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Révélations: "Le Capitaine Dadis Camara est mis sous pression par le pouvoir d'Alpha Condé...", accu

CONAKRY-L'Union guinéenne pour la démocratie et le développment vient d'accuser le pouvoir du président Alpha Condé d'exercer une pression sur l'ancien chef de la junte, Capitaine Moussa Dadis Camara.Selon le secrétaire général par interim de ce parti, Holomo Koni Kourouma, la Guinée doit assumer l'héritage de la junte tout en se projetant vers l'avenir.Dans cet entretien exclusif qu'il nous a accordé, M. Kourouma dresse également un bilan peu flatteur de la gouvernance d'Alpha Condé, réagit aux accusations de l'ancien chef du gouvernement, Jean-Marie Doré, sans oublier bien sûr les ambitions de l'UGDD pour les prochaines échéances électorales...
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. Kourouma, tout d'abord, présentez vous à nos lecteurs...
HOLOMO KONI KOUROUMA : Bonjour M. SOUARE ! Je suis heureux d’être avec vous cet après midi. Mon nom c’est Holomo Koni Kourouma, je suis diplômé en sciences économiques et de gestion de l’Université de Conakry et j’ai un master en études économiques et politiques internationales de l’Université Fordham de New York, je suis actuellement secrétaire général par intérim de l’Union Guinéenne pour la Démocratie et le Développement après avoir travaillé dans beaucoup d’institutions multinationales.
AFRICAGUINEE.COM : Récemment, lors de la rencontre entre les acteurs politiques au palais du peuple, votre parti s'est affirmé comme étant l'héritier du CNDD, dirigé par le Capitaine Moussa Dadis Camara. Pourquoi cette décision?
HOLOMO KONI KOUROUMA : Nous pensons que la position de l’UGDD a été mal interprétée et mal comprise. L’UGDD en tant que parti politique, donc organe civil ne peut et ne pourrait en aucun cas être l’héritier du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement Ndlr) qui était un organe militaire. L’UGDD a affirmé son engagement et son soutient à un processus démocratique apaisé ou la primauté du pouvoir civil sur celui militaire se fait sentir comme ça se voit en démocratie. Ceci étant dit l’UGDD à sa création s’inspirait largement des idéaux et du programme défendus par le CNDD et par le président Moussa Dadis Camara. Ça c’est sur le plan des idées, mais au point de vue de la composition, l’UGDD est un organe purement civil qui se bat sur l’arène politique avec des moyens démocratiques et qui entend arriver au pouvoir par la voie des élections. En ce sens, l’UGDD ne peut être l’héritier d’un organe qui a pris le pouvoir par les armes. Nous souhaitons maintenant qu’en Guinée aucune accession au pouvoir ne soit par un moyen autre que les élections.
AFRICAGUINEE.COM : Pourtant lors de la rencontre au palais du peuple votre parti avait déclaré assumé tous les actes posés par le capitaine Moussa Dadis Camara…
HOLOMO KONI KOUROUMA : Je crois que la position de notre secrétaire général a été assez mal interprétée et une réunion du bureau politique national de l’UGDD s’est tenue le même jour pour encore clarifier notre position. Le CNDD a un héritage dont nous ne pouvons pas dire que nous avons honte, avec des points noirs et des points blancs mais il n’appartient pas à l’UGDD en tant que parti politique d’assumer cet héritage là . Je pense que chaque guinéen a sa part de responsabilité dans tout ce qui s’est passé. L’UGDD s’inspire bien sûre des idéaux défendus par le CNDD mais il ne peut pas être son héritier dans la mesure où le CNDD était un organe militaire.
AFRICAGUINEE.COM : Au moment où le dialogue piétine entre le gouvernement et l'opposition, en quoi l'héritage du CNDD peut-il servir pour trouver une sortie de crise dans le pays?
