
GENEVE-L'opposition guinéenne ne désarme pas face au régime du président Alpha Condé.Samedi, des manifestants ont dénoncé à Genève"l'instauration d'une dictature en Guinée".Parmi eux, Attigou Bah, président de l'Union pour la démocratie et le progrès de la Guinée (UDPG, membre du collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition).En marge de cette manifestation devant le palais des Nations Unies à Genève, il s'est confié à Africaguinee.com. Exclusif!
Africaguinee.com: Vous avez participé à une manifestation devant le palais des Nations Unies à Genève. Quelles sont vos motivations ?
Attigou Bah : Nos motivations concernent notre pays. Depuis notre indépendance en 1958, la Guinée a connu une série de dictatures qui nous ont enfoncé dans une misère chronique. Depuis 1989, la jeunesse guinéenne en particulier les étudiants ont dénoncé l’instauration d’une dictature en Guinée. Pour revenir au régime du président Alpha Condé, nous sommes déçus. Hier Alpha Condé était notre collègue au sein de l’opposition, nous avons lutté ensemble pour demander la liberté et la démocratie dans notre pays. Alpha Condé, à peine installé dans son fauteuil de président dans des conditions douteuses, voilà qu’on a plusieurs morts et des blessés parmi les populations civiles. Il y a des jugements arbitraires, des violations des droits de l’Homme et cela en huit mois de règne.
Africaguinee.com : Concrètement, que reprochez-vous au régime du président Alpha Condé ?
Attigou Bah : Alpha Condé qui nous parlait de démocratie s’est érigé aujourd’hui en dictateur. Nous n’allons pas accepter que le peuple de Guinée qui a été le premier d’Afrique noire francophone à obtenir son indépendance, à utiliser son armée pour libérer d’autres pays; soit aujourd’hui sous la domination d’une nouvelle dictature. Alpha Condé est un tribaliste, un népotiste, un régionaliste qui prône la division, l’exclusion au détriment du tissu social. Le président Condé est entrain de mettre en péril l’unité nationale et au-delà de nos frontières, la sous région également est menacée. Puisque le président Condé a accus récemment deux pays frères de la Guinée(Le Sénégal et la Gambie, Ndlr) qui nous ont toujours soutenus. Nous reprochons au président Alpha Condé le système qu’il compte imposer par la force au peuple de Guinée en mettant en cause les principes de l’Etat de droit, de la démocratie en souillant par terre, la constitution guinéenne. Pourtant, le président Condé avait juré de respecter la constitution lors de son investiture. Aujourd’hui, cette constitution est violée pour instaurer un autoritarisme qui risque de nous plonger dans une guerre civile.
Africaguinee.com : Et que comptez vous faire à partir de Genève ?
Attigou Bah :Nous allons interpeller la communauté internationale, les organisations de défense des droits de l’Homme, pour les prévenir de la situation en Guinée. Si le Président Condé commet des crimes contre son peuple, il doit être traduit devant la justice internationale tout comme ceux qu’il protègent et qui avaient tué, violé des femmes au stade de Conakry, le 28 septembre 2009.Ceux qui sont impliqués dans les massacres du 28 septembre 2009 doivent répondre de leurs actes devant la justice internationale. Si le nouveau président continue sur cette voie, il devra être traduit devant la Cour pénale internationale.
Africaguinee.com : Votre parti est également membre du collectif des partis de politiques pour la finalisation de la transition. A ce niveau, avez-vous des actions concrètes face à la situation politique en Guinée où le dialogue piétine entre l’opposition et le gouvernement ?
Attigou Bah : Nous avons déjà entrepris des démarches au niveau interne qui n’ont pas abouties. Genève est un centre influent des relations internationales et nous comptons alerter la communauté internationale pour éviter le pire en Guinée. Nous avons rédigé un mémorandum qui sera soumis aux institutions internationales basées à Genève pour leur dire que l’élection de 2010 était une mascarade et que le président Condé à peine arrivé au pouvoir, refuse aux guinéens ce que nous avons souhaité, c'est-à -dire l’instauration d’une véritable démocratie en Guinée. La communauté internationale est donc avertit sur la situation en Guinée dont la stabilité est nécessaire pour sécuriser l’ensemble de la sous-région ouest africaine. Nous allons donc continuer notre combat, car nous n’accepterons plus l’instauration d’une nouvelle dictature en Guinée. Nous voulons la paix en Guinée, l’unité nationale et le président Condé a trouvé toutes ces valeurs réunies à son arrivée au pouvoir. Si le président Condé ne peut pas consolider la démocratie, il faut qu’il se rappelle qu’il n’est qu’un acteur politique qui était associé à l’opposition pour la lutte pour l’instauration d’une véritable démocratie en Guinée.
Africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 03-Oct-2011 à 14:52:14  Partager:   :  |