Sommet des Chefs d’Etat de l’UA à Niamey : Des engagements forts pour l’industrialisation de l’Afrique…

Afrique

NIAMEY- Un sommet extraordinaire de l’Union Africaine sur la zone de libre-échange continentale s’est tenu ce vendredi 25 novembre 2022 dans la capitale nigérienne.

La rencontre de Niamey a connu la présence de plusieurs Chefs d’Etat du continent africain, des responsables d’institutions financières internationales et des représentants d’organisations internationales.

Face aux défis pour une industrialisation de l’Afrique et la diversion de son économie, les Chefs d’Etat africains veulent désormais parler d’une seule voix. Dans la capitale nigérienne, des engagements forts ont été pris par ces dirigeants africains.

Le sommet a aussi une occasion pour mette en exergue les avantages d’une intégration économique pour l’économie du continent africain à travers la ZLECAf.

« Si d’incontestables progrès significatifs sont observés dans certains États membres, dans d’autres en revanche le secteur de l’industrie a stagné quand il n’a pas régressé. Il ne représente en moyenne que moins de 15% dans le produit intérieur brut », a indiqué le Président de la Commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat qui a soulginé ensuite que les produits exportés n’accusent qu’un très faible contenu technologique.

Le modèle d’industrialisation de l’Afrique doit être repenser pour une meilleure prise en compte de l’ensemble des potentialités du continent, selon Moussa Faki Mahammat.

Le Président de la Commission de l’Union Africaine dira également qu’un investissement dans le secteur énergétique constituerait un vecteur d’intégration régionale dans un continent où 600 millions de personnes n’ont jamais vu l’électricité.

Après avoir souhaité la bienvenue à ses hôtes, le Président de la République du Niger, a rappelé que le sommet de Niamey marque l’engagement du leadership de l’Union Africaine d’accélérer l’industrialisation en vue d’atteindre les objectifs de développement durables (ODD) 2030 et l’agenda 2063.

Pour Mohammed Bazoum, l’industrialisation de l’Afrique passe par la mise en œuvre de l’accord sur la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Malgré ses nombreuses potentialités, le continent africain a une faible part dans le commerce mondiale. Elle représente 4%, contre 17% pour le commerce entre les pays africains.

« Notre continent est riche en matières premières variées, et riche d’une jeune population majoritairement rurale projetées à 2 milliards de personnes à l’horizon 2063 dont la moitié aura moins de 27 ans », a indiqué le Chef d’Etat nigérien.

Mohammed Bazoum a ensuite plaidé pour plus d’investissements dans la construction des infrastructures qui faciliterait la circulation des africains et leurs biens.

« Pour connecter le continent dans tous les sens du terme et transporter les grands flux à moindre coûts économiques et environnementaux, le maillage progressif par un réseau de chemins de fer se déployant autour de grands axes continentaux connectant les réseaux régionaux et de proximité (…) », souligne le Chef de l’Etat nigérien.

Mohammed Bazoum trouve incompréhensible que son pays le Niger, grands producteurs de cheptels, soit obligé d’importer du lait de la France ou de la Hollande.

Fort d’une population de 1,4 milliard d’habitants, le continent africain dispose de 60% des terres arables non exploitées dans le monde. Avec ses 30 millions de Km2, l’Afrique regorge de 40% des réserves mondiales d’or, 85% des réserves de phosphates et ‘un tiers des réserves mondiales de bauxite. A ceci s’ajoutent aussi ses importantes ressources hydriques, gazières et pétrolières.

« A trois ans de la fin de la 3ème décennie du développement industriel de l’Afrique, il nous faut donc davantage travailler pour rompre le cercle vicieux de l’échange inégal qui fait de l’Afrique un réservoir de matières premières exploitées à bas coût, et dont une partie nous est ensuite revendue à des prix exorbitants. Il y a urgence à améliorer nos outils de production, y compris les infrastructures énergétiques, du numérique, de la logistique et du transport pour soutenir la productivité de nos industries », a indiqué le Président en exercice de l’Union Africaine dans un discours lu par sa Ministre des Affaires Étrangères, Aissata Tall Sall.

Les représentants des institutions financières internationales présents à ce sommet, ont tour à tour salué l’engagement des Chefs d’Etat pour une industrialisation de l’Afrique et une diversification de son économie.

 

Africaguinee.com

Créé le Dimanche 27 novembre 2022 à 18:53

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