HOLOMO KONI KOUROUMA : L’héritage du CNDD peut servir dans la mesure où le dernier acte posé par le CNDD a été la signature des accords de Ouagadougou (en janvier 2010, Ndlr). Ces accords de Ouagadougou ont balisé le chemin qui devait nous permettre de sortir de la transition et la sortie de la transition s’entendait par la conduite des élections présidentielles et celles législatives qui devaient quand même doter la Guinée de toutes les institutions normales pour le fonctionnement normal et républicain d’un Etat. Aujourd’hui nous avons pu conclure avec succès la phase des élections présidentielles mais celles législatives qui devaient intervenir au plus tard six mois après les présidentielles piétinent toujours. Ce qui est vraiment dommage dans la mesure où la plupart des projets des bailleurs de fonds sont encore bloqués à cause de la non tenue de ces élections et même les entrepreneurs locaux sont dans une phase d’attentisme. On le souhaite pas mais si le président de la république tombe malade aujourd’hui, qui va assurer la continuité ? On a peut être la présidente du CNT mais il faut reconnaitre que le CNT (Conseil National de la Transition Ndlr) n’a pas cette légitimité. Vous vous souviendrez que le CNDD avait pris le pouvoir parce qu’on avait pas une assemblée nationale légitime, donc on ne voudrait pas retomber dans la même situation.
AFRICAGUINEE.COM : Aujourd'hui, le Capitaine Dadis est officiellement en convalescence à Ouagadougou. Craignez-vous son extradition vers La Haye comme ce fut le cas de l'ivoirien Laurent Gbagbo?
HOLOMO KONI KOUROUMA : Je crois qu’aujourd’hui en Afrique, il est très courant et très commode pour certains pouvoirs qui ne veulent pas prendre leurs responsabilités, d’extrader des personnes qui à leurs avis, d’un point de vue politique sont gênantes vers d’autres juridictions dites internationales pour ne pas avoir à gérer ces problèmes eux-mêmes. Nous pensons que la responsabilité impose aux guinéens et en premier lieu au président de la république de prendre l’ensemble des mesures nécessaires pour que le président Dadis s’il doit être jugé qu’il le soit en Guinée parce que nous avons une justice qui fonctionne et si elle ne fonctionne pas c’est aux autorités actuelles de prendre les mesures pour qu’elle puisse fonctionner. Personne n’est au dessus de la loi. Toute personne ayant commis des actes pouvant être répréhensibles est amené un jour ou l’autre à répondre de ses actes. Nous nous croyons en l’innocence du capitaine Dadis. Le capitaine Dadis que nous connaissons n’a jamais pu ordonner qu’on tire sur une quelconque personne. S’il y a des gens qui lui reprochent quoi que ça soit, qu’ils portent plainte et en ce moment le capitaine Dadis viendra répondre. Si la justice guinéenne se charge de l’affaire, le traité de Rome est très clair la dessus, c’est quand les institutions judiciaires nationales se montrent incapables de gérer une affaire que celles internationales comme la cour pénale internationale peuvent entrer en jeu. Nous demandons au gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour que le président Dadis puisse revenir en Guinée et éventuellement si nécessaire faire face à la justice guinéenne. Nous pensons qu’il n’y a aucun risque pour qu’un jour il se retrouve à la Haye. Nous pensons que c’est quelque chose qui ne grandit pas l’Afrique et qu’il faut éviter.
AFRICAGUINEE.COM : Lors d’une interview qu’il nous avait accordée récemment, Jean Marie Doré a affirmé pourtant que le Capitaine Dadis avait ordonné de les exécuter lui et les autres leaders politiques…
HOLOMO KONI KOUROUMA :Nous pensons que lorsque vous demandez à Jean Marie Doré de justifier les 2 milliards qu’il a reçu au titre prétendument de compensation pour des biens qui auraient été gâtés à son domicile, il serait bien que Jean Marie Doré se contente de la justification de cette question parce que c’est quand même l’argent du peuple de Guinée qui a été utilisé, il faut que le peuple de Guinée sache dans quelles conditions cet argent là lui a été attribué. Il n’ ya eu aucune expertise pour déterminer le montant de deux milliards, lui-même il a dit que c’était un montant forfaitaire. Vous pensez qu’on doit dépenser l’argent de l’Etat de façon forfaitaire ?
