Manque d'eau : SOS pour le village de Parki après la mort d'Aissatou Sy...

Humanitaire
Image d’illustration
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Seulement quelques jours après le mois dédié aux Droits des femmes et à la journée mondiale de l'eau, la corvée de l’eau fait encore des victimes en Guinée. Après une longue marche pour y chercher l'aliment principal pour la survie de l'Homme, l'eau, source de vie dit-on, Assiatou, la quarantaine révolue, décède atrocement sous le poids d'un grand arbre situé à l’amont d’un marigot. Eh oui, il y a encore des personnes qui n’ont que ces têtes de source pour s’approvisionner en eau pour leurs ménages. Et ces dernières aussi se raréfient en saison sèche de sorte que pour en trouver, il faut parcourir de longues distances et aller donc loin des habitations.

En effet, arrivée dans la soirée de ce samedi 2 avril pour se procurer de cette denrée rare dans sa localité, Parki (un secteur relevant du district de Daaly dans la Commune Rurale de Madina Wora, préfecture de Mali, région de Labé), Assiatou s’y retrouve avec un autre groupe de femmes venues pour la même cause : puiser de l'eau dans ce marigot et retourner dare dare avant la tombée de la nuit. Il fallait donc attendre son tour parce que l'état de la source exige à ce que l'on y touche qu'à tour de rôle : l'une après l'autre. Ainsi, Assiatou s'assoit sous le grand arbre qui abrite la source (l'eau jaillit vraisemblablement sous les racines de l'arbre) avec, dans ses mains, l'enfant de l'une de ses compagnes d'infortune. Quelques instants après, l'arbre cède et c'est la débandade, le sauve qui peut.

Malheureusement, Assiatou ne pourra pas se sauver. Elle est terrassée par le tronc d’arbre qui se place sur elle, à plat ventre, avec tout son poids. Miraculeusement, l'enfant est propulsé et jeté un peu plus loin et sa vie sera sauvée. Les cris de détresse de Assiatou alertent ses compagnes qui comprennent sur le coup qu'elle est sous le tronc. Que faire ? Se demandent les plus moins traumatisées. Elles s'approchent et réalisent que seules, elles ne peuvent pas la tirer. Les unes cherchent à récupérer l'enfant en attendant que d'autres courent au village en quête de secours.

Trop tard, elle cède le pas (distance parcourue et problème de réseau téléphonique réunis) avant l'arrivée des hommes environ une heure après. À 19 heures donc, le village se réunit là et constatant qu’Assiatou était déjà décédée, l'assemblée décide d'attendre l'arrivée des autorités locales (déjà alertées au téléphone) pour récupérer le corps et l'enterrer sur place. Ce qu'on cherchait à éviter se révèle être un destin définitif. Ce n'est même plus que la nuit qui trouve Assiatou au marigot mais elle y repose pour de bon (du moins, ses restes).

Étant l’un des premiers secours arrivés sur les lieux, Abdourahim Sy raconte : « Imaginez tout le poids de cet arbre sur une personne. De 18h à 19h 55, elle était coincée sous l'arbre. Il a fallu l'arrivée des autorités pour l’enlever. L'état du corps traduit la mort violente qu'elle a subie suite à la chute de l'arbre. Cette affaire d'eau est une véritable corvée à ici, un véritable casse-tête. Même des animaux meurent en pleine saison sèche à cause de ça. ».

Mamadou Saliou Sy, jeune frère de la victime, enchaine sous des sanglots :« Ce qui est arrivé à notre sœur est triste. Les femmes marchent environs 4 km pour atteindre cette source qui se trouve aux pieds de l'arbre qui a chuté. Elle attendait son tour sous l'arbre, tenant le bébé d'une de nos sœurs. Quand les autres femmes ont entendu le bruit de l'arbre qui était sur le point de chuter, elles ont pris la fuite, mais Assiatou Sy qui était assise sous l'arbre n'a pas eu cette chance. L'arbre est tombé directement sur elle. Quant au bébé, c'est une petite branche qui l’a touché au pied, des abeilles aussi l'ont piqué un peu. Mais lui a survécu. Hélas pour la sœur ». Notons que la problématique de l’accès à l’eau se pose avec acuité pendant la saison sèche dans la Commune Rurale de Madina Wora (à 40 km du chef-lieu de la préfecture de Mali) en général et particulièrement dans ce district (Daaly) qui se trouve à une douzaine de kilomètres.

En manque total des mots pour y réagir, sous le poids de la tristesse, le maire de la Commune, Abdoulaye Karim Diallo se désole et renchérit : «il est triste et insupportable qu’une personne soit réduite à marcher sur des kilomètres pour aller puiser de l’eau au point d’en mourir sur le chemin de faire provision. Ça dénote de la grandeur des défis que nous avons pour l’émergence de nôtre collectivité et dont nous portons l’ambition et l’engagement. On fera en sorte que de tel drame ne se reproduise plus. Et pour ce, nous sollicitons le soutien de chacun et de tous et toutes, nos citoyens, l’État, les partenaires, les ressortissants et toutes les bonnes volontés d’où qu’elles soient. »

Dans la foulée du drame, certains ressortissants de la zone initient une levée de fonds pour l’aménagement d’un point d’eau potable  qui soulagerait les populations de cette localité qui compte parmi les plus enclavées de la région. Étant donné que d’ores et déjà, cette source est impactée par la chute de l’arbre et que même si l’on assainit les alentours et la réaménage, rare sont ceux qui oseront se retourner là pour s’approvisionner en eau de sitôt. Pendant que la seule alternative pour les habitants de Parki reste encore un autre marigot situé un peu plus éloigné du village (envions 5 Km).

La chaine de solidarité s’élargit à l’échelle de la sous-préfecture et la triste nouvelle fait débat dans toutes les plateformes numériques (groupes WhatsApp et consorts) et des cotisations sont entamées de suite. Au programme, offrir au village un forage à l’urgence. Si la mobilisation est conséquente c’est parce que ce type point d’eau sera très utile dans cette zone eu égard à son enclavement. A défaut, un puits amélioré sera l’alternative si les lieux s’y apprêtent.

Joignez vous à l'initiative et offrez ce que vous pouvez pour sortir PARKI de cette situation en évitant qu’il ait d’autres Assiatou (paix à son âme). Votre geste nous sera certainement utile et est vivement et urgemment sollicité, qu’il soit financier ou technique, individuel ou institutionnel.

Mamadou Oury Pellissaré BARRY, citoyen de Parki

Tel : (00224) 628 35 50 04

Créé le Samedi 09 avril 2022 à 18:04