François Bourouno : "La BIDC n'est pas l'unique guichet de transit des financements en faveur de la Guinée..."

Guinée
François Bourouno
François Bourouno

CONAKRY-Réunis le 22 septembre en sommet extraordinaire, les dirigeants de la communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont infligé de lourdes contre la Guinée.

Sur le volet économique, l’économiste Mamadi Camara, interrogé par Africaguinee.com a indiqué que la suspension de l’assistance et transaction financière en faveur de la Guinée par les institutions financières de la CEDEAO, notamment la BIDC, privera la Guinée de financements extérieurs.

François Bourouno, agent de développement et ancien travailleur au Bureau pays de la Banque mondiale en Guinée n’est pas de cet avis. Selon l’actuel secrétaire général du ministère de la Culture, la BIDC n'est pas le guichet unique de transit des financements au développement de la Guinée.  Il s’est confié à notre rédaction. Explications.

« Je trouve assez grossier en terme de contrevérités d’affirmer que tous les financements dédiés au développement de la Guinée transitent par la BIDC. Bien qu'elle soit une banque de la sous-région, la BIDC est une banque d'investissement. Les autres institutions qui, principalement appuient aussi le développement de la Guinée, -la Banque Islamique de développement, la Banque Africaine de Développement etc- sont des institutions autonomes qui sont gouvernées par des conseils d'administration spécifiques. Donc, chaque institution choisit des mécanismes par lesquels il fait transiter ses financements pour l'appui aux projets du développement du pays comme le stipule la loi guinéenne.

Tous les financements ne transitent pas par la BIDC. Soutenir cela est archifaux. Je pense que c'est assez grave surtout que le pays traverse un moment très sensible. Il n'est souhaitable pour personne que la Guinée soit sanctionnée. Je ne peux minimiser aucune conséquence quelque soit la petitesse. C'est vrai que la Guinée a ses particularités mais nous avons aussi ce devoir d'apporter des éléments de clarification.

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Les autres institutions de financement passent par des mécanismes appropriés, qui ne transitent pas du tout par les mécanismes de la BIDC. D'autres même font des virements surtout quand il s'agit des appuis budgétaires et ça vient directement sur des comptes qui sont ouverts à la Banque centrale et d'autres passent par des banques intermédiaires internationales.

Le montant vient directement sur les comptes des bénéficiaires, que ce soit les unités de gestion des projets qui sont ici, que ce soit les départements ministériels qui constituent l'encrage des projets spécifiques, que ce soit même des prestataires. Il y a même certains prestataires sur certains projets qui se font payer directement à partir des sièges des institutions de financement. 

Avant que je ne sois nommé dans l’administration, je travaillais sur ces questions. J’avais des informations sur quelques projets que la BIDC avait en Guinée, mais ce sont des projets qui n’avaient pas connu de décaissement et sur lesquels d’ailleurs la Guinée payait des commissions.

Si ce statu quo se maintient, ça voudrait dire qu’à court terme, c’est le paiement de ces commissions qui pourraient s’estomper. C’est une hypothèse. Mais affirmer qu’avec les sanctions qui sont imposées, tous les financements vont tarir, je reviens là-dessus pour dire que c'est archifaux. La BIDC n'est pas le guichet unique de transit des financements au développement de la Guinée ».

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Dimanche 25 septembre 2022 à 16:31