
Militante des droits de l’Homme, spécialiste de la question du Sahara, Yasmine Hasnaoui invite les Etats Africains à se pencher sur le conflit du Sahara.Dans la région arabo sahélienne, le refroidissement des relations entre le Maroc et l'Algérie à cause du conflit du Sahara est une impasse pour la diplomatie africaine.Dans cet entretien, Mme Hasnaoui explique également la situation des populations saharaouies qui vivent dans les camps de Tindouf...
Africaguinee.com: Vous avez participé à la dernière session du conseil des droits de l’Homme.Avez vous obtenu des résultats concernant les personnes qui vivent dans les camps de Tindouf ?
Yasmine Hasnaoui:Ce qui est positif, c'est d'abord le fait que notre voix a été entendue, ceux qui dénoncent les violations des droits de l’Homme à Tindouf ont été entendus à Genève.Nous avons évoqué lors de cette session des cas de violations, parce que le conflit du Sahara n’est pas très médiatisé comme celui de la Palestine.Personnellement, j’ai évoqué le fait qu’un grand nombre d’organisations internationales utilisent le terme d’autodétermination qui est un terme manipulé par le front polisario pour défendre des cas inexistants et qui porte atteinte à la souveraineté d’un pays.Le Maroc a proposé un plan d’autonomie qui est reconnu comme crédible au niveau international, qui permet aux habitants du sahara marocain de jouir leurs droits.
Africaguinee.com: Pourquoi selon vous, le droit à l’autodétermination réclamé par le Polisario n’est pas réaliste ?
C’est parce qu’il est basé sur des idéologies qui appartiennent au passé.Quand on veut demander l’indépendance d’un pays, il faut regarder l’histoire.Dans les textes internationaux, on ne parle pas de colonisation, mais plutôt de réintégration après le départ de l’occupant espagnol.Le Front polisario a été formé pour lutter contre le colonisateur espagnol, mais après il s’est retourné contre le Maroc.
Dans le cadre de vos activités, avez-vous des résultats concrets pour le cas de Tindouf ?
Effectivement, j’ai travaillé avec des ONG comme Amnesty International pour faire des présentations au niveau académique dans des universités américaines pour dénoncer les violations des droits de l’Homme à Tindouf.Aux Etats-unis, on pense qu’il y a une guerre au Maroc, alors que ce n’est pas le cas !Donc notre but, c’est de contrecarrer ces fausses informations et rappeler les progrès enregistrés par le Maroc notamment la nouvelle constitution qui donne des droits aux saharouis qui vivent dans les provinces du sud.
Africaguinee.com: Le Maroc vient de se doter d’un nouveau gouvernement.Est ce que, selon vous, l’adoption d’une nouvelle constitution est un signe positif dans le cadre du rétablissement des liens entre le Maroc et l’Algérie ?
C’est un signe positif.Parce que la nouvelle constitution ouvre de nouvelles portes pour le conflit au Sahara avec la reconnaissance de la régionalisation.Aujourd’hui, chaque région va gérer ses propres affaires.Mais il faut que l’Algérie aussi fasse un pas vers la résolution de ce conflit.
Les négociations de Manhasset se sont soldées une nouvelle fois par un échec.Comment voyez vous l’avenir, avec ce conflit au Sahara ?
Je pense que l’Algérie doit accepter le recencement des populations de Tindouf.Le ministre des affaires étrangères marocain s’est rendu dernièrement à Alger mais les autorités algériennes ont précisé que le dossier du Sahara se trouve dans les mains du conseil de sécurité.Alors dans ce cas, je pense qu’il faut alors laisser le conseil de sécurité gérer ce dossier sans que l’Algérie crée des obstacles.Nous espérons que le gouvernement algérien va ouvrir les camps de Tindouf pour laisser librement ses populations saharaouies choisir leur destin.Ce sont des camps de la honte et l’Algérie refuse pour l’instant d’ouvrir ces camps.
Pour terminer avez-vous un message pour les Etats africains pour trouver une issue à ce conflit du Sahara ?
Avec la tombée du régime de Kadhafi, les choses ont changé.Ce régime finançait le Polisario et actuellement des Etats de l’Union Africaine ont invité le Maroc à réintégrer cette institution africaine.Mais je pense qu’une résolution ferme doit être adoptée pour mettre fin à toute reconnaissance du Polisario.
Ismael Barry
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 03-Apr-2012 à 10:26:43  Partager:   :  |