Dadis Camara incarcéré à Conakry: Comment les citoyens réagissent à Nzérékoré ?

Guinée

CONAKRY- C’est un procès historique attendu depuis treize ans qui s’ouvre ce mercredi 28 septembre 2022 à Conakry. Les auteurs présumés du massacre de 2009 feront face aux juges demain.

A la veille de l’ouverture de ce jugement, l'ex chef de la junte Moussa Dadis Camara récemment rentré de Ouagadougou pour se défendre dans ce dossier, a été incarcéré en compagnie de plusieurs autres inculpés notamment Claude Pivi alias Coplan, Moussa Thiegboro Camara.

A Nzérékoré, ville originaire de Moussa Dadis Camara, le sujet est sur toutes les lèvres. Notre correspondant a interrogé certains citoyens. Les réactions sont mitigées. Si certains pensent que la tenue de ce procès est une bonne chose, d'autres redoutent que cela ne soit un obstacle à la bonne marche de la transition en cours depuis le 05 septembre 2021.

"Je viens d'apprendre que Moussa Dadis et compagnie ont été entendus. Nous sommes derrière la loi. Si la loi exige à ce qu'on les maintienne en détention, on est là on suit la loi", a lancé Camara Mohamed, prudent.

Alpha Kabinet lui pense que c’est un pas qui vient d’être franchi. « Moi je suis vraiment content d'apprendre que ce procès aura lieu demain, et surtout que Moussa Dadis qui a tant clamé son innocence dans cette affaire, qu'il soit la toute première personne à quitter Ouagadougou, regagner le pays pour affronter la justice. Cela me va droit au cœur. Pourvu que les coupables soient punis et que les innocents soient blanchis. En plus, ça va donner une autre image à la Guinée (…).

C'est une bonne idée, il faut qu'on tire chapeau au CNRD qui a tenu à organiser ce procès qui a tant duré. On espère que la loi va être dit, pour que les morts puissent reposer désormais en paix. Si Dadis a été convoqué aujourd'hui, je pense qu'en matière juridique, ce sont des simples formalités ce n'est pas un jugement à mon entendement », soutient Kabinet Alpha.

Cet autre citoyen appelle la justice à être justice et de tenir un bon procès. « Ils n'ont qu'à bien faire le procès. Qu’on donne la latitude aux accusés de se défendre. Il ne faut pas faire des arrangements. On veut qu'il y ait un procès juste et équitable ».

M. Doré lui craint que l’ouverture de ce procès ne soit un frein pour la bonne de la transition en cours. "Ce qui nous intéresse à l'heure-là, c'est la transition. Mais si ce procès devient un obstacle pour la transition, moi je rejette. S'ils veulent prendre ce jugement comme un moyen pour anéantir ou retarder la transition, vraiment moi je ne suis pas pour", s'inquiète M. Doré

M. Kpoghomou lui comprend parfaitement les raisons de la convocation de Dadis Camara. « Il est aujourd'hui entendu parce qu'à l'époque des faits, c'est lui qui était président. Et les victimes pensent que c'est lui qui les a mis dans ce problème. Même si on l’arrête, je crois que c'est pour le sécuriser. Parce que toutes les victimes pensent que c'est lui qui est à l'origine de tout ce qui est arrivé ».

D’autres citoyens rencontrés appellent tout simplement au pardon et à la tolérance pour permettre au pays d’avancer dans la paix.

A suivre...

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d'Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél : (00224) 628 80 17 43

Créé le Mardi 27 septembre 2022 à 22:23