Relativement à l’accusation gratuite et sans fondement à notre avis en disant que le capitaine Dadis a lui-même ordonné (de les tuer, Ndlr), est-ce que c’est le Général Baldé qui lui a dit que c’est le capitaine Dadis qui lui avait donné cet ordre. Je vous rappelle que dans l’armée l’instruction du chef est un ordre, si vous ne respectez pas vous vous soumettez à des sanctions. Si le Général Baldé avait refusé d’exécuter les instructions de Dadis, vous pensez que les bérets rouges (garde présidentielle) qui était sous le contrôle de Dadis n’avait pas la force pour venir dégager les gendarmes qui étaient à la clinique pour prétendument protéger les leaders. Je vous rappelle que cette histoire d’attentat contre Dadis est arrivée parce que des bérets rouges sont partis à l’état major de la gendarmerie nationale libérer des gens. Le Général Baldé était là -bas, pourtant il n’avait pas pu arrêter ces gens. Le capitaine Dadis, jusqu’à preuve contraire n’a jamais donné un tel ordre. Si Jean Marie Doré, pour justifier ces deux milliards dit que oui j’ai risqué la mort donc c’est assez suffisant pour payer pour ma vie, nous pensons que c’est quand même assez malheureux pour quelqu’un de son niveau.
AFRICAGUINEE.COM : Est-ce que vous êtes en contact avec le capitaine Moussa Dadis Camara ?
HOLOMO KONI KOUROUMA : Oui le parti UGDD a eu des contacts depuis deux ans avec le capitaine Dadis. Mais je vais vous dire une chose, aujourd’hui le capitaine Dadis est sous pression de beaucoup de choses de la part du pouvoir. Objet de pression pour amener un certain nombre de partis à s’allier au RPG (parti au pouvoir Ndlr). Nous à l’UGDD malgré les pressions de Dadis pour aller dans ce sens, nous lui avons dit clairement non ! Chaque fois que vous posez un acte je pense qu’il y a des gens de la présidence qui appellent Dadis pour lui demander de dire aux gens de faire ça. L’UGDD n’est pas le parti d’une seule personne. Bien sûre nous avons soutenu les idéaux de Dadis mais ces idéaux ne lui appartiennent pas. Ce sont des idées que tout le monde peut défendre de façon indépendante, donc sur certains points nous ne sommes pas d’accord avec Dadis et il n’est pas membre de notre parti, nous tenons à le préciser. C’est un militaire, il ne milite donc pas au sein de notre parti. Par moment nous avons des contacts avec lui, aujourd’hui nous ne conjuguons pas forcément le même verbe mais nous pensons que le programme qu’ils (le CNDD et son président Dadis Ndlr) avaient au départ comportait quelques éléments positifs que nous récupérons dans notre programme et nous pensons que lui-même il a aujourd’hui besoin de protection. Parce que là où il est il est presque un homme banni, il n’est plus malade, il est guéri, donc la notion de convalescence n’a plus de sens quand on parle du capitaine Dadis, les gens lui maintiennent dans une situation de non droit où lui-même il ne peut pas se défendre, on met des pressions extrêmes sur lui pour qu’il dise et fasse du n’importe quoi. Nous le considérons comme un prisonnier politique actuellement et en tant que tel il ne peut dire quelque chose de clair ou de crédible à qui que ça soit.
AFRICAGUINEE.COM : Vous réclamez donc son retour en Guinée ?
