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Le Père du Lieutenant Toumba Diakité parle: "J'ai peur pour ma famille..."

CONAKRY-Deux ans après la tentative d'assassinat contre l'ex chef de la junte Capitaine Dadis Camara, le père du Lieutenant Aboubacar Toumba Diakité brise le silence!Après la mort mystérieuse d'un de ses fils, le Colonel Mamadi Diakité craint pour la sécurité de sa famille.A son domicile près du camp Alpha Yaya Diallo, le vieil homme a accepté de se confier au micro d'Africaguinee.com.Colonel dans l’armée en service au bataillon chars au camp Alpha Yaya Diallo, le père de l'ex aide de camp du Capitaine Dadis Camara revient sur les circonstances de la mort d'un de ses fils et lance un appel au président Alpha Condé.Entretien exclusif!
AFRICAGUINEE.COM: Bonjour Colonel Diakité ! Nous avons appris qu’un de vos fils venait d’être assassiné par des inconnus. Est-ce que vous pouvez nous expliquer dans quelle circonstance il a trouvé la mort ?
COLONEL Mamady Diakité : C’était à pareil heure (19h GMT Ndlr) je venais de prendre une douche, j’étais en pyjama et j’étais arrêté. Il y avait beaucoup de militaires ici, de la terrasse ici jusqu’au niveau du fossé là -bas. C’est six pick-up qui ont débarqué au poste de police là -bas (non loin du camp Alpha Yaya, à quelques 100 mètres de la rentrée principale Ndlr), j’ai vu l’enfant (Mamadou Lamarana Sow, cousin de Toumba Diakité) qui est menotté parce qu’il a dit que sa maman est là alors qu’il vient juste pour manger ici, ils sont tous à Koloma là -bas. Ils sont donc venus et quand l’enfant a dit que c’est ici chez sa maman ils sont rentrés en grand nombre dans la maison et ils ont fouillé toute la maison, ils ont regardé dans les armoires et après moi j’ai demandé qui est le chef de mission, ils m'ont dit qu’il n’ y a pas de chef de mission. J’ai dis vous ne me connaissez pas ? Je suis le colonel Diakité et ils m’ont répondu « même si tu es Général, nous on s’en fou ». Vous savez mon fils qui se trouve à Faranah (adjudant M’Bemba Diakité, un des frères de Toumba qui est actuellement détenu au PM3 de Matoto Ndlr) qui est un adjudant était venu ici pour le problème de recensement. Quand il a quitté au camp pour le recensement il a enlevé la tenue et il l’a fait rentrer dans la chambre de sa maman. Quand ils ont vu ça, ils ont pris la tenue pour partir avec. Ils sont donc parti avec l’enfant (Mamadou Lamarana Sow, cousin de Toumba Diakité Ndlr), j’ai compris que si je parlais ils allaient me faire honnir parce que je les avais suivi jusque là -bas (en indexant 15 mètres devant la terrasse de sa maison Ndlr) en appelant "mon commandant, mon capitaine", mais personne ne me répondait. J’ai donc dis que peut être l’enfant a commis une faute, vous savez qu’actuellement on est entrain d’arrêté tous les petits bandits, j’ai donc dis qu'on va voir ça.
Le lendemain j’ai encore appris qu’ils sont allés attaquer mon fils Alseny (frère de lait de Toumba Diakité Ndlr) à Koloma. Celui qui est à la boutique juste en bas de la concession, c’est lui-même qui est venu me dire ça ici. Il m’a dit que c’est à lui que Alsény avait demandé le transport pour aller voir sa femme qui était chez ses parents vu que celle-ci était malade. A son fort étonnement donc, il apprend qu’on a arrêté Alseny.
Maintenant on a cherché Mamadou Lamarana Sow jusqu’à ce qu’on le retrouve finalement à Matoto, lui il était en prison là -bas. On a fouillé toutes les prisons, on a demandé partout mais on nous dit qu’il n y a pas de nom de Alseny. On est parti à la morgue, à l’hôpital mais on ne le retrouvait pas. Par après notre avocat a dit "laisser moi faire" puisque l’affaire est au niveau de la justice maintenant. Il est allé retrouver la voiture de Alseny à la justice là -bas. Il a donc demandé qui a amené la voiture là -bas ? Où est le propriétaire de la voiture ? C’est à partir de ça qu’il a continué ses enquêtes jusqu’à ce qu’il y ait ce papier qui nous a annoncé qu’Alsény est mort. Ils ont donc décidé d’en informer la famille pour nous enlever dans le doute. Ils nous ont appelés pour nous dire qu’effectivement Alsény, le frère de Toumba est mort.
AFRICAGUINEE.COM : Il parait que vous aviez récemment le chef d’état major général des armées le Général Kelefa Diallo ?
COLONEL Mamady Diakité :Je lui ai remis une correspondance.
AFRICAGUINEE.COM : Est-ce que vous l’avez rencontré personnellement ?
COLONEL Mamady Diakité : Je l’ai rencontré, je lu ai expliqué ! Je me suis déplacé pour aller à son bureau mais quand tu vas là -bas on ne te permet pas de rentrer. On dit qu’il est occupé, il fait ceci, il fait cela. Je me suis déplacé pour aller jusqu’à son domicile à la corniche, je lui ai expliqué comment les choses se sont passés et à côté de cela, je lui ai écris une correspondance. Je m’arrêtais très souvent à la porte pendant longtemps mais un jour au moment où il sortait, je lui ai remis la correspondance en lui signifiant que ses hommes ne me permettaient pas de rentrer et que je ne venais pas là -bas pour chercher de l’argent mais c’est parce que j’ai un cas urgent c’est pour ça que je viens. Il a ouvert lettre et après il a fermé. Il l’a ensuite remis à un de ses plantons en lui disant "poses moi ça sur la table je reviens".
