Mamadou Sylla tire à boulets rouge sur Sidya et cie : "Ils sont jaloux et complexés…"

Guinée
Elhadj Mamadou Sylla, leader de l'UDG
Elhadj Mamadou Sylla, leader de l'UDG

CONAKRY-Rien ne va plus entre certains acteurs de la classe politique guinéenne ! Au lendemain de la création Front des Partis Politiques (FPP) par Sidya Touré, Faya Milimouno, Ousmane Kaba et cie, Mamadou Sylla est sorti de ses gonds. Il fustige l’attitude de ses anciens collaborateurs qu’il qualifie de « jaloux et complexés » vis-à-vis notamment de Cellou Dalein Diallo. Rejetant en bloc la main tendue du FPP, l’ancien président du patronat guinéen, accuse Sidya Touré d’être à l’origine de l’éclatement du CPP (collectif des partis politiques).

 

AFRICAGUINEE.COM : Vos anciens collègues Sidya Touré, Ousmane Kaba, Faya Milimono et Cie ont lancé hier un nouveau forum appelé Forum des Partis Politiques FPP en réponse au CPP. Quelle est votre réaction ?

ELHADJ MAMADOU SYLLA : C'est très malheureux ! On est en politique, on n'est pas dans le social. Tous les leaders se battent pour être élus à la tête de la magistrature suprême du pays. Mais on sait tous qu’en politique c’est la loi de la majorité qui prime et non la volonté de quelqu’un. C'est la majorité qui fait gagner quelqu'un en Guinée. Dans chaque groupe il y a des problèmes, il faut donc un consensus parce chacun pense avoir raison sur l’autre. Dans le cadre de la politique, c’est deux possibilités : le consensus et le vote si vous n'êtes pas d'accord. 

Mais dans tout ça, et ce que je trouve d’ailleurs très malheureux, c’est lorsque le président de l'UFR, Sidya Touré que revendique être doyen, est arrivé que les dissensions ont commencé. Quand il n'était pas là, toute la classe politique était unie, on faisait des réunions tournantes, tout se passait bien. C’est à son arrivée que l'éclatement de la classe politique a commencé. Lorsque les coalitions des partis politiques s'étaient réunies au siège de l'UFDG, on avait adopté les cinq différentes commissions, plus deux porte-paroles. Lors de la deuxième réunion qu’on avait encore tenue au QG de l'UFDG, on avait demandé au comité de coordination de meubler ces postes c'est-à-dire les 5 commissions et le porte-parolat. Alors, à la première participation de Sidya il a trouvé que tout était réglé. Il avait d’ailleurs pris la commission d'organisation des élections. Les commissions ont été meublées sans difficultés. Tout le monde était d'accord.

Maintenant il restait le poste de porte-parolat. Arrivé à ce niveau, c'est là que tous les problèmes ont commencé. Tout de suite Ousmane Kaba s'est levé pour dire si Cellou Dalein est choisi comme porte-parole, ça va jouer sur son électorat à Kankan et en Haute Guinée. Ousmane Kaba a ajouté que tout le monde peut être porte-parole sauf Cellou Dalein Diallo. Mais avec sa façon de parler, Cellou Dalein Diallo a dit : « on peut discuter de places mais il ne faut pas aller me toucher jusque dans ma dignité, pourquoi tu me stigmatises ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Tout le monde a pris des postes ici vous n'avez rien dit. Dès qu’on arrive à mon niveau, tu dis que la classe politique va éclater tout de suite et que toi tu ne vas pas accepter » 

Sidya Touré a suivi Ousmane Kaba dans ce sens. Les gens sont jaloux et ils sont complexés quand il s'agit d'une personne.  Or, on est tous croyants, si Dieu a donné quelque chose à quelqu'un, ce n'est pas de sa faute ou de sa bravoure, c'est parce que Dieu a voulu ainsi.  Donc, il faut l'accepter comme tel. C'est ainsi que je me suis levé pour dire qu'on ne parle pas des problèmes de personnes ici parce que ça allait créer des problèmes. La personnalisation des débats n’arrangerait pas. Tout le monde a pris un poste, personne n'a contredit. Pourquoi c’est à ce niveau que causerait problème ? Je voyais leur mépris vis-à-vis de Elhadj Cellou Dalein Diallo. Vous avez suivi après partout où Ousmane Kaba et Sidya Touré sont passés, ils disaient que c'est Cellou Dalein qui est leur problème, qu'ils ne veulent qu’il soit porte-parole.

Après quand ça a crié, Sidya Touré s'est levé, il tapé du poing sur la table pour dire : « je suis doyen donc on va lever la séance et je vous j'invite chez moi on va trancher là-bas ». Moi je n'étais pas d'accord parce que je savais leur intention cachée. J’ai répondu que si c'est comme ça, il n'y avait pas de commission, on remet tout en cause jusqu'à ce qu'on finisse de régler le problème de porte-parolat. C'est lors de notre rencontre chez lui (Sidya Touré ndlr) qu'il a tout cassé. Onze (11) coalitions étaient présentes ce jour. Les 7 ont demandé à ce qu'on finalise le problème de porte-parolat.  C'est là que Sidya Touré a dit encore qu'il est contre. C'est Sidya Touré qui est à l'origine de l'éclatement de la classe politique. Elle s’entendait bien, on était bien organisé avant qu'il n'arrive. 

Hier Sidya Touré a déclaré qu'ils vont produire des mémorandums sur les différentes thématiques -la constitution, la durée de la transition, l'organe de gestion des élections, le fichier électoral- qu’ils vont vous présenter pour voir si vos points de vue convergent. Que pensez-vous de démarche ? 

Ils n'ont qu'à s'occuper de leur affaire. S'ils terminent, ils n'ont qu'à déposer à qui de droit. Comme ils ne nous acceptent pas, nous ne voulons rien d'eux, nous n'avons rien de commun avec eux. S'ils ne peuvent pas accepter la démocratie, s'ils ne peuvent pas accepter la décision de la majorité, alors ils n'ont qu'à continuer sur leur chemin. Ils pensent que nous dormons ? Nous nous sommes bien organisés. Ils n'ont qu'à s'occuper de leurs affaires comme ils ne veulent pas la tête de quelqu'un parmi nous. Notre porte est carrément fermée.

A partir du moment quelqu'un te dit qu’il ne t'aime pas, qu’est-ce que tu dois s’attendre de lui ? Rien du tout. Tout ça, c’est de la démagogie. Tu viens, tu casses quelque chose qui était bien parti, et après tu reviens pour dire tu tends la main, c'est de la démagogie. Nous ne voulons pas leur main tendue, ils n'ont qu'à aller tendre leur main au CNRD là-bas. Ils n'ont qu'à faire pour eux et nous aussi nous allons faire pour nous. 

Est-ce que cette division de la classe politique ne risque de faire l'affaire du CNRD ? 

Toute la classe politique ne peut pas s'entendre. On va s'entendre sur quoi ? Il n'y a qu'un seul fauteuil et tout le monde veut s’assoir sur ce fauteuil.  Vous pensez qu'on va s'entendre sur ça ? C'est des histoires ! Il ne faut pas que les gens nous divisent pour régner. D'ailleurs les choses sérieuses ne sont pas encore arrivées. Attendez jusqu'au début des campagnes électorales, vous verrez. 

 

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Mercredi 19 janvier 2022 à 14:24