Budget de l’Etat : La Gouvernance CNRD s’inscrit dans la rupture, les chiffres…

Guinée
Le ministre du Budget Moussa Cissé
Le ministre du Budget Moussa Cissé

CONAKRY-Les ministres de l’Économie, des finances et du plan, Lanciné Condé et du Budget, Moussa Cissé, ont présenté ce vendredi 14 janvier 2022 les détails du budget 2022 de l’État. Fait marquant dudit budget, la « rupture avec le passé ».

Promulgué, le 3 janvier 2022 par ordonnance, le budget initial 2022 se présente comme suit : les recettes de l’Etat (incluant les dons non affectés) sont projetées à 26 063,79 milliards GNF et les dépenses à 30 607,66 milliards GNF (y compris les financements extérieurs), soit un déficit prévisionnel de 4 543,87 milliards GNF (ou 2,6% du PIB)

Le budget 2022, explique le ministre du Budget, s'inscrit dans le contexte de la pandémie de la COVID-19 et traduit les axes prioritaires définis par le CNRD dans la Charte de la transition, et ce, conformément à la lettre de cadrage et d’orientations budgétaires du Premier ministre. Cette année, les choix du budget vont permettre de mettre en œuvre trois priorités qui, selon Moussa Cissé, marquent une rupture avec le passé.

La refondation de l’État

Pour ce qui est de la première priorité, des moyens substantiels ont été alloués à l'objectif de refondation de l'Etat pour lui permettre d'assumer ses missions régaliennes. Ainsi, les secteurs de la Justice, de la Défense et de la Sécurité se voient allouer 14,67% du total des dépenses hors financements extérieurs. Ces allocations (13,5% en 2021) prennent en compte la part annuelle de la loi de programmation militaire 2021-2026. Ce volet va prendre en compte, notamment, des projets de restauration des cours et tribunaux et un programme de modernisation des infrastructures pénitentiaires ; la réalisation des infrastructures dans les commissariats et unités des sapeurs-pompiers, la construction du siège de l'Office de la protection du genre, de l'enfant et des mœurs (OPROGEM) et la construction de l'École nationale de police de Kafilia.

Financer le bien bien-être social

En portant la part des dépenses d’investissement à 26,1% du total des dépenses financées sur ressources intérieures, le budget 2022 entend soutenir durablement l’activité économique, accompagner les personnes les plus vulnérables et investir substantiellement en faveur des secteurs des infrastructures, de l’éducation et de la santé.

« Les secteurs de l'éducation et de la santé deviennent une priorité stratégique des autorités de la Transition en se voyant allouer 19,47% du total des dépenses budgétaires financées sur ressources intérieures, soit une progression de 18,3 points par rapport au budget révisé 2021. Dans le domaine de la santé, les projets portent essentiellement sur le programme de reconstruction du système sanitaire. Pour le secteur de l'éducation, il s'agit notamment du programme de construction/rénovation/ réhabilitation et équipement des écoles au secondaire, de la construction des bâtiments administratifs des IRE et DPE du programme de réhabilitation des centres de formation professionnelle. Les secteurs des infrastructures et transports sont également privilégiés avec des dotations qui augmentent à hauteur de 8,22% du total des dépenses sur ressources intérieures contre 5,4% dans le budget 2021. De nombreux projets sont couverts par ces allocations additionnelles afin d’améliorer les conditions de vie de nos concitoyens », a indiqué le ministre Moussa Cissé.

Le Secteur agricole

L’allocation budgétaire au secteur agricole est portée à 4,1% du total des dépenses, soit presqu'un doublement de l'inscription de 2021 qui était de 2,4%. Les principaux projets bénéficiaires de ces financements concernent le programme national d'appui à la campagne agricole, le projet de construction de l'abattoir de Kagbelen, pour ne citer que quelques-uns et qui vont participer à renforcer le secteur agroalimentaire.

Volet social

Le budget 2022 prend également en compte le secteur social en faveur des enfants et des femmes. Les projets portent notamment sur le programme d'équipement du centre national d'orthopédie de Donka, l'aménagement et l'équipement du jardin d'enfants de Kaporo, le programme de construction et d'équipement des antennes du Fonds du Développement Social et de Solidarité, la réhabilitation et la construction des Centres d'Appui à l'Autonomisation des Femmes (CAAF), le renforcement des capacités institutionnelles féminines nationales.

“Les prévisions de recettes ont été minutieusement discutées avec les trois Régies (Douanes, Impôts et Trésor) qui seront en mesure de porter le taux de pression fiscale a 13,88 %, soit près d'un point et demi de hausse par rapport a l'an dernier, en adéquation avec l'objectif de croissance économique de 5,6% en 2022 », explique le ministre du Budget.

La modernisation des procédures, l'entrée en vigueur du nouveau Code général des impôts et l'accélération des gains de productivité à travers une digitalisation accrue en sont les fondements qui vont permettre de réconcilier les contribuables avec l'administration fiscale et douanière, a-t-il ajouté.

« Le niveau global des dépenses a été ajusté pour présenter un budget soutenable cohérent avec un financement adéquat du déficit budgétaire, pour éviter d'aggraver l'endettement des générations futures. Ainsi, les emprunts auprès de la Banque Centrale seront limités, l'apurement de la dette intérieure auditée sera poursuivi. Par conséquent, le budget 2022 ne verra pas de reconstitution d’arriérés, afin de soutenir notre secteur privé et l'emploi des jeunes. Des mesures d'accompagnement seront prises tout au long de la gestion 2022 pour que la trajectoire budgétaire de ce budget soit respectée. Il  s'agit en effet de l'unique voie pour permettre de réussir la politique de refondation structurelle de notre pays”, a précisé le ministre du Budget.

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Vendredi 14 janvier 2022 à 20:38