Modèle de réussite : le parcours exceptionnel de Mariama Diallo... "handicapée"

Guinée
Maîtresse Mariama Diallo
Maîtresse Mariama Diallo

LABE-Mariama Diallo, 37 ans, handicapée physique est mère de deux garçons. Cette femme a un parcours qui force l’admiration. A l’occasion du mois de la femme, Africagiuinee.com l’a rencontré.

A cause de son « infirmité », elle abandonna les études en 6ème année, après une opération chirurgicale. Après sa guérison, elle apprend la broderie, un métier qui lui permet de vivre dignement. A Labé, son parcours est un cas d’école.  

Encouragée et soutenue par ses parents, elle trouve le salut dans la broderie. Déjà en 1996, elle décrocha son premier diplôme, puis un second en 1997. Dans son atelier, elle a formé plusieurs promotions.  C’est une femme fière que nous avons rencontré à Labé.

 

AFRICAGUINEE.COM : Maitresse Mariama Diallo ! Certains vous prédestinaient à la mendicité à cause de votre handicap. Comment avez-vous réussi à changer votre destin ?

MARIAMA DIALLO : Je suis une femme handicapée, mais je suis fière de l’être.  Bien que je sois handicapée, mais je me débrouille avec mon métier pour gagner dignement ma vie. J’ai étudié jusqu’en 6ème année mais je n’ai pas pu continuer. Ce qui m’a empêchée de continuer les études, lorsque j’étais enfant je boitais. J’ai été opéré pour soigner mon handicap. J’ai interrompu les études pendant deux ans. Lorsque mon père m’a dit de recommencer, alors que mes copines étaient en avance, j’ai décidé d’abandonner. C’est comme ça que mes parents m’ont inscrites pour faire la couture. Maintenant, je fais la broderie Chinoise et Coréenne, layette et tricotage. Je me débrouille, je ne regrette pas.

Comment avez-vous réussi à apprendre ce métier alors que vous avez des soucis de mobilité ?

C’était un peu difficile, mais pour mon handicap là, je ne prenais pas ça en considération. Je m’accrochais au travail. Mon premier diplôme, je l’ai obtenu en 1996 avec Maitresse Linda broderie, c’est elle qui m’a appris ce métier. Je la remercie de passage. Le deuxième diplôme, je l’ai eu avec Hassane Sénégalais Depuis là, à chaque fois que je découvre des choses en couture, j’analyse je crée des modèles pour attirer plus de clientèle. Depuis 2001, je sors des apprentis. Beaucoup sont diplômés. Je suis très fière d’eux. Aujourd’hui, ils travaillent et ils gagnent leur vie dignement dans ce métier. Je suis très fière surtout des filles. Elles ne se promènent pas derrière des garçons.

Vous êtes mariée, mais en même temps vous gérez votre atelier. Comment avez-vous rencontré votre homme ?

(Rires) moi-même je ne sais pas comment les choses sont arrivées. Un homme est venu dire que c’est de moi qu’il veut en mariage. En fait, dans ma tête, je ne me suis jamais considérée comme une personne vivant avec un handicap. Je vis heureuse en acceptant ma situation. Mes parents m’ont toujours dit, il faut accepter tout ce que Dieu te donne. J’étais très jeune lorsque mon homme est venu dans ma famille pour dire qu’il voulait de moi en mariage.

Je n’ai jamais eu de soucis par rapport à ça. Certainement, mon mari aussi était un homme qui voulait d’une femme handicapée pour pouvoir l’aider. C’est comme ça que nous nous sommes mariés. Nous avons eu deux garçons. Le premier je l’ai appris la broderie, c’est un maitre aujourd’hui et il a eu son diplôme d’études supérieures en 2021. Nous vivons dans le bonheur.

Avez-vous réussi des projets dans votre vie à travers votre métier comme construire ou d’autres investissements ?

Je n’ai pas construit d’abord mais j’ai déjà acquis le domaine. Mon investissement le plus précieux, c’est sur les enfants pour leurs études. J’ai acheté aussi des motos qui sont rentables pour moi. Le poids de la famille, je le gère sans souci. Je m’en sors et je ne me considère pas comme handicapée du tout. Nous sommes là, nous n’avons pas tout chez nous, mais nous ne sommes pas dans le besoin perpétuel du quotidien. Nous vivons heureux.

Au-delà de la broderie, vous êtes une femme versée dans l’apprentissage du coran. Comment arrivez-vous à cumuler les deux ?

Là aussi, c’est un choix pour moi, je me débrouille dedans avec conviction. Chaque matin je vais à l’école coranique étudier. Après je reviens à l’atelier pour travailler avec mes apprentis. J’ai pleins de projets. Mais actuellement, celui qui me tient beaucoup plus à cœur, c’est de construire un bâtiment là où j’ai acquis un domaine. Ensuite, moderniser et améliorer mon travail pour être au diapason du monde actuel en termes de broderie. Je suis très fière de ce que je suis et de ce que je fais.

 

Alpha Ousmane Bah (AOB)

Thierno Oumar Tounkara

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 664 93 45 45

 
Créé le Lundi 14 mars 2022 à 11:21