Médias et transition, 03 mai, réformes : Les confidences de Souleymane Bah "Thiâ’nguel"…

Guinée
Souleymane Bah, secrétaire général du ministère de l’information et de la communication
Souleymane Bah, secrétaire général du ministère de l’information et de la communication

CONAKRY-La journée mondiale de la liberté de la presse sera célébrée ce 3 mai 2022. En Guinée, la célébration de cette journée intervient dans un contexte de transition. Contrairement aux années précédentes, les nouvelles autorités du ministère de l’information et de la communication, a mis les bouchées double pour conférer à cette journée toute son importance.  Pour en parler, nous avons interrogé M. Souleymane BAH, (Soulay Thiâ’nguel), secrétaire général du ministère de l’information et de la communication.

 

AFRICAGUINEE.COM : Où en êtes-vous dans les préparatifs de la journée mondiale de la liberté de la presse ?

SOULEYMANE BAH : Ça fait à peu près plus de deux mois que nous travaillons à préparer la journée mondiale de la presse. D’abord, la première chose, nous avons décidé, au niveau du ministère que cette année, nous allons organiser cette fête avec les médias. Habituellement, comme vous le savez, les médias font leur fête à côté, le ministère fait une déclaration, et puis ça se limite à ça. Mais cette année, ce que la ministre nous a instruit de faire, c’est de voir dans quelle mesure impliquer ou travailler en collaboration avec les associations professionnelles des médias. Et, c’est ce que nous avons fait. Pour ce faire, nous avons mis des commissions en place qui ont travaillé sur un certain nombre de problématiques. Ensuite, nous avons mis en place un comité de coordination qui était composé de l’ensemble des présidents des associations de professionnels des médias.

Qu’est-ce qui est prévu concrètement cette année ?

Nous avons prévu plusieurs choses. La première, nous avons prévu de lancer un concours qui s’adresse aux étudiants qui font le journalisme dans leur établissement. On a d’ailleurs appelé ça, en langue poular (Jarruldhi journaliste) qui signifie (qui pousse). C’est ce qui est en train de pousser. La deuxième chose que nous avons prévue dans les universités, c’est des masters class. Nous avons choisi un certain nombre de thématiques issues des universités qui vont être animées par trois professionnels de médias à l’endroit des établissements d’enseignement supérieurs qui sont Koffi ANNAN, Mercure et l’Isic de Kountia. La troisième chose, nous avons prévu des stands au chapiteau By Issa pour permettre au public de venir rencontrer les journalistes, les médias pour qu’ils leur expliquent leur histoire, leur façon de travailler, leur quotidien.

On était parti sur la base de 20 stands que nous avions mis en place. Mais avec l’engouement, on s’est retrouvé aujourd’hui avec 33 stands dédiés aux médias, aux associations et aux universités dans lesquelles on enseigne le journalisme.

En plus, il y a des panels qu’on a appelés (Soummoungni en soussou). Il s’agit de panels qui vont porter autour du Numérique parce que cette année l’UNESCO a choisi comme thème : ‘’le journalisme sous l’emprise du numérique’’. Donc, tout ce que nous avons préparé pendant cette période, les panels vont être animés par des professionnels des médias, des professionnels de la justice et aussi par des ministres qui sont proches de ces thématiques-là. Il y a six (6) thématiques que nous avons mises en place : des panels concernant la formation, la responsabilité sociale du journaliste, comment le numérique est pris dans le modèle économique des médias guinéens etc. Ce sont des panels que nous allons dérouler durant les trois jours que nous organisons au chapiteau By Issa les 4, 5 et 6 mai.

Quel est le niveau d’avancement des préparatifs ?

A l’état actuel des choses nous avons beaucoup avancé, on va dire même dire que nous sommes dans la dernière ligne droite. Aujourd’hui, nous avons fini d’installer les stands, le concours est bouclé, la semaine prochaine le jury doit se réunir. Nous avons acté les universités pour les masters class (Kharangni), on est presque prêt sur tout ce qui concerne la logistique. On a envoyé les invitations, on a commencé à diffuser des spots à la télévision nationale, les panneaux sont affichés dans la ville, nous sommes en train de finaliser les invitations pour, à la fois, ceux qui vont venir à la cérémonie d’ouverture pendant les panels, et la cérémonie de clôture. Donc, on sera définitivement prêt quand on aura installé les contenus des stands.

