afrique n’est pas condamnée. L’Afrique peut s’en sortir à la seule condition que nous soyons capables de régler nos différents entre nous même, que nous soyons capables de développer nos pays sur des modèles que nous avons tracé nous-mêmes ; et sur le modèle que l’Afrique aura tracé lorsqu’on se retrouvera pour des concertations .

Aujourd’hui la preuve en est que nos pays se retrouvent dans les organisations sous-régionales. L’Afrique est une force, mais les africains l’ignorent encore. Il faut que les africains le comprennent et qu’ils se donnent la main pour construire un continent sur qui le monde peut compter demain…

Propos recueillis par Mamadou Kaba Souaré
Depuis Genève-Suisse
Pour Africaguinee.com


  Rubrique: Interview  date: 30-Jan-2008 à 14:25:10  Partager:   :

 

 
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