|
|
| Detail de la News |
Les Béninois en voiture, les Danois à vélo: Notre reportage à Copenhague!
[IMG1]En séjour au Danemark pour une formation, une vingtaine de journalistes béninois constatent avec surprise que de nombreux Danois de toutes classes sociales roulent à vélo. Une découverte étonnante et instructive.
Ils n’en reviennent pas. Massés sous le hangar d’un arrêt de bus, engoncés dans de lourds manteaux, huit journalistes béninois en séjour au Danemark regardent avec grand étonnement le défilé de cyclistes devant eux. En cette matinée du 4 novembre il fait 4°C. Les Danois, tous âges confondus, enfourchent leur vélo et, à grands coups de pédale, roulent le long des immeubles de Frederiksberg, le quartier le plus peuplé de Copenhague, la capitale. Ils vont rejoindre les services administratifs, les commerces, les écoles… et autres lieux de cette très jolie ville.
"Comment peut-on être riche et rouler à vélo ?" s’interrogent la plupart des 21 journalistes arrivés début novembre au Danemark pour une formation sur médias et démocratie. Avant le voyage, ils s’attendaient à ressentir le froid sidéral, à admirer la beauté et la majesté des immeubles, la propreté des rues de ce pays développé et à voir chacun où tout le monde roulerait dans de grosses et luxueuses voitures. Mais ils ne s’imaginaient pas voir les Danois, 14ème dans le dernier classement du rapport sur le développement humain, aller au service à vélo ! Chez eux, au Bénin, 163ème dans le même classement, "aller à vélo est un signe d’indigence et tout le monde s’évertue à acheter une moto ou une voiture", déclare Rodrigue, l’un d’eux.
Pauvres ou riches : tous à vélo
Cet engouement pour les engins motorisés explique l’essor, que connaît depuis la fin des années 90, le commerce des véhicules d’occasion, importés d’Europe et revendus au Bénin et dans d’autres États de l’Afrique de l’Ouest. Ajouté à l’inorganisation du secteur des transports publics et à l’usage très répandu de l’essence frelatée, cette multiplication des véhicules a pour conséquences l'intense pollution de Cotonou, la métropole économique, et d’autres villes du pays. Pourtant, "n’allez surtout pas demander à un Béninois d’acheter un vélo, vous lui feriez injure !", rappelle Pascal d’un air enjoué.
Un peu plus loin, en traversant une rue, un journaliste manque de se faire ramasser par une cycliste. "Il vaut mieux redoubler d’attention face à ces vélos qui surgissent de tous les coins !", prévient Christophe. Le petit groupe, qui s’offre une ballade vers Frederiksberg Centret, l’hypermarché de la rue Abildgaards Allé, pouffe de rire. Jens Adser, expert des questions parlementaires, leur révélera plus tard que même des ministres et des députés danois vont au service à vélo ! Renversant !
Plus rapide, plus économique, plus écolo
Vieille de plusieurs décennies, "la culture du vélo est assez développée ici un peu comme en Hollande", relève Olivier Richter, un Français marié à une Danoise qui vit à Copenhague depuis 1994. Ce moyen de déplacement n’est pas ici synonyme de pauvreté. "Tant que je serai en ville, je ne vais pas m’acheter une voiture quels que soient mes revenus, déclare Mathilde Descroix, une étudiante. Je ne veux pas polluer l’environnement et compromettre le futur de mes enfants". Écologique et plus économique que la voiture, le vélo est aussi pratique. Ainsi, pour éviter les embouteillages et gagner du temps, des milliers de personnes le préfèrent aux bus, trains et métros. Du reste, constate Richard Akplogan, ambassadeur du Bénin, "les Danois ont créé les conditions nécessaires à l’usage du vélo". Chaussées appropriées, vastes parkings dédiés aux deux roues, etc. Tout y est !
La municipalité de Copenhague a mis au point un système de vélos en libre service basé sur le principe des caddies de supermarché : on met une pièce et on part avec le vélo. Quant à la firme Christiania Bikes, elle a inventé le "triporteur", un vélo utilisé pour faire ses courses, transporter ses enfants… Il existe même une association de cyclistes, la Dansk Cyklist Furbund qui, depuis les années 70, mène des activités pour assurer plus de sécurité sur les routes et faire construire plus de pistes cyclables dans les villes ! "Eh oui, conclut Ayité Anani, étudiant ghanéen à Copenhague, c’est une véritable leçon d’écologie que les Danois nous donnent, nous qui sommes fiers de rouler dans des véhicules d’occasion forts polluants !".
Kokouvi Eklou et Angelo Dossoumou S.
Source: Syfia partenaire de Africaguinee.com
|
  Rubrique: Diaspora Guinéenne  date: 29-Nov-2007 à 11:48:49  Partager:   :  |
|
|
|
|