Réconciliation nationale : "C'est le moment ou jamais…", dixit Bah Oury

Guinée
Bah Oury, leader de l'UDRG
Bah Oury, leader de l'UDRG

CONAKRY-Bah Oury, ancien ministre de la réconciliation nationale (2008), figure parmi les 31 membres du Comité National des Assises. La nomination de cette figure politique au sein du CNA censé conduire les activités des assises nationales devant déboucher sur le pardon et la réconciliation des Guinéens, a suscité une flopée de réactions. Ce samedi, 26 mars 2022, le leader de l’UDRG a brisé le silence.

Vous faites partie des 31 membres du comité national des assises. Vous avez la charge de réconcilier les Guinéens. Comment comptez-vous mener ce processus ?

BAH OURY : Je suis un peu au fond de moi-même triste de constater qu'après plus de dix années, les dynamiques de réconciliation nationale n'ont pas réellement avancé dans le concret. Malheureusement, les clivages se sont approfondis, la société est devenue beaucoup plus fracturée. Et donc, c'est le moment ou jamais pendant qu'il est encore temps, d'essayer de remédier à tout cela, de rattraper les choses pour avoir un tournant vertueux. J'espère que les assises seront une occasion de faire parler les Guinéens, de leur entrevoir d'autres perspectives susceptibles de créer l'apaisement, le rassemblement et une acceptation commune du patrimoine historique qui est l'histoire de la Guinée.

On réconcilie qui et qui ?

D'abord, il faut réconcilier l'Etat à la population parce que le passif historique est extrêmement lourd. De tous les régimes, il y a eu des violences, des tragédies. Donc, c'est l'Etat et la société qu'il faut réconcilier au prime abord. Ensuite, vous savez que nous sommes une société complexe avec beaucoup de discrimination qui sont récentes ou anciennes qu'il faut essayer de faire émerger, afin de résoudre ces problèmes.

Troisièmement, il faut aller dans le sens de la prévention puisque nous appartenons à une région fortement troublée avec les menaces djihadistes du fait du clivage religieux d'une autre vision de la pratique religieuse. Donc, il faut anticiper pour permettre aux Guinéens d'éviter ce que d'autres sont en train de subir à l'heure actuelle notamment au sahel.

Quelle va être la prochaine étape ?

Nous allons commencer les travaux le lundi 28 mars 2022 dans un réceptif hôtelier de la place. Un local dans la cité des nations nous sera attribué mais en attendant la fin des travaux, nous allons nous retrouver pour le moment dans un hôtel. C'est là que la méthodologie sera définie et le reste des travaux à faire. 

A suivre...

 

Propos recueillis par Siba Engagé

Pour Africaguinee.com

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Créé le Samedi 26 mars 2022 à 16:19