Opposant et activistes écroués : Inquiète, la Défense appelle à "éviter les erreurs du passé"

Guinée
Maitre Salifou Béavogui et ses clients Saikou Yaya Barry et Ibrahima Diallo
Maitre Salifou Béavogui et ses clients Saikou Yaya Barry et Ibrahima Diallo

CONAKRY-Arrêtés fin juillet 2022 au lendemain d’une manifestation interdite réprimée dans le sang à Conakry, Oumar Sylla « Foniké Mengué », Saikou Yaya Barry et Ibrahima Diallo, croupissent en prison depuis le 1er août. 

Ils sont inculpés pour "participation délictueuse à un attroupement interdit, troubles à l’ordre public, destruction de biens publics et privés, incendies volontaires, pillages et coups et blessures". Des accusations qu’ils rejettent en bloc.

Alors que leur procès tardent à s'ouvrir, ce samedi 20 août 2022, leurs avocats ont exprimé de vives inquiétudes par rapport à la lenteur de la procédure, tandis que l'instruction est close. Ils souhaitent que les erreurs judiciaires du passé, qui se traduisent par de longue détention, soient évitées.

« Nous souhaitons que les erreurs judiciaires du passé soit évitées. Les longues détentions, la lenteur de la procédure, qui débouchent souvent sur la relaxe, un non-lieu ou un acquittement alors que la personne poursuivie a déjà trop souffert en prison. Parce que généralement, ce sont des dossiers politico-judiciaires montés de toutes pièces.

Nous souhaitons que cette fois, on évite ces erreurs. Depuis début août, les trois sont mis aux arrêts, le dossier est fin prêt pour être jugé. Il faut aller directement à l’audience pour que le droit puisse jaillir. Pour nous, rien ne justifie la lenteur dans cette procédure. Il est question de liberté qui n’a pas de prix », explique maitre Salifou Béavogui, membre du collectif des avocats de ces trois détenus.

Oumar Sylla, Ibrahima Diallo, Saikou Yaya Barry, respectivement coordinateur national, chargé des opérations du FNDC (front national pour la défense de la constitution) et secrétaire exécutif de l’UFR (union des forces républicaines) ont été entendus début août, par le doyen des juges d'instruction du Tribunal de Première Instance de Dixinn. Pour leurs avocats, rien n’empêche désormais l’ouverture de leur procès.

« Nous souhaitons vivement que leur dossier soit immédiatement transmis à la juridiction de jugement pour qu’une date d’ouverture du procès soit fixée. Nous sommes inquiets face à lenteur que prend le dossier. Il doit être maintenant évoqué devant la juridiction de jugement et tranché. On souhaite qu’on abrège la souffrance de nos clients en acceptant de renvoyer ce dossier très rapidement devant la juridiction de jugement », insiste l’avocat.

A suivre…

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Samedi 20 août 2022 à 19:32