
CONAKRY-Réunis hier avec leurs collègues de l'opposition, Sidya Touré et Aboubacar Sylla ne cachent pas leur déception suite aux conclusions du rapport final sur le dialogue entre entre les acteurs politiques.Voici leurs réactions...
Sidya Touré de l'Union des Forces Républicaines
Nous avons examiné ce document et ce qu’on peut vous dire de la manière la plus claire et la plus nette c’est que ce n’est qu’un document qui retrace les constats des désaccords et d’échec des discussions puisque nous n’avons pas pu obtenir d’accord général sur les deux questions ou les trois questions essentielles qui faisaient l’objet de notre lutte. Quand vous voulez aller aux élections, deux éléments sont essentiels, le premier élément c’est le corps électoral, quels sont les électeurs ? Comment disposent-ils de cartes d’électeurs ? Qui leurs donne les cartes d’électeurs ? Combien sont-ils ? Où est ce qu’on va leurs trouver ? Et quand vous répondez à ces questions, il y a la deuxième question qui arrive, qui est-ce qui s’occupe de tout cela ? Donc les deux questions essentielles c’est le fichier électoral et la CENI. Mais nous n’avons obtenu aucun accord sur ces deux questions essentielles, le reste n’est que de l’habillage. Ces questions n’étant pas résolus, nous constatons aujourd’hui qu’il y a eu un échec des discussions que nous avons eu.
L’opposition s’est réunie aujourd’hui, l’ADP et le Collectif, nous avons tiré les conclusions de tout cela, nous ne sont pas en accord avec ce qui s’est passé et nous estimons que nous allons prendre des dispositions nécessaires pour le faire savoir très rapidement.
Le troisième point c’est le problème des délégations spéciales, soyons sérieux, nous avons eu des élections, on a eu des élus locaux, on a eu des maires, on se lève et on les fait remplacer par des militants du parti gouvernemental sans que cela ne soit jamais passé en justice ? Moi je prends toujours l’exemple sur ma circonscription, à Boffa, où on a eu 110 mille électeurs, 52 mille votants au premier tour, je suis premier avec 36 mille voix, après c’est Kouyaté, après c’est Cellou, après c’est la NGR (Nouvelle Génération pour la République du leader Ibrahima Abe Sylla Ndlr) le RPG (parti au pouvoir Ndlr) a eu 616 voix, aujourd’hui ce sont eux qui sont responsables et de la mairie et de l’ensemble des collectivités, comment voulez-vous que ça soit la manière dont on doit aborder le processus électoral ? Donc nous n’accepterons pas cela et nous le dénonçons avec force mais nous nous préparons également à faire en sorte que la communauté nationale et internationale sache très bien que nous ne sommes pas en accords avec cela et que nous n’allons pas laisser faire des élections de cette manière là . Donc très bientôt nous allons vous donner le programme de nos meetings, de nos manifestations et de la caravane que nous préparons à l’intérieur du pays.
Aboubacar Sylla de l'Union des forces du changement

L’objet de la réunion c’était de passer en revue les conclusions et les résultats de ce dialogue et d’examiner donc la réussite ou l’échec de cet exercice auquel on s’est livré ces dernières semaines, nous sommes arrivés à la conclusion en écoutant les comptes rendus de nos représentants au sein de ce dialogue et en examinant le document qui fait office de relevé des conclusions de ce dialogue, nous sommes donc arrivé à la conclusion que ce dialogue a été un échec, il a été un échec total dans la mesure où les points essentiels qui avaient motivé l’organisation de ce dialogue n’ont pas pu faire l’objet de consensus, l’essentiel des points, comme vous le savez c’est la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante Ndlr) et le fichier car tout ce débat, tout ce dialogue, toutes ces concertations avaient pour objectif de définir de façon consensuelle un corps électoral bien précis pour ces élections et à côté un organe consensuel qui puisse organiser ces élections de façon non controversée. Nous sommes arrivés à la conclusion que la volonté politique fait défaut du côté du pouvoir et nos arguments avaient beau être pertinents, ils avaient beau être adossés sur des dispositions légales et réglementaires, ces arguments n’ont pas été pris en compte, donc nos revendications essentielles que nous avions présentées et pour lesquelles nous avions toutes les justifications sur tous les plans, ces revendications n’ont pas été prises en compte parce que tout simplement le gouvernement, le pouvoir et la CENI veulent continuer leur fuite en avant et continuer à gérer de façon unilatérale ce processus électoral.
Sur « l’échec » du dialogue politique
Notre première réaction sera bien sûre de faire une déclaration dès demain pour formaliser cette position que je viens de vous exprimer, expliquer à l’opinion nationale et à la communauté internationale que nous ne sommes pas du tout en accord avec le pouvoir dans le cadre de l’organisation des élections et que ce dialogue sur lequel nous avions fondé beaucoup d’espoirs au départ a accouché d’une souris car même les quelques questions qui ont pu faire l’objet de consensus, ce sont en fait des déclarations d’intentions que nous avons reçues de la part des autorités et rien ne nous prouve que ces points vont faire l’objet d’une application stricte de la part du pouvoir. Quand on parle de la liberté des activités politiques sur le territoire national, quand on parle de l’accès aux médias du service public par toutes les sensibilités politiques, quand on parle de la neutralité de l’administration, nous attendons à ce que même ces points d’accords soient violés comme à l’accoutumé par le pouvoir d’autant que toutes ces questions n’ont pas fait l’objet d’une formalisation par des textes qui soient réglementaires ou légaux.
Propos receuillis par SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 24-Feb-2012 à 15:12:17  Partager:   :  |