Bah Oury : "En 2008, en tant que ministre de la réconciliation nationale…"

Guinée
Bah Oury, leader de l'UDRG
Bah Oury, leader de l'UDRG

CONAKRY-En Guinée, les Assises Nationales ont été lancées ce mardi 22 mars 2022, au Palais Mohamed V, par le Président de la Transition, colonel Mamadi Doumbouya, devant un parterre de personnalités invitées pour la circonstance. Que faut-il attendre de ces assises ? Africaguinee.com a interrogé Bah Oury, ancien ministre de la réconciliation nationale.

AFRICAGUINEE.COM : Que pensez-vous de ces assises nationales qui ont été ouvertes ce mardi 22 mars 2022 ?

BAH OURY : Nous considérons que les assises nationales constituent une opportunité pour que la population s'approprie des grandes thématiques de la transition dans le cadre de la remise en force des fondamentaux de l'Etat de droit, des dynamiques de réconciliation nationale et puis aussi esquisser des perspectives pour lutter contre toutes formes de discrimination.

C'est un moment rare qu'il faut mettre à profit pour que la parole soit libérée, pour que les populations puissent exprimer leurs attentes et leurs désirs à l'ensemble des élites, que ce soit les élites au pouvoir ou les élites hors du pouvoir. 

Quelles sont vos attentes en tant qu'ancien ministre de la réconciliation nationale ?

Je pense que la question de la réconciliation nationale est quelque chose de fondamental. Ça nécessite un travail bien élaboré. Je pense que la commission nationale préparatoire de la réconciliation qui avait été mise en place en 2011 a fait un travail. Mais la dynamique allant dans le sens de la recherche de la vérité doit être complétée par la quête de justice et la quête de réparation pour éviter des répétitions. Le pardon est un élément qui viendrait à la suite d'un processus transitionnel de vérité-justice-réconciliation-réparation et non répétition.

Ce sont des thématiques extrêmement importantes parce que par le passé, en 2008 lorsqu'en tant que ministre de la réconciliation nationale, on avait organisé les assises des forces vives nationales, l'armée était présente.  Elle avait demandé pardon pour les exactions qui ont été commises par rapport au 22 janvier 2007, nous avions cru que c'était un pas extrêmement important qui a été franchi.

Mais malheureusement, l'année suivante, le 28 septembre 2009, on a assisté à un carnage beaucoup plus dévastateur que ce qui a avait précédé. Donc, c'est pour dire que l'action pénale, l'action justice est un élément fondamental pour éviter la non répétition et aller dans la dynamique du pardon.

A suivre…

 

Depuis le Palais Mohamed V

Siba Guilavogui

Pour Africaguinee.com

 
Créé le Mardi 22 mars 2022 à 15:11