HOLOMO KONI KOUROUMA : Le capitaine Dadis est un guinéen, nous pensons que tout guinéen doit réclamer de tout autre guinéen dans son pays. C’est une chose tout à fait normal, il n’ ya rien d’extraordinaire à cela. S’il y a des affaires avec la justice guinéenne qui l’attendent qu’il les affronte, c’est son pays après tout
AFRICAGUINEE.COM : Dernièrement, la famille du Lieutenant Toumba Diakité a exprimé ses craintes pour leur sécurité après la mort d'Alsény Diakité, un frère de Toumba. Certains observateurs craignent une vengeance sur cette famille, après la tentative d'assassinat contre le Capitaine Dadis. Votre avis sur cette affaire?
HOLOMO KONI KOUROUMA : Nous voudrons au nom de l’UGDD présenter nos condoléances les plus attristées à la famille Diakité qui a perdu un de ses fils.
Quelque soit la faute que Alseny a pu commettre il ne méritait pas une mort de façon extrajudiciaire. L’UGDD est un parti légaliste, nous pensons que si une personne a commis un crime elle doit être jugée, c’est seulement le juge qui doit déterminer si quelqu’un doit mourir. Nous demandons quand même aux autorités guinéennes de faire toute la lumière sur cette affaire pour que les personnes qui ont entrainé la mort d'Alseny Diakité puissent être traduites devant les juridictions et jugées conformément à la loi. Si la famille est persécutée, nous ne croyons pas que soit dû au fait de Dadis ou d’un de ses proches. En tout cas nous, au sein de l’UGDD nous n’avons aucun problème avec la famille Diakité et ils (les membres de la famille Diakité Ndlr) peuvent même venir militer au sein de notre parti. Toumba Diakité a tiré sur le président Dadis, nous espérons qu’un jour il viendra devant la justice guinéenne répondre de ses faits mais en matière pénale la responsabilité est personnelle. Ce n’est pas parce que Toumba a tiré sur Dadis que son père doit être mis en prison. Nous réitérons donc notre soutien à cette famille et nous interpellons les autorités guinéennes pour que cette famille ait la sécurité dont elle a besoin maintenant et nous profitons aussi pour demander aux autorités de prendre toutes les mesures nécessaires pour que Toumba Diakité qui a commis un crime horrible, en tirant à bout portant sur un président de la république en exercice, soit traduit devant les juridictions.
AFRICAGUINEE.COM : En terme de bilan qu’est ce qu’on peut retenir selon vous de la première année de magistrature du président Alpha Condé ?
HOLOMO KONI KOUROUMA : En terme de bilan nous pensons que l’ensemble des guinéens restent sur leur faim après un an d’exercice du pouvoir du président Alpha Condé que l’UGDD avec son alliance avec le RDR (Rassemblement pour la Défense de la République Ndlr) a contribué à élire.
On n’a pas besoin d’aller loin. En guinée il y a des chantiers prioritaires depuis plus de dix ans, il s’agit du chantier de l’eau de l’électricité, etc... Aujourd’hui c'est zéro à la base en ce qui concerne les résultats obtenus sur ces chantiers qui sont visibles. Rien que pour la ville de Conakry, on ne parle même pas de tout le pays, en un an, un gouvernement n’a pas pu amorcer une approche de solution à ces problèmes c’est quand même décevant. On a entendu parler de trop de projets pour que ces chantiers là puissent avancer.
Il faut dire aussi que la paupérisation de la population a beaucoup progressé en un an de pouvoir d'Alpha Condé. Vous voyez les gens, vous sentez vous-même que la pauvreté a augmenté. Les prix ont augmenté alors que les revenus n’ont pas suivi.
