Labé : la pratique courante de l’usure "Riba" dans les affaires interpelle…

Moyenne Guinée
Ville de Labé
Ville de Labé

LABE-La pratique de l’usure dans les affaires devient courante dans la cité karamoko Alpha, réputée très religieuse. Elle est pourtant proscrite par l’islam. Bien qu’illicite, certains musulmans ne s’en privent pas.

L’usure est un intérêt, un profit qu’on exige d’une somme d’argent ou d’une marchandise prêtée au-dessus du taux fixé par la loi ou établi par l’usage en matière de commerce. Il y’en a qui placent des marchandises pour un profit, d’autres placent de l’argent pour un profit.

Dans la législation islamique, l'usure est définie par le terme « Riba ». En arabe, le terme « ribâ an-nasî'ati » signifie le surplus exigé du débiteur par rapport au délai de remboursement qui lui a été accordé. Son usage est interdit aux pratiquants. Comment est-elle pratiquée ?

« Si par exemple ils te donnent 1 million à crédit, lors du remboursement, ils demandent de payer 1 million deux cent, c’est ce qu’on appelle l’usure. Alors tout ça, que ça soit une marchandise, une denrée pour un profit, religieusement ce n’est pas bon. Généralement, ça ne profite pas à celui qui pratique l’usure. C’est mauvais même pour celui qui prend un montant ou une mesure de quoi que ce soit pour rembourser avec un intérêt. Celui qui prend lui-même il a sa part de responsabilité dedans parce que c’est lui qui encourage l’usurier à pratiquer l’usure. Donc l’usurier et celui qui encourage l’usure ont à peu près la même mesure » indique le doyen Elhadj Morou Sow.

Boubacar Koubia Diallo, diplômé en droit soutient que les textes de loi guinéens autorisent de faire des prêts sur intérêt. Mais certaines personnes ou institutions de micro finances élèvent le taux d’intérêt usuraire par rapport au capital. Une situation qui rend la tâche difficile pour le paiement.

« Sur le plan juridique, c’est tout à fait légal de faire des prêts à intérêt, c’est ce qu’on appelle l’usure. Mais ce qui est interdit, c’est d’élever le taux d’intérêt par rapport au capital pris. La loi devrait revoir et surtout contrôler comment les institutions de microfinances ou les banques octroient ces crédits-là, parce qu’en principe, il y’a un taux au-delà duquel véritablement celui à qui on donne le crédit ne sera pas en mesure de le rembourser conformément à l’accord conclu », explique l’homme de droit.

Bien que répandue, l’usure est interdite en islam. La religion musulmane condamne fermement la pratique de l’usure. Thierno Adrahmane Salambandé Diallo chroniqueur religieux déconseille les fidèles à prendre des crédits à intérêt pour construire notamment des lieux de culte.

« Nous savons tous que les gens travaillent pour un intérêt, mais l’usure selon le coran, consiste à chercher un intérêt contrairement aux principes de l’islam. Les personnes qui font cette pratique doivent savoir que cela est illicite chez Dieu. C’est l’un des péchés les plus graves et c’est dit aussi quand un musulman continue de faire l’usure alors qu’il sait, c’est un péché, ça récompense c’est l’enfer, c’est un verset du saint coran qui le dit et il restera dans l’enfer. Pour ceux qui donnent de l’argent à crédit et réclament un pourcentage sur le montant pris c’est de l’usure, aucun musulman ne doit accepter cela.

L’islam nous dit que quand tu donnes une somme à quelqu’un, c’est la même somme qu’il doit te rendre. Pour ceux qui prennent des crédits dans les banques pour construire des lieux de cultes et qui doivent payer avec un intérêt c’est un péché, le musulman doit éviter de tels actes. Ils doivent chercher à prendre de l’argent à un endroit où on ne réclame de pourcentage », précise le religieux                               

Thierno Oumar Tounkara

Pour Africaguinee.com

Créé le Vendredi 25 Février 2022 à 0:56