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Detail de la News

Cellou Dalein Diallo de l'UFDG:"Si le médiateur réussit à faire partir la junte, nous trouverons l'homme qu'il faut pour diriger la transition"





Actuellement en séjour à Ouagadougou avec les forces vives guinéennes, l'ancien premier ministre Cellou Dalein Diallo a estimé que le départ de la junte du Capitaine Dadis est "obligatoire".Au micro de nos confrères Burkinabé, le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée(UFDG) explique les attentes des forces vives, de la part du médiateur de la CEDEAO, le Président Blaise Compaoré...


Fasozine.com : Bastonné à mort le 28 septembre suite aux évènements au stade, vous avez été évacué par avion pour des soins. Comment vous vous portez actuellement?

Cellou Dalein Diallo: Il y a du mieux. Surtout grâce aux bonnes volontés comme le président sénégalais Abdoulaye Wade qui a permis mon évacuation et aussi que je bénéficie de soins appropriés.


Comment avez-vous personnellement vécu les évènements du 28 septembre dernier?

S’appuyant sur des liesses de soutien qu’il a lui-même montées de toutes pièces et dont les auteurs lui demandaient de rester au pouvoir, le capitaine Moussa Dadis Camara, que nous avons soutenu au départ, a déclaré que personne ne pouvait l’empêcher de se présenter aux élections. Cela a obligé les Forces vives à se retrouver et à constater que le président Dadis était en train de renier le discours sur la base duquel il avait été soutenu par elles lorsqu’il accédait au pouvoir. Il avait juré qu’il ne se présenterait pas aux élections à l’issue de la courte transition qu’il allait mettre en place. A l’issue de cette rencontre, nous avons marqué notre désapprobation. Par la suite, nous avons décidé d’organiser cette manifestation pour marquer notre décision de ne plus le soutenir dans cette démarche. Nous avons invité les militants de partis politiques, les membres de la société civile à manifester le samedi 28 septembre au stade qui porte le nom de cette date. Il s’agissait d’exprimer notre opposition à cette candidature.

Comment les violences ont-elles été déclenchées?

Très tôt le matin, les leaders se sont retrouvés au domicile de Jean Marie Doré. Nous avons ensuite pris la direction du stade. Après quelques kilomètres de marche, la police nous a contraints à nous arrêter, en nous rappelant que cette marche était interdite. Nous sommes restés sur place parce qu’il y avait un obstacle physique majeur. C’est alors qu’ un ministre est venu vers nous pour nous dire que la manifestation était interdite. Après des pourparlers, nous avons décidé de rester sur place et de ne pas bouger. Quelques minutes après le même ministre est revenu nous dire qu’ils étaient débordés par les manifestants venus de la banlieue. Ceux-ci avaient pu accéder au stade parce que les forces de sécurité n’avaient pas voulu utiliser leurs armes. Ce ministre nous a alors dit de venir nous adresser à nos militants pour leur dire d’arrêter les violences contre les policiers et aussi d’éviter de dégrader les équipements du stade. Nous avons donc été invités à rentrer au stade. Nous avons constaté que les jeunes étaient excités. A un moment donné, des éléments de la garde rapprochée du chef de l’Etat ont fait irruption dans le stade et ont tiré à balles réelles sur les manifestants. Ils sont montés ensuite sur la tribune où les leaders étaient assis et ils nous ont frappés. Ils se sont acharnés sur moi en particulier. Ils m’ont battu jusqu’à me casser une côte, me blesser à la tête. Je saignais du nez. C’est lorsqu’ils m’ont pris pour mort qu’ils m’ont abandonné. Mes camarades de lutte m’ont envoyé à l’hôpital et par la suite j’ai été évacué en France, via Dakar. Cela été rendu possible grâce à la médiation du président Wade.


Si les actes de violence des militaires sont à déplorer, ne vous sentez-vous pas responsable des conséquences de cette barbarie en tenant coûte que coûte à tenir cette manifestation qui a été interdite?

Je suis souvent révolté lorsqu’on me dit que la responsabilité est partagée. La manifestation a été certes interdite mais cela ne justifie pas une telle barbarie de la junte. Les morts sont estimés à 157. Les personnes disparues à environ quinze. Les blessés sont au nombre de 1200.On voulait assassiner les leaders. J’ai payé un lourd tribut au carnage. Mon parti a perdu 74 militants sur l’ensemble des militants décédés.


Vous prônez le respect des institutions républicaines. Votre responsabilité n’est-elle pas engagée avec votre insistance pour tenir cette manifestation?

On pouvait tout au plus attraire les leaders que nous sommes en justice. On ne l’a pas fait. On a préféré un carnage, des actes inhumains! Dans beaucoup de pays il y a des manifestations interdites dont l’interdiction finit par être levée par les manifestants eux-mêmes. Mais cela ne donne pas lieu à de tels carnages. Du reste, rappelez-vous que c’est le ministre lui-même qui nous a autorisés à accéder au stade pour calmer les manifestants qui s’y trouvaient et les autres qui défiaient les forces de sécurité.


En tant qu’ancien Premier ministre, n’êtes-vous pas comptable du marasme politique actuel de la Guinée?

J’ai été plusieurs fois ministre avant d’être Premier ministre. Les chiffres sont là, les faits aussi demeurent. Dans l’esprit des Guinéens, mon bilan a été jugé positif. Le responsable des malheurs, c’est la junte qui a pris le pouvoir à la mort du général Lansana Conté, qui a fait des promesses et qui ne les a pas respectées.


Si vous devez qualifier la junte au pouvoir?

Après les évènements du 28 septembre dernier, on ne peut que qualifier ce régime de dictatorial, de sanguinaire. Nous sommes déçus du président de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Il avait suscité tant d’espoir à ses débuts et c’est ce qui nous avait poussés à le soutenir.


Il est question de choisir un président qui va gérer la transition. Les Forces vives seront-elles unanimes sur le candidat à désigner?

Si le médiateur réussit à faire partir la junte au pouvoir, rassurez-vous, les Forces vives proposeront l’homme qu’il faut.


Qu’attendez-vous du médiateur nommé par la Communauté économique de l’Afrique de l’ ouest (CEDEAO)?

Qu’il utilise ses talents, son expérience et son intelligence pour convaincre le capitaine Dadis Camara de partir et de laisser la place à un gouvernement de transition qui organisera des élections libres et transparentes.


Le départ de Dadis Camara est-elle une condition obligatoire?

Elle l’est.

Interview réalisée par Roger Niouga Sawadogo
Source:fasozine.com

  Rubrique: Interview  date: 03-Nov-2009 à 11:32:31  :

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