Revenons un peu en arrière. Le 24 novembre 2021, le Président de la transition vous nommait secrétaire général. Depuis, vous travaillez avec la ministre Rose Pola Pricemou.  Quel était l’état des lieux que vous aviez trouvé sur place ?

Nous savions tous dans quel état se trouvait le pays au moment où le Président de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya a décidé de prendre ses responsabilités en compagnie de ses frères d’armes. On sait tous qu’on était dans un Etat déliquescent, dans une économie complètement en lambeau, une déchirure du tissu social, de la médiocrité au sommet de l’Etat et dans l’administration. Ce constat, on n’avait pas besoin d’être dans un ministère pour le faire.

Quand la ministre et moi sommes arrivés, la ministre a mis un certain nombre de réformes qui permettent de revoir un peu le système, comment décrêper et faire en sorte que les projets, la lettre de mission qui lui a été assignée par le Premier ministre puisse atteindre cet objectif. Elle a mis en place des réformes dans les services que composent le ministère, les différentes directions, des textes qui doivent régir aussi l’espace médiatique ou de la communication de manière générale. Dans ce cadre, on a par exemple finalisé l’arrêté portant fixation des tarifs publicitaires, il y a un certain nombre de projets qui sont en train d’être mis en place à la fois, en terme de restructuration du service, mais aussi en terme de projection sur ce qui doit se faire. La ministre a travaillé avec nous sur un plan d’action qui doit être exécuté par chaque direction. Et c’est dans ce cadre que nous sommes en train d’organiser ces journées là puisqu’elles font partie de ce plan d’action que nous avons mis en place.

En matière de liberté de la presse, la Guinée occupait la 109ème place du classement RSF (Reporters Sans Frontières) de 2021 sur 180 évalués. Vous n’êtes pas comptable de cela, mais près de six (mois) depuis votre nomination, quel regard faites-vous sur la situation de la liberté de la presse en Guinée ?

Il faut faire le constat qu’aucun journaliste n’est en prison. Depuis l’arrivée au pouvoir du Colonel Mamadi Doumbouya, malgré qu’on soit dans un régime militaire, on peut imaginer que ça peut être un régime restrictif de la liberté mais il n’y a pas de journaliste en prison, ni de journaliste inquiété. Les émissions sont en train d’être faites dans la liberté la plus totale, donc c’est la première chose.

Deuxièmement, le Président a rencontré les journalistes, les hommes de médias en fin d’année dernière, ils ont échangé et il leur a dit ce qu’il attend d’eux en termes de responsabilité dans le processus qui est en cours dans notre pays pour passer dans un pays normal. De ce point de vue-là, des actions ont été prises et certaines ont été concrétisées. Le Président s’était engagé à faire en sorte que les médias puissent avoir une maison de la presse, ce qui a été fait quelques jours après avoir pris cet engagement. Aujourd’hui, s’il a pris sa ministre de la communication qu’il a mis à la disposition des journalistes pour que cette fête (3 mai) soit organisée avec eux, pour moi c’est le reflet d’une conception de la liberté de la presse et la façon dont il imagine que les médias doivent réagir et agir dans son pays.

Nous espérons qu’avec tout ce que nous avons commencé, l’année prochaine la place de la Guinée soit améliorée. C’est en tout cas le combat que nous allons mener et c’est le combat pour lequel nous avons pris des engagements devant le Président de la Transition.

Est-ce que le Président Mamadi Doumbouya sera présent à l’occasion de la célébration de ces journées de la liberté de la presse ?

Je ne peux pas vous le confirmer ni infirmer. De même que je ne peux pas vous garantir qu’il ne sera pas là. Il a reçu une invitation, il est prévu qu’il soit là, mais c’est le Président de la Transition. Qui sait s’il n’aura pas une contrainte ? Mais nous nous battons pour qu’il soit là, qu’il reste en contact direct avec les médias. Nous nous battons pour que les médias puissent sentir que le Président de la transition est à leur côté.

 

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 114

Créé le Mardi 03 mai 2022 à 3:17

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