Exigences de la Cedeao sur la durée de la transition: La réponse "tranchante" de Bernard Goumou à l’ONU…

Guinée
Dr Bernard Gomou, Premier ministre de la Transition guinéenne
Dr Bernard Gomou, Premier ministre de la Transition guinéenne

CONAKRY-Malgré les lourdes sanctions infligées à la Guinée par la Cedeao, le Premier ministre guinéen de la Transition, Dr Bernard Goumou est resté ferme ce samedi 24 septembre 2022, devant la tribune des Nations-Unies sur la durée de la transition dans son pays fixée à trois ans.

Alors que les dirigeants de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest ont exigé jeudi dernier, un chronogramme raisonnable dans un délai d’un mois, faute de quoi de nouvelles sanctions plus lourdes frapperont la Guinée, le chef du Gouvernement a martelé que les 36 mois sont nécessaires.

Pourquoi ? Le Premier ministre insiste sur le caractère impérieux du recensement général de la population et de l’habitat ainsi qu’un recensement administratif à vocation d’état civil. Ces deux opérations greffées à l’organisation des trois scrutins nécessitent 36 mois. Il s'est toutefois abstenu d'évoquer les sanctions. 

« Concernant la durée de la transition, point de négociation centrale entre la Guinée et la Cedeao, il faut souligner que le contenu de la transition présenté en dix points comprend : un recensement général de la population et de l’habitat ainsi qu’un recensement administratif à vocation d’état civil. Ces deux opérations nécessiteront 24 mois pour leur réalisation et 12 mois supplémentaires seront nécessaires pour la tenue des trois scrutins programmés.

Je n’insisterai pas assez sur le caractère impérieux de la réalisation du recensement de qualité pour l’établissement d’un fichier électoral incontestable qui garantira les processus électoraux transparents et les résultats acceptés de tous. A ce niveau, il faut rappeler que la question du fichier électoral a été toujours le point de discorde et de contestation des différents scrutins de ces dernières années en Guinée », a-t-il déclaré.

La Guinée a adopté comme principe conducteur de cette transition le dialogue inclusif y compris avec la Cedeao, le renforcement de l’Etat de droit, la promotion des Droits humains et la reddition des comptes pour recoudre un tissu national fragilisé, a-t-il précisé, affirmant qu’un cadre de dialogue inclusif a été créé.

Clin d’œil au quatuor « ANAD, RPG, FNDC Politique, CORED »

« Nous fondons l’espoir que les acteurs réticents dans un sursaut de conscience patriotique se joindront à ce cadre. Aujourd’hui, aucun obstacle ne se dresse sur le chemin du dialogue inclusif en république de Guinée », a soutenu le Premier ministre.

Bernard Goumou s’est aussi évertué à dresser un bilan à mi-parcours de la Gouvernance du CNRD. Dans ce cadre, il a notamment cité l’élaboration de la charte de la transition, la formation d’un gouvernement civil, la mise en place du Conseil National de la Transition (CNT), l’établissement de la Cour de Répression des Infractions Économique et financière (Crief), la récupération des biens spoliés de l’Etat. « Toutes ces procédures engagées reposent sur l’indépendance totale de la justice », a affirmé Bernard Goumou, rappelant le leitmotiv du colonel Mamadi Doumbouya selon lequel « la justice sera la boussole de la transition ».

Nous y reviendrons !

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Dimanche 25 septembre 2022 à 2:45