Guinée-Sénégal : Des camions transportant des produits "explosifs" bloqués à la frontière

Transport
Des camions bloqués à la frontière entre la Guinée et le Sénégal, image d'archive
Des camions bloqués à la frontière entre la Guinée et le Sénégal, image d'archive

KOUNDARA- Plusieurs dizaines de camions transportant du nitrate d’ammonium, un produit hautement explosif, sont bloqués à la frontière entre la Guinée et le Sénégal. Selon nos informations, ces produits chimiques sont commandés par une compagnie minière évoluant dans la région de la Haute Guinée.

Mais un différend oppose la société XLOG qui fournit ces explosifs et son transitaire habituel Djiba Bereté. Ce dernier réclame à son partenaire la somme de 274 000 000 Gnf. D’où l’impasse.

Le préfet de Koundara, a ordonné la sortie des camions sur le territoire guinéen, compte tenu de la dangerosité des produits qu’ils transportent en attendant qu’une solution soit trouvée entre les deux partenaires.

« Ce ne sont pas des camions sénégalais seulement qui sont garés à la frontière. Il y a également des camions guinéens et maliens. Ils sont au nombre de 52 selon ce qu’on m’a informé. Ils sont en destination de Siguiri. Ces camions transportent des produits chimiques. Demain, je compte me rendre sur le terrain pour comprendre réellement de quoi il s’agit. Parce que ce que je vous dis m’a été rapporté par des chauffeurs », explique Oumar Lobilo Baldé, président de la chambre de commerce de Koundara.

Le préfet de Koundara, colonel Abdourahmane Keita a expliqué à Africaguinee.com que le blocage des camions n’implique aucunement les autorités douanières et militaires. Il indique avoir ordonné de mettre les camions hors de la Guinée compte tenu de la toxicité des produits qu’ils transportent.

« Ce n’est ni la gendarmerie, ni la douane qui bloque les camions. L’incompréhension, c’est entre les deux partenaires, la société qui avait l’habitude d’importer et son partenaire. Comme les produits sont dangereux, j’ai ordonné à ce que les camions soient dans la zone du Sénégal jusqu’à ce que les parties s’entendent. Donc, la douane et la gendarmerie sont loin de cette affaire. Le problème c’est entre fournisseur et transitaire. C’est ce qui se passe, sinon il n’y a pas d’autres problèmes », précise le préfet de Koundara, le colonel Abdourahmane Keita.

Djiba Bérété, transitaire et commissionnaire agrée en douane est l’artisan du blocage des camions à Koundara. Il indique que la société XLOG lui doit 274 millions francs guinéens dans le cadre du transport des produits livrés par XLOG à la SAG.

« Le problème c’est entre le transitaire et le fournisseur. Je suis le transitaire et commissionnaire agrée en douane. Il y a un contrat entre la SAG et moi ainsi que certaines sociétés. Je suis opposé à la société sénégalaise XLOG qui fournit les explosifs à la SAG.  Je travaille avec elle depuis qu’elle sous-traitait avec la société guinéenne MAXSAM GUINÉE. Une société qui utilisait aussi les explosifs en Guinée. De 2017 à 2020 nous avons travaillé ensemble. Quand Maxam a connu un retard dans le traitement de ses dossiers, elle est passée directement par moi. Donc depuis 2020 Maxam s’est engagé directement avec nous. Mais des factures impayées restent entre nous, elle nous doit de l’argent, mais Maxam a définitivement quitté le circuit. Ils disent qu’ils ont tout payé à XLOG et cette société n’a pas de représentants ni de siège en Guinée.

Nous sommes restés sans voie de recours pour ça. Comme c’est le business, nous n’avons pas arrêté de travailler avec XLOG. Nous avons continué à collaborer. Quand ils ont une situation tendue en Guinée, on débloque pour eux. En 2022 là, ils ont eu un contrat avec CADEX. Ils sont venus encore vers nous. On a fait la première livraison, même les droits de douane, c’est moi qui ai payé. Mais il se trouve que jusqu’à présent, ce n’est pas payé au niveau de Cadex ni à XLOG. Il y a des voies de recours pour ça. Après, XLOG nous a contacté encore pour un contrat de 35 camions.

Nous avons honoré notre part du contrat, le produit est arrivé sur le site sans problèmes. Une partie des factures est payée, une autre reste. Ce qui s’ajoute aux factures de 2020, ce qui fait un total de 274 MILLIONS Gnf. A chaque fois, XLOG vient vers nous. Je demande de payer nos factures. J’ai envoyé des mails, des messages qui sont restés sans aucune réponse.

Entre temps, nous apprenons qu’ils ont donné le marché à une autre société. Nous avons demandé qu’ils reviennent sur la table pour qu’on discute, en vain. C’est pourquoi nous sommes venus à Koundara bloquer les camions pour exiger notre paiement par XLOG », explique M. Bérété.  Contacté par Africaguinee, XLOG n’a pas souhaité faire de commentaires.

Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 664 93 45 45

Créé le Mardi 19 juillet 2022 à 23:00

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