Un autre chantier sur lequel nous pensons que les résultats sont les plus décevant c’est celui sur l’unité nationale. Nous étions très heureux quand nous avions entendu que le président Alpha Condé allait être un Nelson Mandela pour la Guinée. Après un an d’exercice du pouvoir du président Alpha Condé, les guinéens sont plus que jamais divisés et malheureusement sur des lignes ethniques. Malheureusement il n’y a aucune action concrète qui a été faite dans ce sens et presque l’ensemble des guinéens s’accordent aujourd’hui à reprocher au président Alpha Condé ses nominations à caractère outrancièrement ethnique. Nous le félicitons pour avoir mis en place cette commission de réconciliation nationale mais la réconciliation d’est d’abord dans les actes, ce n’est pas un problème de commission, ce n’est pas un problème de discours. Le jour où un président de la république et nous allons le faire quand on arrivera au pouvoir, va faire des nominations sur des critères de compétence en prenant les guinéens de toutes les régions vous verrez que la réconciliation va se mettre en marche automatiquement. Le jour où la justice guinéenne va traiter l’ensemble des guinéens sur le même pied d’égalité la réconciliation va se mette immédiatement. Mais quand des gens commettent des crimes à Galapaye (région forestière Ndlr), on les prend en moins de quatre mois, on les juge, on leur prononce des peines extrêmement sévères, des peines de mort, alors que plusieurs personnes sont aussi mortes à Siguiri lors de la campagne pour les élections présidentielles. On se demande vraiment où est la justice. Nous appelons quand même le gouvernement à traiter les guinéens sur le même pied d’égalité.
En un an on ne peut pas faire grand-chose mais en un an, on peut quand même poser des symboles. Le pouvoir actuel ne donne pas l’espoir aux populations pour dire que nous allons vers la bonne direction. En terme de nominations de personnes, quand vous ramenez toute une clique du régime de Lansana Conté, que quand même l’ensemble des guinéens ont décrié en 2006 et 2007, donc les guinéens ont raison d’être inquiets quand à la volonté réelle de ce pouvoir à amener le changement.
Nous voudrons quand même les féliciter aussi pour quelques bonnes actions qu’ils ont pu entreprendre. Nous pensons par exemple à la loi portant sur l’unicité des caisses de l’Etat, c’est une mesure de bonne gouvernance économique qu’il faut féliciter, nous encourageons le soutien au monde agricole qui emploi plus de 70% de la population, nous les encourageons aussi en terme de révision du code minier qui vient d’être amendé et adopté et son application effective afin que les guinéens puissent enfin bénéficier des retombées de ce scandale géologique.
AFRICAGUINEE.COM : Lors de la présidentielle vous aviez soutenu le candidat du RDR en l’occurrence Papa Koly Kourouma, qu’est ce qui a motivé votre retrait de cette alliance ?
HOLOMO KONI KOUROUMA : Notre retrait de cette alliance résulte d’une déception assez profonde que nous avons par rapport au ministre Papa Koly (ministre d’Etat chargé de l’énergie et de l’environnement Ndlr) que nous avions soutenu lors de la présidentielle.Mais d’une déception assez globale relativement au gouvernement du président Alpha Condé. Il y a des accords sur la base desquels cette alliance avait été faite et ces accords prévoyaient la prise en compte des programmes de développement du RDR (Rassemblement pour la Défense de la République Ndlr) et de l’UGDD mais aussi le partage des responsabilités au niveau de l’Etat. Je puis vous dire qu’en la matière c’est une violation flagrante de ces accords. L’UGDD a donc estimé qu’elle n’avait plus d’intérêt à rester au sein de cette coalition. Maintenant même au niveau de la gouvernance je vous ai dis tout à l’heure notre appréciation par rapport à ce qui a été fait, nous pensons qu’il y a beaucoup de choses qu’il faut encore améliorer, c’est pourquoi nous avons préféré nous retirer de cette alliance et nous repositionner au centre pour être une force de proposition et critique, une force qui se bat pour avoir la confiance du peuple.
AFRICAGUINEE.COM : M. Kourouma, les élections législatives sont annoncées pour 2012.Comment se prépare ce rendez vous électoral au niveau l'UGDD?
