Mamadou Sylla sort de ses gonds : "L’Etat est une continuité…même Alpha Condé n'a pas annulé"

Guinée
Elhadj Mamadou Sylla, leader de l'UDG
Elhadj Mamadou Sylla, leader de l'UDG

CONAKRY-Le président du parti Union démocratique de Guinée (UDG) est encore sorti de ses gonds pour répliquer aux propos de Dr Ousmane Kaba qui a menacé de porter plainte contre lui. Dans cet entretien, Elhaj Mamadou Sylla également interpelé le colonel Mamadi Doumbouya de faire très « attention », en se mettant en idée que l’Etat est une continuité. Cité par la CRIEF dans une procédure judiciaire liée à la vente d'Air Guinée, l'ancien président du patronat conseille le président du Cnrd de se méfier des "paroles mielleuses" de certains Guinéens.

AFRICAGUINEE.COM : la suite de votre sortie dans les médias, Dr Ousmane Kaba du Pades menace de porter plainte contre vous. Que répondez vous ?

Mamadou Sylla : J’ai été le premier à dire qu’il m’a diffamé et que je me réserve le droit de porter plainte contre lui pour diffamation. Je suis un homme d’affaires renommé. Si Ousmane Kaba dit à l’antenne que je dois 3 millions 800 mille Usd, alors que ce n’est pas fondé du tout, c’est archifaux, il touche à ma réputation.

Depuis la sortie en 2010 de son fameux rapport d’audit qui n’en est pas un, je n’ai jamais vu ce document. J’ai vu que récemment, Kaba s’est rétracté pour dire qu’il n’était pas auditeur (Ousmane Kaba était le superviseur du comité d’audit, NDLR). S’il n’était pas auditeur, de quoi il se mêle pour dire que je dois l’argent. Par la suite, il a dit de m’occuper de mon problème avec la Crief. Ça c’est une menace. Je crois que le procureur ou même le juge qui a le dossier sont soumis au secret de l’instruction.

Donc, Kaba ne doit pas me diffamer dans les médias. Cela me cause des préjudices puisque, je suis un opérateur économique et j’ai des relations partout et même en dehors de la Guinée. J’ai toutes les preuves que c’est l’État guinéen qui me doit 19 millions USD. C’est ce qui était sorti de l’audit réalisé par le cabinet Ernst & Young.

Le rapport Ernst & Young couvre l’ensemble des transactions commerciales et financières entre le groupe Futurelec et l’État guinéen. Mais le d’audit réalisé par Dr Ousmane Kaba ne concerne que la vente d’Air Guinée.  Comment expliquez-vous ?

Les gens font la confusion. Ce n’est pas Air Guinée que j’ai acheté. La compagnie Air Guinée avait déjà été dissoute par le décret. Par la suite, j’ai créé une société qui s’appelle Air Guinée Express qui est une société privée. Après la dissolution de la compagnie Air Guinée, l’État guinéen a vendu ses avions et il n’y a pas que moi qui ai acheté. Moi, j’avais acheté le plus petit et les deux plus gros ont été vendus à des Nigérians. Pourquoi on ne parle pas de ceux-là ?

Ousmane Kaba a dit ici que quand tu vois un fonctionnaire avec une grande fortune ce qu’il a volé. Mais, lui étant simple fonctionnaire comment il a construit son université ? Comment il a eu son argent ? Il n’a qu’à expliquer si c’est un héritage ou pas.

Vous le soupçonnez de s’être servi dans les caisses de l'Etat ?

Moi, je dis qu’il a reçu tout ça quand il était à la tête du département de la Coopération. Je sais qu'il y a des dons hors projet qui arrivent là-bas. Par la suite, il a été ministre des Finances.  Maintenant qu’il nous prouve comment il a eu son argent.

Vous maintenez toujours votre décision de porter plainte ?

Je vais me voir avec mon avocat et je suivrai ses conseils. Ce qui est sûr ce que Ousmane Kaba m’a diffamé, il va me dire là où je dois 3 millions 800 mille Usd. Je ne suis pas un fonctionnaire, je n’ai jamais géré les deniers publics. Je sais comment me défendre et personne ne peut m’avoir.

Moi, je n’ai pas vendu l’avion, plutôt j’ai acheté. D’ailleurs, j’ai été biaisé dedans parce qu’il y a beaucoup de choses que je devais récupérer, mais que je n’ai pas pu. J’ai laissé tout ça parce que je suis patriote, j’aime mon pays et je respecte aussi les lois de la République. Je demande au Colonel Mamadi Doumbouya d’être prudent avec la parole des Guinéens. Je crois que l'Etat est une continuité.

Si le président avait pris un décret de dissolution de Air Guinée et que le colonel dit aujourd’hui qu’il faut annuler ça, cela veut dire que le jour où il ne sera plus là, on va annuler tous les décrets qu’il a pris. Il ne faut pas qu’il se mette dans ça, l’État c’est une continuité. Alpha Condé est venu ici avec tout ce qu’il a fait il a respecté la continuité de l’État, il n’a pas annulé les décisions de son prédécesseur.

A suivre…

Entretien réalisé par Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 669 91 93 06

Créé le Mercredi 16 Février 2022 à 16:58