Traque des biens mal acquis : vers la saisie et le gel des avoirs de barons de l'ex régime

Guinée
Noël Koulémou, Président de la CRIEF
Noël Koulémou, Président de la CRIEF

CONAKRY-Alors que les magistrats de la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières (CRIEF) ont été installés ce vendredi 21 janvier 2022, la chasse aux biens mal acquis va bientôt commencer ! Cette opération « main-propre » déclenchée par les nouvelles autorités entre dans le cadre de la moralisation de l'administration et de la gestion publique et à mettre fin à l’impunité.

Ce vendredi 21 janvier 2022, le Procureur Général près la Cour d’Appel de Conakry, Alphonse Charles Wright a requis la saisie des biens, les gels des avoirs et toutes autres mesures conservatoires à l’encontre des personnes physiques et morales contre lesquelles une information judiciaire sera ouverte. Alphonse Charles Wright avertit qu’il attache du prix à l’exécution des présentes instructions par les parquets concernés : la CRIEF et les tribunaux d’instance.

 

Le premier ministre guinéen Mohamed Béavogui a fait des révélations tonitruantes pour expliquer l’ampleur des détournements commis en Guinée. Pour lui, il faut punir tous les fossoyeurs de l’économie.

« Ce pays est riche. Il a produit l'année dernière 4 milliards de dollars de chiffres d'affaires dans la bauxite. Ce pays est riche. Il a fait près de 2 milliards de recettes. Aujourd'hui il finit l'année 2021 avec près de 5 mille milliards Gnf d'arriérés. Voilà la réalité.  Où est l'argent ? Pas dans nos écoles ? Où est l'argent ? Pas dans nos hôpitaux ? Où est l'argent ? Pas chez les plus démunies, pas dans nos routes ni dans les infrastructures. Il faut changer cela », a-t-il martelé.

Les dix-neuf (19) membres de la CRIEF, une juridiction spéciale ont la lourde charge de rendre justice dans le respect du droit. Le combat contre les fossoyeurs de l’économie répond à un souci de redevabilité dans la gestion des pouvoirs publics. Le Président de la CRIEF, Noël Koulémou, assure que son institution ne sera pas un instrument de règlement de compte mais de moralisation de la gestion publique. 

La CRIEF jouera un rôle central dans la poursuite des infractions comme : la soustraction et au détournement commis par des agents publics dont la valeur détournée est supérieure ou égale à 1 milliard de francs ; la corruption des agents publics nationaux, étrangers et internationaux ; la corruption dans la passation des marchés et même dans le secteur privé ; le détournement des prêts souscrits ou garantis par l’État ; le blanchiment de capitaux, etc...

« La CRIEF répond à un double impératif : Celui d'une part, de sanctionner les infractions commises par des agents publics et privés et d'autre part de dissuader les éventuels candidats », a martelé le procureur de la CRIEF Aly Touré.

Dossier à suivre…

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Samedi 22 janvier 2022 à 10:18