Doumbouya sous pression : Washington actionne ses sanctions contre la Guinée…

Guinée
Mamadi Doumbouya  et Joe Biden
Mamadi Doumbouya et Joe Biden

WASHINGTON-Les Etats-Unis ont mis à exécution ses menaces contre la Guinée, théâtre d’un coup d’Etat, perpétré par le colonel Mamadi Doumbouya le 05 septembre 2021, contre Alpha Condé. Washington n’a pas tremblé pour mettre en œuvre ses sanctions contre Conakry. La première puissance mondiale a suspendu la Guinée de l’AGOA (loi américaine sur la croissance et les opportunités en Afrique), son programme de préférence commercial. La décision est entrée en vigueur samedi à minuit. Ces sanctions attendues depuis deux mois, ne concernent pas que la Guinée. L'Éthiopie et Mali sont aussi privés de l'accès à ce programme de commerce hors taxes. Le président américain Joe Biden avait déjà signé le décret actant les sanctions quelques jours plutôt.

"Les États-Unis ont mis fin aujourd'hui à l'Éthiopie, au Mali et à la Guinée du programme de préférences commerciales de l'AGOA en raison d'actions prises par chacun de leurs gouvernements en violation du statut de l'AGOA", a déclaré le bureau du représentant américain au commerce dans un communiqué.

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La Guinée est actuellement classée 161e partenaire commercial de marchandises des Etats-Unis avec un total de 137 millions de dollars d'échanges (bidirectionnels) de marchandises en 2019. Les exportations de marchandises ont totalisé 128 millions de dollars ; les importations de marchandises ont totalisé 9 millions de dollars. L'excédent commercial des États-Unis avec la Guinée était de 119 millions de dollars en 2019.

L'administration Biden-Harris se dit « profondément préoccupée par le changement anticonstitutionnel de gouvernement en Guinée » et exige le retour à « l’ordre constitutionnel » dans les meilleurs délais.

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Début décembre dernier, Michael C. Gonzáles, sous-secrétaire d’Etat adjoint aux affaires africaines, qui bouclait une mission à Conakry, avait exhorté la junte militaire guinéenne à s'engager publiquement à mettre en place un système pour un retour rapide à l'ordre constitutionnel à travers l'organisation des élections démocratiques libres, transparentes et crédibles.

« Il faut noter que dans la plupart des cas, lorsque les militaires prennent le pouvoir ce n'est pas pour mettre le pouvoir sur la voie de la démocratie. Lorsque la transition prend plus de temps, il y a plus de risque que cela ne conduise pas à une fin de la transition mais qu'ils restent au pouvoir. Et partout où il y a eu du succès, c'est là où la transition a été courte, et il y a le retour à l'ordre constitutionnel, la transmission du pouvoir aux civils, représentants de la population », avait martelé l’envoyé spécial de Joe Biden à Conakry. Un coup d’épée dans l’eau. Car jusque-là, la junte n’a pas défini la durée de la transition, bien qu’une feuille de route au goût d’inachevé, a été rendue publique par le Premier ministre il y a une semaine.

A suivre…

 

Africaguine.com

Créé le Dimanche 02 janvier 2022 à 14:20