AFRICAGUINEE.COM : Est-ce que depuis ça il a pris contact avec vous soit au téléphone ou en tête à tête ?
COLONEL Mamady Diakité : Non il ne m’a pas appelé ! Aujourd’hui même je voulais partir là -bas pour lui annoncer ce décès mais quand je quittais le tribunal mon carburant était fini.
AFRICAGUINEE.COM : Est-ce que vous aviez eu à rencontrer une autre autorité aussi, qu’elle soit civile ou militaire ?
COLONEL Mamady Diakité : Non c’est seulement le Général Kelefa Diallo que j’ai rencontré. Vous savez les gens quand tu leurs explique ton problème ils te disent d’accord mais par après il n’y a aucune suite.
AFRICAGUINEE.COM : Après la mort de votre fils, est-ce qu’aujourd’hui vous ne craignez pas pour votre sécurité ?
COLONEL Mamady Diakité : On a peur de ça ! Moi je m’en fou de la mort maintenant mais j’ai peur pour mes enfants. Moi au moment où ils m’avaient arrêtés pour la première fois j’étais attaché militaire à l’ambassade de Guinée au Liberia. On m’a dit un jour qu’on m'envoie à Lola pour être le commandant là -bas. J’ai pris donc la voiture ici un jeudi pour que je puisse faire la passation de service. J’ai quitté ici le matin et je suis arrivé à Kissidougou la nuit. Je suis donc resté là -bas avant qu’on ne m’appelle pour me dire que ça ne va pas à Conakry. On m’a dit que mon fils (Aboubacar Toumba Diakité Ndlr) a essayé de tuer le président. J’ai donc été bloqué là -bas et je n’ai pas continué. A partir de là -bas ils m’ont mis à la disposition d’un officier qui m’a amené ici parce que ce dernier a informé sa hiérarchie que le " père de Toumba est là ". De la façon dont vous avez vu les mouvements ici à Conakry c’est comme ça que ça se passait jusqu’à Yendè, jusqu’à Kassadou, jusqu’au petit village de Sobadou (préfecture de Kissidougou Ndlr). Partout où il y a les « Diakité » ils sont allés les prendre pour les mettre en prison parce qu’on dit que Toumba est là -bas.
Moi maintenant ils m’ont pris pour m’envoyer ici. J’étais plus dans ma voiture, mon fils et mon chauffeur étaient avec moi dans cette voiture. Quand on est venu jusqu’au niveau de l’office anti-drogue ils ont garé ma voiture et ils l’ont fermée. J’étais dans la voiture du commandant maintenant. Ce dernier m’a conduit aux 32 escaliers (prison située dans l’enceinte du camp Alpha Yaya Diallo de Conakry Ndlr). Ils nous ont tous mis en prison. Après un moment ils ont fait sortir mon chauffeur qui est un parachutiste. Je suis resté là -bas avec mon fils pendant 2 mois. Tu ne sors pas, on ouvre jamais, tu fais tout là -bas. La prison de là -bas est plus dure que les autres. Après que Toumba ait eu à parler à la Radio, le Général Konaté nous a fait sortir. J’ai trouvé qu’on avait déjà dévasté toutes mes maisons et il ne restait plus qu’à faire tomber les murs. En ce moment il y a des militaires qui entouraient ici pour voir au cas où un de nos parents passerait ici. C’est grâce à Dieu que nous sommes là aujourd’hui. Celui qu’on cherche lui on le poursuit pas on poursuit ses frères et son père.
Maintenant qu’on a dit qu’il ya un président démocratiquement élu, ce n’est plus le temps du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement dirigé à l’époque par le capitaine Moussa Dadis Camara Ndlr), je ne sais si ce sont les mêmes règlements de compte qui continuent jusqu’à présent en allant jusqu’à arrêter mon fils. Non seulement l’arrêter mais le tuer en plus.
AFRICAGUINEE.COM : Est-ce qu’aujourd’hui vous avez un appel à lancez aux nouvelles autorités du pays et plus particulièrement au président de la république ?
COLONEL Mamady Diakité : Il va l’entendre ! Puisque l’affaire a atteint ce stade je suis sûre qu’il va l’entendre. Si c’est pour arrêter des bandits dans la ville je suis tout à fait d’accord mais on arrête mon fils, on ne m’explique rien pour dire que c’est à cause de ça qu’on l’a arrêté. Si ça mérité un emprisonnement, on l’emprisonne, s’il faut le fouetter qu’on le fouette mais on prend l’enfant là pour aller le tuer. Ils ont pris beaucoup de gens mais on ne les a pas tués. C’est seulement mon fils qu’on a tué. Donc il y a des règlements de compte là dans. Il ya certains même qui disaient « s’il plait à Dieu on va tuer tous les petits frères et les parents de Toumba parce c’est lui qui a fait qu’on n’est pas au pouvoir ».
AFRICAGUINEE.COM : Ceux qui étaient venus ici, est ce que c’était des gendarmes ou bien c’était des éléments de la garde présidentielle ?
COLONEL Mamady Diakité : Les gens qui ont pris mon fils (la victime Alseny Diakité Ndlr) et l’enfant là aussi (Mamadou Lamarana Sow, cousin de Toumba Diakité Ndlr) viennent de Cosa.
AFRICAGUINEE.COM : Vous connaissez qui était leur commandant ?
COLONEL Mamady Diakité : Ils ont dit que c’est celui qu’on appelle « Commando ». Les gens connaissent peut être le nom mais moi j’ai entendu le nom de Commando.
Affaire à suivre...
Africaguinee.com
Transcription:Ahmed Tounkara
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  Rubrique: Interview  date: 15-Dec-2011 à 08:19:41  Partager:   :  |
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