
JOHANNESBURG - Le président sud-africain Jacob Zuma a annoncé lundi un remaniement de son gouvernement, renvoyant notamment deux ministres et le chef de la police, impliqués dans des affaires de corruption.
Il a annoncé le départ de la ministre des Travaux publics, Gwen Mahlangu-Nkabinde et celui du ministre des Affaires locales, Sicelo Shiceka, qui avaient été mis en cause par l'autorité anti-corruption, ainsi que la suspension du chef de la police, Bheki Cele, lui aussi impliqué dans un scandale immobilier.
La ministre des Travaux publics et le chef de la police nationale avaient été accusés par l'autorité anti-corruption d'avoir fermé les yeux dans des affaires immobilières, la police s'apprêtant à louer des immeubles à des prix beaucoup plus élevés que le marché auprès du promoteur Roux Shabangu, un puissant homme d'affaires qui se décrit comme un ami du président Zuma, à Durban et Pretoria.
Mme Mahlangu-Nkabinde avait en outre été accusée d'avoir entravé l'enquête de l'autorité anti-corruption.
Quant à Sicelo Shiceka, il a été accusé de mauvaise gestion, abus répété de fonds publics et séjours répétés dans des hôtels de luxe, ses escapades aux frais du contribuable comprenant même un voyage en Suisse pour rendre visite à sa petite amie, qui y était en prison.
En congé-maladie depuis février, il avait notamment séjourné dans l'un des l'hôtels les plus chers du Cap alors que son ministère dispose d'une résidence dans cette ville, capitale législative du pays, expliquant qu'il ne pouvait y dormir car il y avait trop de moustiques.
L'enquête anti-corruption a aussi montré qu'il avait demandé au gouvernement de lui payer un séjour au Lesotho alors qu'il était arrêté pour maladie.
Thuli Madonsela, qui dirige l'autorité anti-corruption, avait mis en demeure le chef de l'Etat d'agir depuis de longues semaines.
Jacob Zuma --qui lui même était soupçonné de corruption avant d'être blanchi juste avant les élections de 2009-- a remercié les ministres renvoyés pour leur contribution à la construction d'une meilleure vie pour tous, reprenant le slogan électoral du Congrès national africain (ANC), leur parti.
Le remaniement concerne huit postes, six ministres changeant de portefeuille tandis que deux députés rentrent au gouvernement.
En ce qui concerne le chef de la police, M. Zuma a lancé une commission d'enquête, nommant Nhlanhla Mkhwanazi, un officier de haut rang, à sa place en attendant les conclusions de ladite enquête.
Le président sud-africain a également mis en place la commission d'enquête annoncée à la mi-septembre sur la corruption présumée entachant le plus gros contrat d'armement conclu depuis la fin de l'apartheid, qui a vu, en 1999, l'achat d'avions et des patrouilleurs navals auprès de cinq groupes européens, dont le britannique BAE Systems et le français Thomson-CSF (devenu Thales).
Il s'agit du deuxième remaniement depuis l'élection de M. Zuma à la présidence en 2009. Il avait remercié sept ministres en octobre 2010.
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 24-Oct-2011 à 16:35:33  Partager:   :  |