Hausse du carburant : les syndicats exigent des mesures d’accompagnement sinon…

Guinée
Amadou Diallo et Aboubacar Soumah
Amadou Diallo et Aboubacar Soumah

CONAKRY-A partir de ce mercredi 1er juin 2022, le prix du carburant connait une hausse de 20% en Guinée.  Le prix du litre d'essence, de pétrole ou de gas-oil passe de 10 000 francs guinéens à 12 000GNF à la pompe sur toute l'étendue du territoire.

Cette augmentation des prix des produits pétroliers semble avoir surpris plus d'un. Quelques acteurs du mouvement syndical guinéen dénoncent une décision unilatérale. Ils exigent du Gouvernement des mesures d’accompagnement.

"C'est une augmentation qui vient surprendre tout le monde. Il n'y a pas eu de pédagogie dans cette prise de décision. Nous avons tous été surpris hier avec cette annonce brusque. Nous, en tant que syndicat on n'a pas été consultés. Et pourtant il y a un accord qui nous lie, cet accord dit que quand y a augmentation du prix du baril au niveau international et qu'il y a lieu d'augmenter le prix du carburant, on nous associait, avec les gouvernements passés on en discutait et on s'entendait sur un quota. Mais cette fois-ci ça n'a pas été le cas, peut-être que comme c'est une junte, ils l'ont fait de façon unilatérale en fixant le prix à 12 000 Fg alors qu'on était à 10 000 Gnf", regrette le secrétaire général du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée.

Cette augmentation doit se faire avec des mesures d'accompagnement sans quoi, le syndicat va se faire entendre ajoute le SG du SLECG. 

"On ne sait pas quelle va être la réaction de la population mais nous en tant que syndicalistes, nous allons nous retrouver et allons réagir par rapport à ça. Parce que s'il n'y a pas de mesures d'accompagnement on va réagir. Toute augmentation du prix du carburant à la pompe entraîne des mesures d'accompagnement, soit augmenté les salaires ou accordé des primes. Si cela n'est pas fait, on va se retrouver, analysera situation et on va réagir", a déclaré Aboubacar Soumah. 

Le secrétaire général de la CNTG, Amadou Diallo se dit surpris également car n'ayant pas été consulté mais reste toutefois prudent sur les actions que le mouvement va envisager.

" Le mouvement syndical n'a pas été consulté, nous avons été surpris. On a tous appris la nouvelle comme vous. Nous allons nous concerter dans un laps de temps" a-t-il déclaré avant de préciser que l'éventualité d'une grève n'est pas à l'ordre jour.

"Avant d'aller en grève, il y a des procédures qu'il faut observer c'est donc prématuré de parler de grève. Ce n'est pas de la façon dont le carburant a été augmenté que nous allons réagir brutalement. Nous allons d'abord nous concerter et vous reviendrons" ajoute Amadou Diallo. 

Cette augmentation intervient alors que le 7 avril 2022, le patronat, le gouvernement de la transition et le syndicat ont signé un protocole d'accord de 22 points dont une revalorisation du SMIG à hauteur de 25% soit de 440 000 à 550 000 francs guinéens. 

Remise en cause du protocole d'accord du 7 avril 2022

Le secrétaire général de la CNTG, ajoute également que cette nouvelle augmentation sur le prix des produits pétroliers remet en cause le protocole d'accord signé le 7 avril d'autant plus qu'il n'était pas envisagé d'une augmentation de 20% du prix du carburant à la pompe.

"Je peux affirmer que oui, cette augmentation remet en cause ce protocole d'accord tripartite signé en avril dernier, parce qu'on n'avait pas tenu compte d'une éventuelle augmentation du prix du carburant qui devrait être là sinon, on allait en penser dans le protocole que nous avons signé. Mais on ne s'attendait pas à cette augmentation de façon brutale à hauteur de 20% du prix des produits pétroliers", explique le secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG).

De son côté, Salifou Camara, secrétaire général de la FSPE (Fédération syndicale des Professionnelles de l'Éducation) demande au gouvernement d'ajouter des mesures d'accompagnement suite à cette hausse du prix du carburant. 

Car selon lui, cette hausse va avoir des répercussions sur le loyer, la nourriture, le transport des fonctionnaires. C'est pourquoi l'obligation pour le gouvernement de trouver des mesures d'accompagnement suite à cette augmentation.

 

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel: (00224) 655 311 114 

Créé le Mercredi 01 juin 2022 à 13:38