Bah Oury "tacle" Kassi Brou de la Cedeao : "Il aurait dû empêcher le coup d’Etat en mars 2020…"

Guinée
Bah Oury, leader de l'UDRG
Bah Oury, leader de l'UDRG

CONAKRY-Alors que le président de commission de la Cedeao, Jean Claude Kassi Brou rejette le délai de la transition entériné par la junte en Guinée, Bah Oury lui demande de faire preuve de « modestie » et de « tempérance ». Pour le leader de l’UDRG, si la CEDEAO, avait bien joué son rôle, la Guinée aurait pu faire l’économie de cette transition.

« M. Jean-Claude Kassi Brou aurait dû empêcher qu’il y ait le coup d’Etat en mars 2020, il n’a pas bronché. Au contraire, ils ont appuyé, malgré les morts et tout ce que cela a occasionné comme dégât. Le Président Issoufou a fait de son mieux mais il n’a pas eu le soutien nécessaire de ses paires pour contrecarrer la volonté de monsieur Alpha Condé d’avoir ce troisième mandat. Ça nous a coûté très cher et aujourd’hui, la Guinée doit se reconstruire. Nous sommes suffisamment conscients du retard de notre pays et des implications que cela occasionne.

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Donc, nous ne pouvons que demander à la CEDEAO d’accompagner la nécessité absolue pour la Guinée de repartir sur des bases solides pour nous permettre de rattraper notre retard, de nous construire en tant que nation, en tant qu’Etat moderne et permettre à l’Afrique de l’Ouest d’avoir une zone de stabilité avec une task-force qui partirait de Dakar-Banjul-Bissau-Conakry-Freetown-Monrovia-Abidjan et qui irai sur Acra » a réagi Bah Oury dans une interview qu’il nous a accordé ce mercredi 17 mai 2022, dont l’intégralité sera diffusée prochainement.

Pour l’ancien ministre de la réconciliation, si la stabilité est acquise dans la zone ouest-africaine et qu’il y ait des convergences des politiques économiques, des politiques sociales, la capacité de gouvernance s’améliorera pour cette zone.

 « On va contrecarrer efficacement les déstabilisations asymétriques que nous connaissons dans le Sahel. C’est ça l’enjeu et au-delà de tout, c’est la stabilité en Afrique de l’Ouest qui est l’aspect fondamental et il faut qu’on règle les problèmes à la racine. Ils n’ont pas à faire semblant de surfer sur des vagues qui nous ramèneront toujours en retard avec le ressac pour nous écraser encore. Non, il faut que la Guinée se donne les moyens de décoller, et je pense que les dix (10) points contenus dans les étapes clefs pour le retour à l’ordre constitutionnel vont dans le bon sens », soutient le leader de l’UDRG.

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Si pour Jean-Claude Kassi Brou une transition n’est pas là pour développer un pays, Bah Oury estime que sa conception de la gouvernance, à lui. 

 « Moi je considère que nos atouts, au-delà de nos expériences antérieures de nos échecs et de la duplicité des éléments politiques qui ont gouverné. Nous devons avoir un gouvernement relativement neutre pour nous permettre d’avoir ce recensement général de la population, ce fichier d’état civil, ces cartes d’identités et identifier nos compatriotes et avoir cette capacité électorale fiable exhaustif avec des logiciels qui peuvent être adaptés et évolutifs pour permettre le changement de la manière dont le pays est gouverné. Ça c’est de notre responsabilité en tant que Guinéens, quelqu’un d’autre peut estimer que c’est superflu parce que le sort de la Guinée l’intéresse nettement moins », précise le Président de l’UDRG.

 

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mercredi 18 mai 2022 à 16:00

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