HOLOMO KONI KOUROUMA : Au niveau de l’UGDD rien qu’au mois de décembre nous avions envoyé deux missions à l’intérieur du pays pour installer nos bases, une autre mission est partie à Fria (préfecture de la basse côte située à une centaine de kilomètres de Conakry Ndlr), une autre est partie à N’Zérékoré. L’UGDD parallèlement à ça est entrain de travailler sur des projets de lois que nous entendons défendre une fois au parlement et ce qui arrive très souvent en Guinée c’est que les gens ne se préparent pas avant de se faire élire et une fois au parlement ils n’ont rien à proposer. L’UGDD a aujourd’hui quatre projets de lois sur lesquels nos éléments sont entrain de travailler. Il s’agit notamment du projet de loi sur la séparation de la capitale économique et de la capitale politique parce que l’argent a peur du bruit, l’argent a peur de la pagaille. L’UGDD propose aussi un projet de loi pour faire en sorte que les régions en Guinée aient beaucoup plus de pouvoir qu’elles n’ont maintenant. Aujourd’hui toute cette crispation autour de la présidence est dû au fait que le président guinéen est un roi. Il a tous les pouvoirs, mais si demain chaque région peut élire son gouverneur et que ce gouverneur ait des pouvoirs étendus, vous pensez que les gens vont se battre pour ce poste de président ? Nous nous pensons que c’est un élément de pacification. Si ce n’est pas pour un Etat fédéral mais au moins un Etat où les régions auront un pourvoir autonome et auront la possibilité de choisir leurs représentants. Toujours dans le même ordre, l’UGDD va faire un projet d’amendement à la constitution pour qu’il y ait une double majorité au niveau de l’élection présidentielle. Cela veut dire que prochainement pour que quelqu’un soit élu président de la république en Guinée il faudra qu’au moins au 2e tour qu’il réunisse 50 % requis mais aussi il faut que dans chaque région de la Guinée qu’il ait un minimum de 10 %. Cela va forcer les partis politiques à avoir une base nationale et à faire campagne dans toutes les régions de la Guinée.
AFRICAGUINEE.COM : Comment comptez-vous séduire les électeurs en dehors de l'électorat de la région forestière?
HOLOMO KONI KOUROUMA : Je viens de vous parler des projets de lois que l’UGDD est entrain de défendre. Le projet de loi là ne s’adresse pas seulement à la Guinée forestière, il s’adresse à l’ensemble de la Guinée. Si vous voyez même la façon dont notre parti est géré, il y a la démocratie au sein de notre formation politique. En Guinée ici, vous avez beaucoup de partis qui ne dépendent que de la personnalité du chef. On dit le parti de Jean Marie Doré, le parti de Mamadou Sylla, l’UGDD n’est pas le parti d’une seule personne. Au départ les gens pensaient que c’était Dadis. Notre bureau politique se réuni et prend des décisions et tout le monde est d’accord avec ça. En termes de fonctionnement régulier, l’UGDD est le seul parti qui a un programme de formations politique, économique et social de ses militants. En terme de mobilisation des fonds aussi je pense qu’il ya là un effort important qui est entrepris pour que l’UGDD le moment venu ait tout le financement nécessaire pour la campagne des élections législatives.
AFRICAGUINEE.COM : Un mot pour les militants et sympathisants de votre parti?
HOLOMO KONI KOUROUMA : Nous voudrons dire à l’ensemble de nos militants et sympathisants à travers tout le pays à ne pas céder au désespoir malgré les difficultés. Nous voudrons leurs dire que l’UGDD a une approche de solutions pour transformer le cercle vicieux dans lequel nous sommes aujourd’hui en un cercle vertueux. Nous les appelons à travailler de concert avec nous pour réaliser notre rêve qui est un rêve de démocratie et de développement. Nous attendons tous leurs soutiens pour les élections législatives à venir.
INTERVIEW REALISEE PAR SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 62 65 75 74/ 64 95 36 33
E-mail : webmaster[at]africaguinee.com |
  Rubrique: Interview  date: 03-Jan-2012 à 17:48:58  Partager:   :  |
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