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26 mars: Des victimes dénoncent le régime du président Sékou Touré





CONAKRY-28 ans après la mort de l'ancien président Ahmed Sékou Touré, l'association des parents des victimes du camp boiro continuent de dénoncer l'héritage de ce régime.Dans une déclaration, ils rappellent les périodes sombres de l'ancien régime...

Déclaration de l'Association des parents des victimes du camp Boiro à l'occasion du 28e anniversaire du décès du président Ahmed Sékou Touré

26 mars 2012, il y a 28 ans, jour pour jour, que le premier président guinéen, Sékou Touré, est mort. Sous son règne, la Guinée, soumise à une dictature familiale implacable, connut les pages les plus sombres de son histoire dont les séquelles, près de trois décennies après, restent profondes sur les mentalités et empêchent tout progrès collectif. Cependant, les héritiers de Sékou Touré vont encore s’escrimer à présenter le tyran comme un héros national immaculé. Mais la vérité doit être dite et répétée par d’autres afin que les jeunes générations soient protégées contre tout révisionnisme.

Chaque année, le 26 mars, le Parti démocratique de Guinée (PDG), ou ce qu’il en reste, célèbre la mort de Sékou Touré. A cette occasion, les responsables de ce parti, qui n’existe plus que de nom, se démènent comme des lutins pour présenter le tyran décrié sous un jour favorable.

Mais les faits sont sacrés et les commentaires libres. Ce que Sékou Touré fut et fit pendant 26 longues années dans ce pays ne peut être occulté ni révisé par une quelconque rhétorique. C’est aux fruits qu’on juge l’arbre. Le destin a fait de Sékou Touré soit le premier président de la Guinée indépendante. A ce titre, si son œuvre avait été bonne, la Guinée dont il a conduit les premiers pas n’en serait pas à se chercher encore cinquante quatre ans après son accession à la souveraineté nationale.

Justement, les héritiers du parti-Etat se gargarisent volontiers de cette fameuse souveraineté guinéenne sous ses multiples aspects. Après le clash du 28 septembre 1958 entre de Gaulle et Sékou Touré, la métropole française avait abandonné la Guinée à son sort, ou plutôt à celui que son tribun avait choisi pour elle.

Aussi fallait-il que le jeune pays se dotât de tous les emblèmes de souveraineté, notamment d’une monnaie nationale, affranchie de la tutelle métropolitaine. Cette œuvre capitale fut certes accomplie sous la direction du président Sékou Touré, mais ce sont des technocrates guinéens chevronnés qui en furent à la fois les instigateurs et les artisans.

Ils créèrent le franc guinéen pour remplacer le franc CFA, qui était garanti par le Trésor français, et lui assurèrent une stabilité interne à toute épreuve. Mais quelle récompense Sékou Touré donna-t-il à ces héros ? Trois des quatre gouverneurs de la Banque centrale que le pays connut de 1960 à 1970 furent emportés par les purges du parti-Etat, le PDG. Baldet Ousmane (1960-1963) fut pendu publiquement. Elhadj Mahmoudou Fofana (1963-1969) fut incarcéré pendant neuf ans au camp Boiro. Balla Camara (1969-1970), un des artisans de l’administration guinéenne, fut fusillé sommairement.

Un des thèmes annoncés du symposium de cette année est la souveraineté de la monnaie nationale. Pourquoi associer cette souveraineté à l’anniversaire de la mort de Sékou Touré et non au 1er mars 1960, date de la création du franc guinéen ? Outre l’idolâtrie qui sous-tend cet amalgame, il y a une manipulation sous-jacente qui vise à mystifier les jeunes générations et à leur faire croire que toute bonne œuvre dans ce pays fut accomplie par le tyran défunt. C’est aussi une manière de voiler son côté sombre et cruel.

Sous le PDG la Guinée a certes eu sa souveraineté monétaire, mais elle a également connu les fosses communes, sépultures anonymes et affreuses de tant de valeureux patriotes ! Quel rapport les responsables actuels et les nostalgiques du PDG peuvent établir entre ces deux réalités ?

Un autre paradoxe du symposium de cette année est la soirée culturelle projetée pour célébrer la création de la JRDA (Jeunesse de la révolution démocratique africaine). Or, un des tout premiers responsables de la JRDA, Tibou Tounkara, a fini dans une fosse commune.

A ce symposium sont invités les compagnons de l’indépendance encore en vie. Pourtant Sékou Touré les avait tous trahis, et avec eux la Guinée toute entière, au profit de son ego surdimensionné et de sa seule famille. Jusqu’à sa mort, aucun compagnon de l’indépendance n’a eu le prestige ni le poids d’Ismaël Touré ou de Siaka Touré dans la gestion des affaires nationales.

Ces deux là menaient le pays d’une main de fer, distribuaient les privilèges à qui ils voulaient et éliminaient toute personne qui leur portait ombrage. Ils ont privé la Guinée des élites dont elle avait besoin pour progresser, en les éliminant par vagues ou en les contraignant à l’exil, pour ceux qui avaient su anticiper leurs cyniques desseins et pu traverser, au péril de leurs vies, les frontières terrestres qui constituaient un véritable rideau de fer autour du pays.

Les maux dont souffre la Guinée et qui plombent durablement son devenir trouvent sans conteste leurs racines dans le régime de Sékou Touré. Le président Alpha Condé a dit qu’il a hérité d’un pays mais pas d’un Etat. Cette situation est une séquelle de l’ancien régime : le Parti était au dessus de l’Etat et la famille présidentielle au dessus du Parti. Les conséquences après la mort du tyran et une brusque liberté collective et individuelle inespérément retrouvée se traduisirent par un refuge général aux antipodes : l’anarchie administrative, la gabegie et leurs corollaires.

Rien n’était ancré ni profond dans le régime de Sékou Touré. Tout reposait sur la démagogie, la tromperie et la duplicité. Le peuple était constamment dupé. Sékou parlait de pouvoir du peuple alors que le pouvoir était fortement centralisé. Il disait aimer son peuple mais le soumettait à la terreur. Il avait traité les Guinéens comme des enfants dénués de libre arbitre ; et tous sont devenus, après lui, des enfants terribles pour leur nation (pour ne pas dire des enfants tarés, pour la plupart !).

Certes les nombreuses familles victimes du régime révolutionnaire doivent savoir pardonner, tourner la page et la déchirer afin que la Guinée se libère enfin de la fatalité et se projette dans l’avenir sous de meilleurs auspices. Mais la réconciliation nationale doit passer par la vérité (au moins !).

C’est une condition à minima. Si (comme ils vont certainement le faire) les responsables actuels du PDG veulent prêcher valablement la réconciliation nationale ce 26 mars 2012, ils devront d’abord proclamer solennellement le mérite et l’innocence de ces centaines et milliers de Guinéens sacrifiés par le Parti-Etat et ensuite demander publiquement pardon à leurs familles mais également à la pauvre Guinée qui en a le plus pâti.

Si par contre, ils se mettent cyniquement à chanter les louanges de Sékou Touré, la réconciliation nationale ne serait qu’un vain mot dans leur bouche, car ils ne feront qu’exacerber les rancœurs.

La rédemption de la Guinée vaut mieux que le destin glorieux d’un homme ».

Le bureau de L AVCB

Mohamed Sylla


Africaguinee.com

  Rubrique: Politique  date: 26-Mar-2012 à 18:27:30  Partager:   :

 

 
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