
BRUXELLES-Invitée de Mise au Point, Maggie De Block, la secrétaire d'État à l'Asile et à l'Immigration, a estimé que les mesures temporaires prises dans le cadre du plan d'urgence ne signifient en rien qu'il faille créer de nouvelles places d'accueil pour les demandeurs d'asile. Sa recette pour plus d'efficacité dans ce dossier? Combattre les abus, raccourcir les procédures, contrôler les flux et organiser les retours.
"Tous les gens qui ont demandé un lit, en ont reçu un". Personne n’aurait donc passé la nuit dehors (contre sa volonté) depuis le déclenchement du plan d'urgence lié à la vague de froid, affirme Maggie De Block.
Et lorsqu'on fait remarquer à la secrétaire d'Etat qu'il s'agit là de mesures éminemment provisoires et non structurelles, cette dernière rétorque qu'il ne faut "pas confondre les places d’accueil supplémentaires pour les mesures d'urgence pour l’hiver (qui sont créées pour accueillir tous les ans-abri, ndlr) et les places d’accueil structurelle" destinées aux seuls demandeurs d'asiles.
"Pour les conditions d’hiver ce sont des places temporaires et d’urgences. Et on en a créées beaucoup", explique Maggie De Block, sans donner de chiffre.
L'élue Open VLD rappelle également qu'elle est entrée en fonction il y a moins de deux mois, seulement, ce qui lui laissait peu de temps pour solutionner des problèmes préexistants.
"Le gouvernement précédent a créé une cellule de crise depuis le 16 novembre, avant mon entrée en fonction. J’ai commencé le 6 décembre et depuis la cellule s’est déjà réunie quatre fois", précise Maggie De Block. "Mais on n’a pas encore eu de solution suffisante", concède-t-elle, expliquant que c'est notamment pour cela qu'a été prise l'initiative d’ouvrir la caserne de Beauvechain à l'accueil de personnes n'ayant pas de lieu d'accueil.
Combattre les abus, raccourcir les procédures, contrôler les flux, organiser les retours
Mais s'il est important de répondre à la crise du froid, la libérale flamande n'en dévie pas pour autant de sa ligne de départ concernant le dossier des demandeurs d'asiles. Il ne faut surtout pas créer de places permanentes supplémentaires pour les candidats réfugiés, selon elle. "On va prendre d’autres mesures", stipule Maggie De Block, pour qui créer de nouvelles places d'accueil ne serait "pas efficace".
Pour atteindre cette efficacité, elle estime qu'il faut "contrôler le flux, raccourcir les procédures et organiser plus de retours pour les réfugiés qui ont été refusés".
Autrement dit, il faut tout faire en sorte pour diminuer le nombre de demandeurs d'asile présents sur le territoire: des procédures plus courtes pour que les candidats déboutés in fine restent moins longtemps en Belgique ("il y a trop de gens qui n’ont pas droit à l’asile mais ils restent ici car ils continuent des procédures et des procédures"), contrôler les flux pour ne plus laisser entrer autant de candidats qu'aujourd'hui et organiser les retours pour que les candidats déboutés ne demeurent pas dans le pays une fois leur demande refusée.
S'il y a moins de candidats, il n'y a effectivement mathématiquement plus besoin de créer de places supplémentaires pour les accueillir.
"Il faut respecter les lois et les règles" et "combattre les abus", martèle la secrétaire d'Etat. "Il n'y a que 23% des demandes" qui aboutissent sur un avis positif, précise encore cette dernière.
"Il me faut du budget supplémentaire"
En vue du contrôle budgétaire de février, Maggie De Block a annoncé qu'elle demanderait des moyens supplémentaires.
Combien? "Assez", répond-elle sur un ton malicieux. "Cela a été chiffré", note-t-elle, "je ne demanderai pas un euro de plus et pas un euro de moins". "Il me faut ce budget pour pouvoir prendre des mesures structurelles", conclut l'invitée de Mise au Point.
Julien Vlassenbroek
RTBF |
  Rubrique: Diaspora Guinéenne  date: 06-Feb-2012 à 09:08:23  Partager:   :  |