[IMG1]Plusieurs organisations de la diaspora guinéenne ont apporté lundi à Paris leur soutien au Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, accusant le président Lansana Conté d’avoir remis en cause l’accord tripartite de sortie de crise signée en février 2007.
"Je savais que l’attelage avec Lansana Conté ne tiendrait pas longtemps. Il a habilement joué avec la classe politique, particulièrement avec les syndicats en faisant croire qu’il favoriserait le changement en Guinée. On découvre aujourd’hui qu’il n'en est rien", a déclaré à la PANA Lanciné Camara, président de l’Association des ressortissants guinéens à l’étranger (AGRE).
La Guinée connaît depuis jeudi une nouvelle crise politique engendrée par le limogeage du ministre de la Communication et NTI, porte-parole du gouvernement, Justin Morel Junior par le président Conté sans concertation préalable avec le PM, chef du gouvernement.
Jugeant inadmissible le limogeage de M. Morel Junior, un fidèle Lansana Kouyaté, les principales centrales syndicales ont appelé à une grève générale illimitée à partir de jeudi 10 janvier.
"Il est tout à fait normal que la société civile bouge pour défendre les acquis de la lutte de 2007. Le président Conté est responsable de la crise actuelle. Nous le tenons également pour responsable de tout ce qui arrivera", a déclaré Sorel Keïta, porte-parole du Réseau Guinée-Nouvelle, une ONG qui souhaite "changer 50 ans de mœurs politique en Guinée".
Partageant l’appréciation de la crise faite par les autres organisations de la diaspora, le Mouvement des jeunes Guinéens de France (MJGF) lie la nouvelle crise politique en Guinée à l’impunité dont ont bénéficié les auteurs des "tueries" de janvier et février 2007.
"L’accord de 2007 prévoyait la création d’une Commission d’enquête pour identifier et déférer devant la justice les auteurs des tueries de 2007 qui ont fait près plus de 150 morts. Cet aspect de l’accord n’a pas été respecté. Pour nous, cette impunité a conforté le camp de ceux qui ne veulent aucun changement", a dit Cheikh Amadou Seck, président du MJGF.
Anticipant sur une éventuelle dégradation de la situation à Conakry, Lanciné Camara a appelé l’armée guinéenne à demeurer "républicaine" et à ne pas tirer sur "d’autres Guinéens".
"Nous appelons solennellement l’armée guinéenne à ne pas commettre les mêmes erreurs et les mêmes crimes qu’en 2007, année où plus de 200 familles guinéennes ont été endeuillées. Le pays a d’autres urgences aujourd’hui", a-t-il estimé.
Partie d’un décret signé par le président Conté le 5 décembre dernier, qui transfère une partie des prérogatives du PM au secrétaire général du gouvernement, la crise politique en Guinée est montée d’un cran supplémentaire jeudi avec le limogeage de M. Morel Junior et son remplacement par Issa Condé, directeur de l’Agence guinéenne de presse (AGP, gouvernementale).
Un accord gouvernement-syndicat-patronat conclu sous l’égide de la CEDEAO avait permis à la Guinée de sortir de la grave crise politique de 2007, rappelle-t-on.
En vertu de cet accord, un PM de consensus, exerçant l’essentiel des pouvoirs exécutifs, avait été choisi alors que le président Lansana Conté, au pouvoir depuis 1984, était maintenu à son poste.
Africaguinee.com
Source:PANAPRESS
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  Rubrique: Politique  date: 07-Jan-2008 à 19:17:50  Partager:   :  |