
STRASBOURG-Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté hier la demande d’un étudiant guinéen qui contestait un arrêté préfectoral lui enjoignant de quitter le territoire français et le plaçant en centre de rétention.
Étudiant en licence de physique, après avoir obtenu un deug de mathématiques, le jeune homme, après des débuts d’études difficiles, dus à des problèmes de langue, avait trouvé sa voie après une réorientation de la faculté de mathématiques vers celle de physique, selon l’Université de Strasbourg (UdS). Une forte délégation de soutien à l’étudiant avait d’ailleurs envahi la salle d’audience du tribunal pour assister au débat.
Le caractère sérieux des études pas avéré
Pour la préfecture, le caractère sérieux des études du jeune homme n’était pas avéré, celui-ci étant arrivé en France en 2003. Son avocate a tenté de plaider un vice de forme qui n’a pas été retenu par le tribunal. Et de nombreux universitaires, dont le président de l’UdS (lire ci-dessous), ont témoigné en faveur de l’étudiant.
Pascal Maillard, professeur agrégé en lettres à l’UdS et membre de son conseil d’administration, avait ainsi apporté le texte d’une motion adoptée par l’université le 31 janvier dernier. L’UdS y rappelle, entre autres, qu’elle accueille « un très grand nombre d’étudiants étrangers » qui « contribuent à l’enrichissement et au rayonnement international de l’université ». « Trois motions ont été prises en deux ans, relève Pascal Maillard, car nous avons eu connaissance de 26 cas d’expulsions d’étudiants étrangers en deux ans. Et le rythme s’accélère depuis quelques mois, avec deux expulsions par semaine. C’est catastrophique ! »
Licenciée par son employeur
L’UdS demande aussi l’abrogation de la circulaire Guéant qui restreint le nombre d’autorisation de travailler délivré aux étudiants étrangers quand ils ont fini leurs études.
L’an dernier, une Sénégalaise s’est vue ainsi refuser un titre de séjour sept mois après sa demande, alors qu’elle venait d’obtenir son master de mathématiques à Strasbourg, diplôme qu’elle a financé elle-même en travaillant à côté de ses études. Elle avait été recrutée après son diplôme à Paris en CDI par une grande compagnie d’assurances. Suite au refus, elle s’est retrouvée clandestine et a été licenciée. Sa demande valant renoncement de son titre étudiant, elle ne peut pas poursuivre des études en s’inscrivant en thèse par exemple…
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  Rubrique: Diaspora Guinéenne  date: 14-Feb-2012 à 10:48:29  Partager:   :  |