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RD Congo: Le calvaire quotidien d'une prétendue sorcière


Traitée de sorcière et montrée du doigt dans toute la ville de Matadi à l'ouest de la RD Congo, Simplice témoigne, pour elle et pour tous ceux qui subissent le même sort, de la vie douloureuse et sans espoir qu'elle est contrainte de mener. Sans raison, si ce n'est la malveillance de quelques-uns et la crédulité de beaucoup.

"Est-ce que je suis venue dans ce monde seulement pour souffrir ? Je suis devenue comme un vent." Au bord des larmes, Simplice Menga, une jeune femme de 24 ans, habitant Matadi à l'ouest de la RD Congo, raconte le cauchemar qu'est devenue sa vie depuis qu'un jour, il y a 7 ans, une de ses voisines l'a traitée de sorcière. Jusqu'alors cette aînée de famille menait une existence heureuse entre son père mécanicien, sa mère enseignante en maternelle, son frère et sa sœur.
"Subitement, tout a basculé", se souvient-elle. Un soir au retour de l'école, elle prépare le repas, mais évite de servir une de ses cousines qui faisait un jeûne de prière. Fureur de celle-ci. Quelques jours plus tard, c'est la fille de leur bailleresse qui se plaint de n'avoir pas dormi, de voir des sorciers, des chats et des serpents au plafond. C'est de ces désagréments réels ou inventés que tout est parti. La fille de la bailleresse dit alors aux voisins que Simplice est une sorcière et fait confirmer ses dires par une enfant de 3 ans ! Comme une traînée de poudre, la rumeur se répand dans tout Matadi. Dans son quartier, on l'insulte. Partout où elle passe, on la montre du doigt.

Pour tenter de mettre fin à cette situation, le père de Simplice, inquiet, l'emmène consulter un voyant à Boma qui affirme : "Votre fille n'est pas une sorcière, c'est seulement la jalousie". Plusieurs pasteurs le confirment, les Kimbanguistes (Église indépendante autochtone fondée par Simon Kibangu, Ndlr) aussi. Rien n'y fait : l'étiquette lui colle à la peau et la suit partout où elle va. À l'internat, à Vunda, à quelque 30 km de Matadi où elle finit ses humanités commerciales, les élèves lui mènent la vie très dure.

"C'était un vrai calvaire et j'ai voulu me suicider", dit-elle en se tordant les doigts. C'est une Sœur qui l'a sauvée en la gardant au couvent à la fin de l'année scolaire. Elle est part ensuite à Kinshasa avec son fiancé qui l'a quitte un an plus tard affirmant que c'était à cause d'elle que ses affaires ne marchaient pas.

Une belle fille jalousée

De retour à Matadi, depuis trois ans qu'elle a fini ses études, elle n'arrive pas à sortir du piège où l'ont enfermée une haine gratuite, des paroles malveillantes et des croyances d'un autre âge qui l'accusent d'avoir "mangé" plusieurs personnes de sa famille. Mince, élancée, Simplice est une belle fille que rien ne différencie des jeunes filles de son âge. Élégante et coquette, les cheveux soigneusement tressés, elle portait, lors de notre entretien, ces fines chaussures à talons hauts très à la mode actuellement. Seuls ses yeux tristes et ses lèvres parfois tremblantes trahissaient son désarroi face à cette situation infernale dont le regard sans pitié des autres est responsable. Comme pour d'autres jeunes filles, souvent belles et enviées comme elle.

À chaque fois qu'elle entreprend une activité, sa réputation la poursuit et elle doit arrêter. Qu'elle travaille pour le marketing de Celtel, qu'elle suive des cours d'informatique, il suffit de quelques jours ou semaines pour qu'elle soit rejetée. Elle a déjà eu quatre fiancés, mais tous l'ont quittée. "Qui côtoyer ? Vivre avec qui ?" Simplice est seule avec son fardeau. Ses parents ont dû récemment changer de quartier. Celui qui l'héberge actuellement est à son tour menacé d'expulsion. Elle n'a pas d'amies. On a mis en garde la seule qu'elle avait : "Ne marche pas avec elle, c'est une sorcière !" Tous ceux qui l'approchent sont eux aussi stigmatisés. Elle ne fréquente qu'une autre fille, elle aussi traitée de sorcière.
Heureusement pour elle, elle a toujours été soutenue par sa famille proche. "Aidez-moi à aider ma fille", demande sans cesse sa mère au pasteur qui se contente de lui répondre de prier pour vaincre le diable…

Seule contre tous

Personne n'élève la voix pour la défendre comme si toute la ville s'était liguée contre elle. Au restaurant où nous avons déjeuné ensemble, des jeunes femmes l'ont montrée du doigt en chuchotant. Sans chercher à imaginer ce que serait leur vie si, un jour, elles aussi venaient à subir le même sort. Simplice sait bien pourtant, au plus profond d'elle-même, qu'elle ne diffère pas des autres jeunes : "Moi, je ne crois pas que la sorcellerie existe". Une de ses tantes qui prétendait ne pouvoir trouver un mari à cause des envoûtements de sa nièce vient de se marier…

Tant de cruauté et d'incompréhension l'épuisent. Elle maigrit, n'ose plus sortir de chez elle. "La plaie qui est chez moi, vous n'en connaissez pas la souffrance", confie-t-elle doucement. Car, plus que la révolte c'est la peine qui domine en elle. Avec ces questions lancinantes : "Comment faire pour avancer dans la vie ? Est-ce que je vais me marier ? Est-ce qu'un jour je pourrai être bien dans la vie ?"

Marie-Agnès Leplaideur
Source: Syfia, partenaire de Africaguinee.com


  Rubrique: News Afrique  date: 13-Dec-2007 à 12:07:36  Partager:   :

 

 
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